MARGAUX ALIAMUS, CRÉATRICE DE CIRCLES : « ON VEUT S’ATTAQUER À LA RACINE : LE DÉRÈGLEMENT HORMONAL »

Dans le cadre de la semaine de l’endométriose, qui a eu lieu du 8 au 14 mars, on a interviewé Margaux Aliamus, créatrice de Circles, une marque qui propose des solutions naturelles contre le dérèglement hormonal.

Margaux Aliamus - © Circles
Margaux Aliamus - © Circles

Le but ? Rééquilibrer les hormones des personnes menstruées qui consomment ces produits. Pour l’instant, il existe trois focus : les douleurs de règles, le syndrome prémenstruel et l’acné hormonal. Mais pas que ! Margaux Aliamus tient aussi à rééduquer et réapprendre à ces personnes comment fonctionne leur corps. Interview.

Bonjour Margaux. Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Margaux, j’ai 30 ans et je suis la fondatrice de Circles. Depuis quelques années déjà, je me passionne pour la santé des femmes, et surtout pour ses inégalités. Et la santé hormonale est aujourd’hui l’un des domaines où il y a le plus de solutions manquantes, de manque d’écoute et d’inégalités. Cela fait donc deux ans que je travaille sur ce projet Circles. En ce moment, je suis en train de lancer la marque sur la plateforme Ulule, en crowdfunding, dans l’espoir que l’entreprise voit le jour et qu’on change le monde.

Margaux Aliamus - © Circles
Margaux Aliamus - © Circles

C’est quoi, Circles ? En quoi consiste ta marque exactement ?

Il faut savoir que 9 femmes sur 10 souffrent de symptômes physiques ou psychiques avant ou pendant leurs règles. Ça peut être des symptômes émotionnels tels que la déprime, l’irritabilité… Ou des symptômes physiques comme des douleurs aux seins ou des ballonnements. C’est vraiment vaste, il existe plus de 150 symptômes. Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas vraiment de solutions, ou quand il y en avait, une fois l’effet estompé, le problème de fond était toujours là. Nous, on change un peu de paradigme par rapport à l’approche traditionnelle… On crée des solutions naturelles pour prévenir ces symptômes, justement. On veut s’attaquer à la racine du problème : le dérèglement hormonal.

Très prometteur ! Mais si ces faits sont connus et avérés depuis longtemps, d’où t’es venu l’envie – et je dirais même la pulsion – d’agir ?

À la base, cela vient de mon arrêt de pilule, il y a trois ans. À l’époque et toujours aujourd’hui, j’avais la volonté de passer au naturel. Et à la suite de cet arrêt de pilule, j’ai connu un « effet de rebond ». Il m’a provoqué de l’acné de partout, j’ai perdu mes cheveux pendant plusieurs mois, et ma pilosité corporelle a énormément augmenté. Que des réjouissances, quoi. Je ne trouvais alors aucune solution de la part de mes gynécos et de mes médecins, mis à part quand on me disait : « bah, pourquoi vous ne reprenez pas la pilule ? ». 

Donc, je me suis réfugiée sur des groupes Facebook. Et je me suis rendu compte qu’on était des milliers à le faire, voire plus, que ce soit pour des problématiques d’arrêt de pilule ou pour tous les problèmes gynécologiques. Toutes ces femmes se donnaient des « recettes de grand-mère ». Du genre, « as-tu testé tel complément alimentaire ? », affirmant : « les plantes, c’est anodin, teste, tu ne risques rien ». Et en fait, c’est faux. Et c’est même dangereux. Parce que les plantes, ce n’est pas anodin du tout : on peut tout à fait se surdoser. Du coup, je me suis dit qu’il y avait un réel manque de sureté, et surtout une forte demande d’alternatives naturelles.

Après cette « révélation », comment s’est déroulée la création de la marque ?

À partir de là, je me suis dit : ces solutions, je vais les créer. Je n’ai rien créé d’incroyable, car toutes ces plantes, tous ces principes actifs, ce sont des choses qui existent depuis toujours. Nos ancêtres les utilisaient. C’est connu et reconnu, il y a des années de recherche médicale. En revanche, pour se soulager avec ces plantes, la seule manière de le faire, c’était d’aller chez un.e naturopathe ou de se débrouiller soi-même. Sauf qu’on se retrouvait avec des millions de boites de compléments alimentaires, en dépensant des dizaines voire des centaines d’euros, en tâtonnant, en passant des heures à s’informer. L’idée de Circles, c’est de créer des solutions clés en main pour toutes ces problématiques. Clés en main et personnalisées. 

