MAC DEMARCO : « JE ME TUE À PETIT FEU »

Photos d’Elodie Daguin pour Paulette Magazine 

20 minutes d’interview. 5 clopes. C’est une bonne moyenne pour Mac DeMarco, drôle de canadien de 23 ans.
Si Mac DeMarco sait aussi bien composer des chansons de rock indé mélodieuses que faire des reprises endiablées pleines de solos de guitare électrique, il est aussi à l’aise pour lancer des vannes devant une horde de fans hilares.  Désinvoltes, ses chansons font penser à celles de Real Estate, le côté bizarre en plus. Paulette est subjuguée par ce mec talentueux à l’humour potache. En attendant le 3ème album de ce garçon aux dents du bonheur, ruez-vous sur ses deux premiers, "Rock and Roll Night Club" et "2" (chez Captured Tracks), il vous le rendra bien.
 
Paulette : Comment se passe cette première tournée européenne ?
Mac DeMarco : Ça se passe bien. En Europe de l’Est, on a donné des concerts dans des endroits assez petits, j’ai bien aimé. Là, on reprend les bons gros concerts de rock. C’est chouette, même si je suis fatigué, mais ça va aller ! L’autre jour, on a passé une super journée à Budapest, dans des thermes… On s’est relaxé dans des bains de vapeur. C’était vraiment bien. J’aime énormément ce qui se passe maintenant. Voyager, voir des choses, rencontrer des gens, tout le monde me traite bien, j’adore !

 
Tu as fait une tournée US avec Phoenix, tu nous racontes ?
C’était intéressant et… bizarre, parce que beaucoup de gens ne nous connaissaient pas. Les fans de Phoenix sont différents des nôtres, parfois ils se foutaient un peu de notre gueule aux concerts. Par contre les mecs de Phoenix sont juste super sympa, j’adore leur musique. Ils nous ont découverts via Jason Schwartzman (le cousin acteur de la réalisatrice Sofia Coppola, épouse de Thomas Mars, chanteur de Phoenix, ndlr). J’adore ce mec !
 
Ton meilleur souvenir de concert ?
Probablement lorsque nous avons joué au Music Hall de Williamsburg à New York. C’était complet, il y avait une super ambiance, tout le monde me disait “ Tu gères Mac !” C’était un triomphe.

 
Est-ce que David Bowie ou Ariel Pink t’ont influencé ? Je pense au clip de “My Kind of Woman”.
Oui. On m’a suggéré de porter une robe et de me maquiller. J’étais là “Vraiment ? What the fuck?” puis j’ai accepté. “Rock And Roll Night Club” est définitivement dans le style de Bowie. Même si je ne peux pas affirmer que j’ai été directement influencé par lui, c’est un de mes artistes préférés. Merci pour la comparaison à Ariel Pink, j’adore ce mec, c’est cool.
 
Si tu étais un héros de bande dessinée, qui aimerais-tu incarner ?
Probablement Superman, parce qu’il ne meurt jamais. Ah attends, si, il meurt dans une BD. Merde. Peut-être Batman alors. Ou Peter Parker aka Spider-Man, il a une jolie copine eheh !
 
Ce que tu détestes et aimes le plus en tournée ?
Ne pas voir ma famille, ma copine, et être ivre toutes les nuits. Je me tue à petit feu, et ce, depuis que l’on a commencé la tournée, il y a un an. C’est terrible.
 
Qu’est-ce qui t’énerve ?
Je suis malade tout le temps depuis le début de la tournée. Ça craint. Le stress, ça pue.

Ta pire habitude ?

Fumer. Je fume beaucoup trop. Je ne m’arrêterai pas, j’aime trop cela.
 
Quelle est ta devise ?
Sois (ou essaie) d’être heureux, autant que faire se peut.
 
Mac, que s’est-il passé le soir où tu as repris “Beautiful Day” de U2 ? (la vidéo parle d’elle-même, mais on est curieuses chez Paulette…)
Alors, j’ai passé la soirée à boire avec un groupe d’islandais. J’étais supposé faire un concert. Je me suis pointé et ai branché mon Ipod. Et j’ai chanté par dessus la musique. J’étais très saoul, je ne me souviens pas de grand chose. Mes potes m’ont déshabillé et m’ont aspergé de bière. Et j’ai pris une baguette de batterie et me la suis mise dans les fesses. Ma copine était tellement folle de rage. C’est ainsi… Ma mère et ma tante étaient assez énervées aussi. Elles me répétaient “WHAT THE FUCK IS WRONG WITH YOU?!” Je répondais “Je suis vraiment désolé…” C’est ainsi qu’est née la chanson “Freaking Out The Neighbourhood”.

 
Entre nous, tu ne prends aucun stupéfiant ?
Ah ah, non. Je ne fume pas de weed, car cela me rend (encore plus) fou. Beaucoup de gens croient que j’en fume, mais non. Par contre je suis souvent alcoolisé. Ça compense.
 
Ça te fait quoi d’être considéré comme le mec qui amuse la galerie ?
Ça me va. Du moment que les gens prennent au sérieux ma musique et que je peux faire des concerts comme je l’entends, je prends du plaisir. Spécialement sur scène où j’essaie de faire du bien au public, car lui m’en apporte énormément. À la maison, je suis un mec sérieux.
 
A l’ère des groupes d’électro à ordinateurs, penses-tu que les gens apprécient que vous jouiez du rock’n’roll en live ?
C’est une bonne question. Je ne fais rien de particulièrement nouveau. Les jeunes qui viennent nous voir aiment bien nos blagues sur scène. On est assez nonchalants et amusants. Ce qui fait qu’ils ont souvent envie de passer la soirée en notre compagnie. C’est génial, parfois flippant. Certains fans m’offrent des images de moi encadrées ou en forme de plat de macaronis au fromage.
 
Avant de devenir musicien à plein temps, pour gagner ta vie tu as travaillé en tant qu’ouvrier sur des chantiers de revêtements routiers et tu as participé à des expérimentations médicales. C’était une période difficile pour toi ?
C’était terrible. Enfin non, pas tant que ça. L’équipe d’ouvriers de la route me traitait de tafiole toute la journée. C’était lourd. Mais j’ai fait ce taf parce que c’était très bien payé. Donc j’ai pris sur moi. A Montréal, tu ne peux pas trouver de travail si tu ne parles pas français. Vu que je n’avais pas de thunes pour payer le loyer, j’ai du faire le cobaye dans un laboratoire. Ça payait les factures.

 
Quels sont tes projets aujourd’hui ?
Un autre mois de tournée jusqu’à juillet. Ensuite, j’ai deux mois de pause, pendant lesquels je vais enregistrer le nouvel album. Je ne sais pas si ce sera encore un concept album. Ce sera un peu plus posé, je pense. Puis, je vais partir je ne sais où. J’ai rendu mon appartement avant la tournée, donc je suis en quelque sorte SDF désormais.
 
Un message à faire passer ?
W’SURP?! Peace on Earth, Live it, love it, beautiful!
 
Un mot en français pour conclure ?
Parapluie.
 
BONUS
La playlist de Mac DeMarco pour Paulette Magazine. 

 
MAC DEMARCO :: 2
Captured Tracks
En écoute sur Spotify
 
 
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