MINA TINDLE, MAGNÉTIQUE

Photos, Nathalie Sanchez

Delphine a rencontré Mina Tindle dans un salon de thé désert du marais. Entre une omelette un peu trop baveuse et un succulent thé, tout était là pour se réchauffer par cette journée pluvieuse. Sans parler de l’enthousiasme qui émane de la jolie française quand elle se met à parler musique !

 
Paulette : Est-ce que tu pourrais te présenter pour les lectrices de Paulette?
Mina Tindle :J’ai 28 ans, je fais de la musique sous le nom de Mina Tindle et j’ai sorti mon premier vrai disque au mois de mars. Sachant que j’ai un peu voyagé, traîné mes guêtres un peu partout. J’ai sorti un 45 tours en 2009 (The Kingdom, ndlr), quand je vivais aux États-Unis, puis j’ai vécu en Espagne. Je me suis décidée sur le tard à faire de la musique et cela a été surtout des rencontres.
 
Qu’est-ce qui te manque le plus de tes voyages ? Et à l’inverse, qu’est-ce qui t’a le plus manqué pendant tes voyages?
Ce qui me manque aujourd’hui c’est de recommencer. Ce sont des sources d’inspiration énorme ! On est une génération qui peut le faire sans être forcément des aventuriers, c’est quand même assez cool. Et c’est le dépaysement total, le faite d’arriver et la possibilité de se réinventer une vie à chaque fois.
Les choses qui vont faire que ton pays te manque c’est l’absence des gens avec qui tu as vécu plein de choses. Mais je pense que c’est à chaque fois une grosse leçon d’humilité. J’en ai eu besoin, ça mélange l’humilité et le courage, ça t’oblige à te faire des éléctro-chocs, tu es obligé d’avancer.
 
D’où te vient ton goût pour la musique?
Dans ma famille maternelle, tout le monde chante, ce sont des chanteurs, mais pas pro. Ma mère écoute tout le temps de la musique. Elle mettait Billie Jean quand j’étais dans son ventre. J’ai toujours écouté de la musique avec elle, il y avait toujours de la musique à la maison. Et elle chante, divinement bien, donc elle a dû beaucoup chanter pour moi (rires) !
 
Tu as prêté ta voix à des artistes nationalement connus (Gaëtan Roussel, JP Nataf) voire internationalement (The National), peux-tu nous raconter comment se sont faites ces rencontres?
Ce sont tous des gens que j’ai rencontrés, sauf Gaëtan Roussel. Lui est venu me voir à un concert et m’a contactée, je savais à peine qui c’était et ça, c’était chouette. Mais avec The National on s’est rencontré quand je travaillais au festival des Eurockéennes, avant qu’ils deviennent très connus. C’était avant que "Boxer" sorte, donc ils n’avaient pas encore explosé et j’ai donc fait les voix. Tout s’est fait en France, dans un studio de Radio France, avec un pote ingé son. Ils m’ont envoyé des chansons et j’ai fait des trucs dessus. Quant à JP on s’est rencontré par Myspace. J’étais très fan de ce qu’il faisait. Je lui ai dit et on est devenus très amis.
 
Comment s’est passé l’enregistrement de ton album?
Ça a pris beaucoup de temps, 2 ans et demi. Ça c’est fait à Paris, à Ménilmontant, au Studio Le Garage, avec JP Nataf en réal, Julien Simiand, un ami, jeune ingé son talentueux et Dominique Ledudal. Après on est parti en Normandie, chez mes grands-parents, on a demandé les clés de la petite église en face de chez moi pour enregistrer des voix. On y a passé une semaine. Il y avait également un orgue tout pété sur lequel, pourtant, on a enregistré des trucs ! Je suis partie à New-York enregistrer les cuivres d’un pote qui s’appelle Benjamin Hoffer Lanz, qui est le joueur de trombone de Beirut, The National, Sufjan Stevens, donc ça va, pas trop mal au final !
 
Est-ce que tu d’accord pour dire, comme de nombreux artistes français qui chantent en anglais, que le français est plus difficile à faire sonner?
Oui c’est plus dur, enfin, ça ne sonne pas pareil. Tu ne peux pas t’amuser à étirer un mot en français. Moi je fais l’inverse d’ailleurs, je les tronque et, au final on ne comprend rien. Ça viendra avec le temps, c’est une écriture qui s’affine !

 
Que penses-tu de la nouvelle scène féminine française, avec par exemple Le Prince Miiaou, Soko, The Rodeo, Mansfield Tya? Comment tu te positionnes par rapport à elles?
Je ne la connais pas bien du tout. Même Le Prince Miiaou je ne la connais pas très bien. J’avais quelques trucs en live ça avait l’air très bien, très dynamique, très rock. The Rodeo c’est une copine, je la connais par un biais différent. Et Soko… voilà….Je ne m’intéresse pas vraiment à ce qui se fait, ce qui plait. Ce n’est pas du tout mon truc, sinon j’aurais fait autre chose, je l’aurais fait très différemment. Et en même temps, je n’ai pas du tout la prétention de faire quelque chose de complètement dingue !
 
"MON GUITARISTE M’APPELLE PAULETTE"
 
Des découvertes récentes que tu conseillerais aux lectrices?
Unknown Mortal Orchestra, qui est génial. J’ai redécouvert l’album La Musique de Dominique A. avec la 1ère chanson qui s’appelle Le sens, qui est absolument dingue! J’ai revu Phantom of the Paradise de De Palma et je suis tombée amoureuse de la musique, qui est écrite par Paul Williams dont une chanson qui s’appelle Faust et qui me hante!
 
Une anecdote pour Paulette?
Mon guitariste m’appelle Paulette, avec un petit accent.
 
MINA TINDLE :: TARANTA
Sortie le 19 mars
Believe / Sauvage Records
 
 
Concerts
11/07 : Francofolies, La Rochelle
16/07 : Théâtres roumains de Fourvière, Lyon
20/07 : Hôtel de ville, Paris
01/09 : Festival Scènes de femmes, Tierce

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