MICKEY VA-T-IL TOUT RAFLER EN 2011 ?

© Walt Disney Studios Motion Pictures France

Mickey va-t-il rafler la mise en 2011 ? C’est la question que s’est posée notre Paulette cinéphile, enfin notre Georges, à une semaine de la sortie en salles de Tron : Legacy (l’Héritage en VF).

 
Tron : Legacy occupe une place de choix dans la stratégie de Disney : certes une suite, elle montre avec quel entrain la firme de Burbank entre dans l’âge adulte, à la manière d’un Spielberg et de son Minority Report, tout bleu et tout lumineux.
 
Raiponce et sa Paulette aux cheveux longs n’était qu’un moyen pour Disney de dire aux spectateurs français : "patience !". Pour 2011, le studio est à la hauteur de la surenchère millionnaire qui caractérise l’industrie du divertissement audiovisuel américain, et donc mondial. Quand certains enfilent des perles, Disney empile les pixels.
 
La stratégie de la compagnie est une suite de suites : Cars 2 des studios Pixar (sortie le 27 juillet 2011), Pirates des Caraïbes 4 (le 18 mai 2011) toujours en collaboration avec le pape du cinéma bourrin, Jerry Bruckeimer. Pour ce dernier opus, les scénaristes ont éjecté deux des trois protagonistes des films précédents, afin de communiquer fièrement sur la nouveauté du projet. En réalité, avec la sortie de ces Stranger Tides (La Fontaine de Jouvence en VF), Disney espère maintenir la franchise dans ses records (plus de deux milliards de dollars au box office mondial pour la trilogie rhum & fun).
 
C’est dans cet environnement tactique que sort en France Tron : Legacy (Tron : L’héritage). Disney n’a pas pour habitude de porter un projet de science-fiction d’une telle ampleur. L’opération a été de taille : scénario débuté en 2005, premier teaser au Comic Con en 2008, annonce du choix de Daft Punk (cocorico !) pour la bande-originale en 2009. Un fait marquant est que l’effet spécial et l’esbroufe graphique sont constitutifs du film lui-même. Le réalisateur Joseph Kosinski n’a pas de carrière de cinéaste, il vient de la publicité et notamment celle pour le StarWars des jeux vidéos, Halo.
 
Mais Disney ne pouvait pas laisser le terrain de la science-fiction "made in 2010" aux seuls Fox (Avatar) et Warner (Inception). Il lui fallait montrer ses muscles graphiques dans le secteur, et par sécurité, occuper un terrain balisé. Ces deux conditions ont convergé vers un objet filmique qui en son temps annonçait le triomphe du jeu vidéo, du virtuel et du cyberpunk (Ghost in the shell, Matrix).
 
Le premier Tron (1982) avait correctement fonctionné au box office mais c’est au fil du temps et par la vidéo qu’il est devenu culte. Une fois que les fans eurent fait le travail, Disney s’est décidé à envisager une suite. Ca n’est un secret pour personne, absolument tous les studios cherchent une saga transformable en franchise qui maintiendra leur bonne fortune qu’elle soit dans l’eau, dans l’espace, avec ou sans jolis garçons qui mordent pour se nourrir.
 
Mais on peut également appréhender Tron : Legacy comme le remake du film de 1982. Tron attestait de la révolution numérique en marche ; Legacy en est une manifestation tardive, plus de deux ans après l’explosion de la 3D. Disney "refait" son film, il reprend le matériau et l’accommode selon les moyens contemporains, aussi époustouflants soient-ils.
 
Totalement avant-gardiste dans les années 80 et prophète d’une révolution à venir, Disney arrive désormais après la bataille, flanquée d’une manifestation désuète de sa supériorité passée. Seuls les cols blancs du studio auront à cœur de voir le film rapporter gros. Pour les autres, c’est une poésie froide, un vertige numérique qui s’appréciera.
 
C’est enfin toujours l’ombre d’un seul et même homme qui plane sur de tels monstres de (science) fiction. Lors du Comic Con 2010, le réalisateur Joseph Kosinski a indiqué à quel point il remerciait un certain James Cameron (Avatar) pour les avancées qui ont permis à Legacy de voir le jour. Sans rancune, Mickey.
 
TRON : L’HERITAGE
réalisé par Joseph Kosinski

Sortie le 9 février 2011

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Galerie Chappe :
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Suivie de la soirée au Chacha Club
47, rue Berger à Paris


 
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