MESPARROW, LE MOINEAU PREND SON ENVOL


Après des prestations remarquées notamment au Printemps de Bourges et au Chantier des Francos à la Rochelle, la Tourangelle Mesparrow sortira, début 2013, son premier album Keep This Moment Alive. À découvrir.
 
Paulette : Qui se cache derrière Mesparrow ?
Mesparrow : Au départ, je voulais un nom d’oiseau comme le moineau. J’ai d’abord commencé par Miss sparrow, mais finalement, ça faisait plein de "s", ça ne me plaisait pas trop. Et ça s’est donc transformé en Mesparrow.  Mesparrow, ça a commencé quand j’étais aux Beaux-Arts, je faisais des performances avec une pédale de boucle. C’était expérimental. Ensuite, je suis partie en Angleterre, je ne connaissais personne là-bas, j’avais mon ampli et ma pédale. J’ai commencé à faire des morceaux en imaginant une guitare ou autre à la voix, c’est comme ça que j’ai commencé à tout faire toute seule. J’ai pas vraiment réfléchi, j’avais tout, je n’avais pas besoin de jouer avec des gens, j’avais aussi envie d’expérimenter des choses seules, je ne me suis pas posée la question.
 
Tu es beaucoup comparée à Cocorosie, PJ Harvey ou encore Björk. Est-ce que ce sont des influences que tu revendiques ?
Oui, Cocorosie moins, maintenant, plus au début, c’était très nouveau ces petites bidouilles de son, les voix. PJ Harvey, oui complètement, j’ai tous ses albums. Et c’est la démarche de Björk qui m’intéresse, moins les morceaux.
 
Tu as vécu 2 ans à Londres. Est-ce que vivre dans cette ville a influencé ta musique ?
Comme j’écrivais en anglais, quand je suis arrivée à Londres, j’avais un peu peur de montrer mes textes, de chanter en anglais face à des Anglais. Je m’étais liée avec des musiciens, j’avais notamment un ami qui faisait du hip hop et donc qui avait une manière très recherchée d’écrire ses textes, il m’a beaucoup appris à écrire, à utiliser des images, des métaphores, ça m’a conforté dans mon écriture.
La démarche en Angleterre a été déterminante, les Anglais n’ont pas peur de faire ce qu’ils aiment. C’est vraiment quelque chose qui est dans leur éducation, de pousser ce qu’ils font au bout. Ça m’a aidée à faire mon truc sans avoir peur.
 
Tu as commencé tes concerts là-bas. Pourquoi être revenue en France ?
J’avais pas beaucoup d’argent, je faisais des petits boulots à côté, j’en avais marre de vivoter, je ne voyais pas de sortie. Je suis rentrée en France en me disant on verra. Et quand j’ai commencé mes concerts en France, il y a tout un réseau qui s’est mis à me soutenir, notamment la Région, j’ai fait le Printemps de Bourges et le chantier des Francos.
 
Tu as donc commencé par la scène. Est-ce que l’étape studio a été difficile ?
C’était dur pour moi d’arrêter un morceau. Quand on joue sur scène, on peut toujours le faire évoluer. Alors qu’en enregistrant l’album, il fallait arrêter et se dire ça, c’est définitif. Ça me faisait un peu peur. Mais, je me suis entourée de Thomas Poli, un musicien qui joue avec Dominique A et dans Montgomery. On affait des arrangements, des choix de sons qui ont aidé à soutenir ma voix sans modifier les chansons.
 
Justement, tout cela a un rapport avec le nom de l’album non ?
C’est exactement ça ! Presque la moitié des chansons ont été écrites en Angleterre, il y avait un peu l’idée de faire un arrêt sur image d’un moment, et puis c’est le fait de garder quelque chose d’intact après le live.
 
Pneu a remixé un des titres de ton EP, pourquoi avoir fait un appel à ce groupe ?
Ce sont des amis de Tours, et j’adore ce qu’ils font qui n’a aucun rapport avec ce que je fais moi. Ils utilisent des boucles aussi, et il y a aussi chez eux quelque chose de l’ordre de la performance. J’adore leur démarche. Je leur ai proposé de faire le remix, et j’adore ce qu’ils ont fait ! C’était agréable d’être remixé par des copains. On est plein de groupes de Tours, on se sent un peu comme une communauté de musiciens, c’est bien de pouvoir se faire participer les uns les autres.
 
Ton premier single s’intitule Next bored génération. Qu’évoques-tu dans ce morceau ?
C’est un texte que j’ai écrit à Londres, c’était un peu cette idée de la jeunesse qui s’ennuie et qui cherche à faire d’un instant d’ennui, un moment exceptionnel, en essayant de s’échapper. On boit, on fait la fête. Ce sont des images par rapport à la vie à Londres qui me sont venues.

 
C’est un peu une désillusion ?
Un peu, oui. Beaucoup de films comme ceux de Larry Clark notamment Kids parlent de l’ennui, on attend qu’il se passe un truc. On pousse un peu les excès et les limites.
 
Dernière question, es-tu prête à prendre aujourd’hui ton envol ?
À la base, ce nom de moineau c’était plus une idée de voyag, de déplacement, de voir des choses, d’un angle différent. Maintenant, oui, c’est un peu en train de prendre ce sens là…
 
Et une dédicace aux Paulette pour la route ?
Profitez de chaque instant comme si c’était le dernier !
 
MESPARROW : NEXT BORED GENERATION (EP)
East west / Warner Music France
Album à paraître début 2013
 
 
Concert :
12/04/12 : Le Fil, Saint Etienne
 

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