J’ai commencé par interroger 3 000 femmes pour faire un état des lieux de leurs symptômes prémenstruels et menstruels. Je suis vraiment allée loin dans la recherche. Ensuite, je me suis entourée d’expert·e·s de santé féminine, du côté traditionnel (gynécologues, pharmacien·ne·s) et naturel (naturopathe et nutritionniste) de la médecine. J’ai essayé de créer le lien qu’il manquait entre ces disciplines. Et tout ça, ça a pris 2 ans.

Tu as l’air d’accorder beaucoup d’importance à tes valeurs. Quelles sont celles de ta marque ?

Il y en a trois principales. La transparence au niveau de ce que l’on vend. C’est-à-dire qu’on veut que tous les ingrédients de nos produits soient identifiables et qu’on sache à quoi ils servent. Mais aussi, la transparence environnementale. Ensuite, l’autonomie gynécologique. Le but, c’est de permettre aux personnes menstruées de connaître leur corps et de prendre leur santé gynécologique en main. Ça ne veut pas dire remplacer les gynécos, absolument pas. Ce qui est important, c’est de leur réapprendre ce qui se passe dans leurs corps, de faire le lien entre hormones et symptômes. Et si on permet à des fxmmes de retourner voir leurs gynécos avec des mots précis qui aiderait leur diagnostique, c’est déjà une énorme victoire. Donc, ça va vraiment au-delà du simple fait de vendre. La troisième valeur, c’est la sororité. On veut offrir des espaces de solidarité, créer des évènements, des groupes…

La Team - © Circles
La Team - © Circles

Tu parles de transparence. Peux-tu nous dire ce que contiennent les produits ? Où sont-ils créés ?

Les compléments alimentaires contiennent des plantes et des minéraux, et c’est tout. C’est extrêmement étudié. Et l’infusion ne contient que des plantes, bien sûr. Ensuite, ils sont créés en France. On a deux laboratoires qui sont dans les pays de la Loire – qui sont un peu le cœur de la phytothérapie en France. On a choisi une approche extrêmement locale, y compris du côté des plantes qu’on a sélectionnées. Parce qu’actuellement, sur tous ces sujets, il n’y a pas mal de plantes à la mode qui viennent de l’autre bout de la planète. Mais en fait, on a l’équivalent dans la médecine européenne. Cette approche-là a été assez importante, aussi d’un point de vue écologique. Ça n’a pas de sens d’aller chercher des plantes de l’autre côté de la planète alors qu’on a les mêmes ici.

Comment prendre ses produits Circles ? Faut-il arrêter la pilule ?

Seulement les produits contre l’acné hormonal et les règles douloureuses sont compatibles avec la pilule. Mais ce qui est très important à savoir, c’est que ces produits sont des cures de deux ou trois mois. Ce ne sont pas des pilules magiques qui vont faire apparaître les effets tout de suite, c’est une cure à prendre sur le long terme. Et surtout, la moitié du travail se fait dans l’assiette et sur la gestion du stress et de l’hygiène de vie. Pour aider chaque personne qui achète la cure, un e-book lui est offert. Cet e-book, c’est un guide de rééquilibrage hormonal, qui tend également à mieux nous expliquer ce qui se passe dans notre corps.

Comment vois-tu la suite ? Penses-tu déjà à de nouveaux produits ?

L’idée, c’est vraiment de devenir le compagnon des femmes durant toute leur vie hormonale. De leurs premières règles jusqu’à la ménopause. Du coup, forcément, on voudrait créer d’autres gammes de produits. Je pense à pas mal de problèmes qui peuvent subvenir tout au long de la vie à cause d’un déséquilibre hormonal. Comme le post-partum, des problématiques d’infection urinaire, de mycoses vaginales, les fluctuations de libido, …

Et sinon, en parallèle de la campagne de lancement de Circles sur Ulule et dans le cadre de la semaine de l’endométriose, nous avons lancé une grande campagne de sensibilisation au fait que les souffrances menstruelles ne sont pas normales, et évitables pour peu qu’on soit mieux informées. Cette vidéo qui inclut des témoignages de nombreuses influenceuses souffrant de maux menstruels a été énormément partagée sur Instagram et nous avons décidé de reverser une partie de notre chiffre d’affaires à l’asso La Culotte Rouge qui agit pour l’éducation autour du cycle menstruel dans les établissements scolaires.

Cool, non ? Pour retrouver Circles et tenter de rééquilibrer ses hormones, ça se passe par ici. Il est temps de les soutenir, il ne reste que trois jours à leur campagne Ulule !

Article de Clémence Bouquerod

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