MAIA VIDAL, FILLE COSMIQUE

Photos, Noni Korf

Deux ans après leur première rencontre, Paulette retrouve Maia Vidal à l’occasion de la sortie de Spaces, son deuxième album.

 
Paulette : Tu as connu une grande transformation artistique depuis la première fois que nous nous sommes rencontrées, peu avant la sortie de ton premier album, God is My Bike. Comment décrirais-tu cette métamorphose ?
Au niveau personnel, ma vie a énormément changé depuis la sortie de mon premier album, donc forcement à l’heure de créer, je me suis retrouvée dans un espace bien différent que celui de God is My Bike. Au lieu d’être une petite fille perdue, toute seule dans sa chambre à écrire des chansons sur mes peurs, mes aventures (et mésaventures) amoureuses, essayant de me "trouver", j’étais en train de vivre mon rêve ! Comme j’étais en tournée la plupart du temps, j’ai écrit SPACES☆ dans le vortex du mouvement : dans les trains, avions, hôtels, et pays que j’ai connus au cours de mes voyages. Ces expériences m’ont poussée à regarder autour de moi, et à écrire des chansons moins autobiographiques, plus inventives et universelles. 

 
SPACES semble accentuer le côté fantastique de ton univers. Pourquoi ce choix ?
J’ai voulu m’affranchir de la réalité, des contraintes physiques. Avec SPACES☆ je me suis dit, tout est possible ; je me suis laissée rêver et écrire sur l’immensément grand (l’univers, les planètes) et sur l’infiniment petit (mon intériorité, l’amour, mon chien). Je voulais aller jusqu’au ciel. J’ai suivi mon instinct créatif jusqu’au bout. C’est peut-être pour ça que l’album est moins terrien. 
 
Quelles sont tes influences pour ce second opus ?
Je ne sais pas comment traduire ce sentiment en français : "Getting over my phobia of Outer Space and becoming fascinated with it" (Dépasser ma peur de l’univers et être fascinée par lui). Sinon mes inspirations ont été la littérature russe, le ciel plein d’étoiles en été, ma tournée au Japon, l’amour à l’heure du réchauffement climatique, les films de Woody Allen, le printemps, la science fiction, le mouvement.

 
La chanson qui te représente le mieux selon toi ?
Everything was Beautiful. C’est peut-être la chanson la moins facile à comprendre mais c’est aussi celle qui représente le mieux le chaos épique, l’exaltation hystérique et le bordel sucré de mon âme. J’y incorpore une réflexion philosophique de Woody Allen, une phrase tirée du livre Slaughterhouse Five de Kurt Vonnegut, ainsi que mon mantra personnel (sorte de Carpe Diem noir) : Every day’s one of our last (Chaque jour est peut-être le dernier). Et puis des xylophones japonais, de la harpe  et un chœur de 40 personnes qui chante des paroles rigolotes avec un ton grave.
 
Après avoir habité un temps à Paris, tu as décidé de retourner à Barcelone, ta ville de cœur. Pourquoi ?
Parce que Barcelone c’est là où habite ma musique ! C’est là que j’ai joué mes premiers concerts (et on y était, à l’Electrik Bar, NDLR), écrit tout mon premier album et enregistré aussi. Ensuite, je suis partie vivre à Paris, mais malheureusement durant les 4 mois où j’ai vécu là-bas, je n’ai rien pu écrire. C’était très bizarre. J’ai évolué comme artiste, j’ai collaboré avec d’autres musiciens, j’ai trouvé mon tourneur et ma maison de disque, mais les chansons ne venaient pas. Je me suis donc réinstallée à Barcelone et tout de suite je me suis mis à écrire et enregistrer. Mais ça c’est juste pour la musique, pour la vidéo par exemple, je suis toujours attachée à New York. Mais ça c’est une autre histoire…
 

 
Qu’aimes-tu faire quand tu ne fais rien ?
Ahhh, mon vrai secret ! Quand je reviens d’une longue tournée, j’ai envie de m’enfermer chez moi, de cuisiner, de papoter avec mes plantes, d’écouter des podcasts sur la science, de réorienter tous mes meubles, et puis de m’atteler à des projets d’art plastiques ; des collages, dessiner sur des t-shirts, peindre avec des paillettes…
 
A quoi rêves-tu en ce moment ?
Un prochain album ! Chaque acte artistique informe les autres autour, donc maintenant que je suis en mode "vidéo" (dans les prochains mois je veux en tourner au moins trois), je commence a avoir des idées pour des chansons, et ça ça me donne envie de dessiner, etc. et c’est tout un grand mélange d’inspirations et de créativité. 

 
Quand pourra-t-on te voir sur scène en France ?
Je fais ma première date à Paris en tête d’affiche pour présenter SPACES☆, le 6 juin à la Boule Noire ! Trop trop trop hâte !
 
Une dédicace à Paulette ? 
Paulette, ma poule, merci de m’avoir soutenue du tout début dans ce voyage intergalactique ! On se retrouve à la Boule Noire le 6 juin (ou dans une autre dimension cosmique). J’espère que SPACES☆ te transportera dans les étoiles et n’oublie pas : Everything is beautiful and nothing hurts !
 
MAIA VIDAL :: SPACES
Crammed Discs
Disponible depuis le 15 mars

En écoute sur Spotify

 
 
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