MODE : FAIRE LA GUEULE SUR LES POCHETTES D’ALBUM


Pour Paulette, pas question de céder à l’appel des bilans ou autre top 10 des choses qu’il ne fallait surtout pas rater en 2012 ou qui vont être tendance en 2013. Non, on a préféré mettre en avant un phénomène qui nous perturbe un peu : le noir et blanc et l’air dépressif dans les pochettes de disque.

On vous entend déjà bondir : à l’heure où la notion même d’album est menacée, où la musique tend de plus en plus à se dématérialiser, est-ce vraiment utile d’analyser une telle tendance ? Et bien oui ! Sinon, comment savoir que, sur quasiment toutes les pochettes d’albums en noir et blanc sorties cette année, l’artiste en question tire la tronche, prend la pause et nous rejoue l’air de l’artiste blessé, mélancoliquement instable ? De façon aussi regrettable qu’inévitable, les artworks se sont donc uniformisées en 2012, chacune devenant le pendant de l’autre.
 
En France, deux exemples : La Forêt de Lescop et Forty Eight Hours de Yan Wagner. Les deux sont des portraits, des gros plans (celui de Lescop a été réalisé par Hedi Slimane) qui permettent au public de savoir dans quoi il va se plonger. Autant dire qu’ici, il est certain de ne pas finir en slip sur la table en train de faire tourner les serviettes un soir de réveillon. Austère, voilà le mot clef.
 
Pour se faire une idée de l’importance que peut prendre ce phénomène, rien de mieux que de quitter l’Hexagone et d’aller voir ce qui se passe chez nos amis anglais et américains. Là encore, le même constat : chez Bat For Lashes, Sharon Van Etten ou Kindness (qui n’est pourtant pas le dernier pour affoler nos gambettes), le même teint blafard, le même regard fuyant, celui qui vibrer les petites culottes des pré-pubères.
 
Evitons toutefois quelconques confusions : toutes ces pochettes, à la fois énigmatiques et d’une beauté plastique sidérante, s’en sortent avec les honneurs. Néanmoins, cette mélancolie surjouée est vraiment ce qui dérange le plus. Comme si ces artistes avaient décidé (ou plutôt est-ce leur maison de disque ?) de passer du côté obscur de la force. Comme si, pour vendre des disques, il était nécessaire de jouer à outrance la carte du lover solitaire.
 
Bon ok, cela ne serait se limiter à une simple touche stylistique. On pourrait même expliquer ce phénomène par le côté glacial de leur musique. Mais bon, tout de même, on est en droit de se demander si cette dépression généralisée (à croire qu’ils viennent tous d’entendre la reprise d’Envole-moi…) s’éternisera. Dans le cas contraire, il existe un remède très simple. S’il vous plait, ressortez les banderoles et les feutres fluos !

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