MA MÈRE A UN CANCER DU SEIN

Le 27 janvier 2021 est le jour où j’ai appris que ma mère était atteinte d’un cancer du sein. Cette date est pour moi, marquée à jamais. J’étais ce jour-là, en vacances en Guadeloupe avec ma meilleure amie, afin d’échapper quelque temps à la crise sanitaire.

Crédit photo : Site de l'association "Ruban Rose"

Mon frère me demande via l’autre bout de l’Atlantique, pourquoi maman pleure. J’ai tout de suite deviné. Je ne sais pas comment. Peut-être parce que cette situation ne m’était pas inconnue et que ma mère ne pleure quasiment pas. Ça ne pouvait être que grave. 

Le cancer est un sujet sensible dans ma famille, étant donné que ma mère est déjà tombée malade d’un cancer de la peau en 2012 et a connu une récidive en 2018. Nous étions dévastés, mais il nous a rendus inséparables et liés à jamais. 

Ce mercredi 27 janvier, j’appelle donc mon père et lui demande ce qui se passe. Il tente de me l’annoncer et tout est flou. En cette fin de séjour, malheureusement, le cœur n’y était plus.

Un retour à la dure réalité

Après mes vacances, il fallait affronter cette dure réalité. Entendre que son cancer était de stade 3, très agressif et qu’il fallait commencer le traitement au plus vite. Au total, six mois de chimiothérapie, l’ablation du sein et de la radiothérapie. Très dur à encaisser. 

Je pensais qu’on en avait fini avec tout ça. Que le pire était derrière nous et que nous étions comme immunisés contre la maladie, le chagrin.

Mais à 48 ans, ma mère doit encore se battre. Là où nous avons le plus besoin de câlins, d’affection et de tendresse, le virus le plus célèbre de la planète nous en empêche. 

À la suite d’une nouvelle comme celle-ci, on passe généralement par plusieurs phases : la tristesse, l’incompréhension, la colère, l’acceptation, l’espoir et la force. Et parfois tout se mélange. 

Pourquoi (encore) elle ?

C’est alors qu’un flot de questions envahissent mon esprit. Comment les cancers du sein surviennent ? Les médecins disent que c’est souvent héréditaire. Mais quand personne de la famille n’a eu de cancer, quelles peuvent être les raisons ? 

Plusieurs études montrent un grand nombre de causes qui ne correspondent pas au style de vie de ma mère. Les médecins ont alors supposé que c’était lié à un facteur psychologique et qu’elle serait le paratonnerre de la famille… Et au moment où j’écris cette chronique, elle m’annonce que ses cheveux commencent à tomber. 

Comment faire face ?

Alors, comment faire face ? Je décide d’accepter sa maladie et de tout savoir d’elle. Je m’informe, pose de questions et fais des recherches. Je continue à vivre, à rire. Le plus important selon moi, est d’être présente et de rassurer autour de nous. Mais aussi de changer sa façon de penser, son état d’esprit et son énergie. De devenir quelqu’un de plus positif au quotidien.

Le cancer peut tuer, mais peut aussi sauver des vies. Il nous donne une certaine force et un besoin de renouveau. Il peut améliorer des relations, faire mûrir, faire naître de nouveaux projets de vie et objectifs… Nous avons hâte que tout ça soit derrière nous. Je remercie le personnel soignant : médecins, infirmières, naturopathes, psychologues qui consacrent leur vie à celles des autres. 

Une chronique d’Alicia Desrivieres

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