LUMIÈRE SUR LE MOIS DE LA PHOTO À PARIS


Hirakawa

Au cas où la rumeur ne soit pas encore parvenue à vos oreilles, c’est le mois de la photographie en ce moment à Paris.  Un mois entièrement consacré à cet art sensible et unique qui perme de capturer le temps. Un mois aussi pour découvrir les artisans du négatif et de la boîte noire à travers les nombreuses galeries et musées associés à l’événement.

Comme il ne reste déjà plus que deux semaines, Paulette vous dresse une sélection (non exhaustive) des lieux incontournables de cette manifestation. Pour les néophytes comme les professionnels qui voudraient avoir une vision holistique de la création photographie contemporaine des ces dernières décennies, direction le Grand Palais où plus de 128 galeristes du monde entier sont venus se partager les 13500 m2 de la nef le temps d’un week-end pour y exposer leurs clichés dans le cadre de Paris Photo 2012.


Leloir

L’entrée est un peu chère (28 euros), foire oblige, mais Paris Photo n’en demeure pas moins le coeur de ce mois de la photo avec la présence des plus grands acteurs du milieu (galeries, artistes, éditeurs, collectionneurs). Une foire à laquelle David Lynch s’est associé en proposant un parcours (disponible sur l’application FB) à travers les œuvre s qu’il a lui même sélectionné.

Si en 2011 l’accent avait été mis sur la photographie africaine, cette année on remarque la présence d’un grand nombre d’artistes japonais : comme le célèbre Daido Moryiama présenté à la galerie tokyoïte Taka Ishii (également exposé à la galerie Polka) à travers des photographies sensibles, superposant les négatifs et donnant une impression de flou des âmes. On découvre également les instantanés à la fois intimes et érotiques de Noritishi Hirakawa, représentant à travers l’œil voyeur de son photographe, le désir masculin oppressant qu’il porte sur son modèle-victime semblant épié à son insu.

Photo Moryiama & Hirakawa

Une autre mouvance largement explorée et représentée cette année, est l’école d’Helsinki et ses artistes scandinaves formés à la Aalto University en Finlande. Parmi eux, Ani Leppälä (galerie Taik) et ses portraits anonymes, sortes d’OVNI sortis d’un comte d’Anderssen, mais aussi la jeune Erica Kovane (une des 7 lauréats du concours SFR Jeunes talents 2012) et sa série de portraits-documentaires d’une famille finlandaise où le traitement unique de la lumière et des couleurs permet de traduire la perfection de surface de cette famille en malaise palpable.

Photo Ani Leppala et Erica Kovane

Pour les nostalgiques de photographie africaine, vous vous régalerez toujours à la galerie Goodman de Johannesburg qui propose une série de clichés de Jodi Bieber sur les déportations de réfugiés du Mozambique venus aux frontières sud africaines, quelques photos de Mikhael Subotzki chez Magnum ou encore de l’artiste de Bamako Seydou Keita.

Si vous ne pouvez pas vous payer l’entrée, rien de grave puisqu’ il reste encore plus de 80 expositions disséminées entre galeries et musées autour de 3 thèmes :

– Small is beautiful, illustré à la galerie Camera Obscura à travers les clichés miniatures et envoûtants de Sarah Moon , cette artiste juive des années 40 fortement inspirée par le cinéma expressionniste allemand et les années 30.

-Le réel enchanté, revisité par la galerie Polka, autre bastion de la photographie contemporaine, qui expose des artistes aussi intéressant que variés (Eliot Erwitt, Raymond Cauchetier…). À partir du 24 novembre, c’est la jeune jeune artiste Sara Imloul qui y exposera sa série « négatif » faisant suite au « cirque noir » déjà présenté l’an dernier. Un travail autour des fééries étranges du cirque et des formes abstraites.

-La photographie française et francophone des années 50 à nos jours,  à travers une exposition touchante au Bar Floréal qui nous plonge dans la nostalgie de l’après-guerre et des clubs de jazz à Paris où le photographe Jean Pierre Lenoir arpentait la nuit infatigablement. À la rencontre de jazzmen américains, le photographe les a suivi dans Paris, de nuit comme de jour, des répétitions aux séances d’enregistrement, nous laissant une série d’images empreintes de ce rythme et de cette chaleur qui caractérisait cette époque.

Paris Photo 2012 Grand Palais du 14 au 18 novembre
Sarah Moon à la Galerie Camera Obscura 268 Boulevard Raspail 75014 Paris
Sara Imloul à la galerie Polka 12 Rue Saint-Gilles 75003 Paris
Jean Pierre Lenoir au bar Floréal 43 Rue des Couronnes 75020 Paris

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