LUCIOLE : “JE RETOMBE AMOUREUSE À CHAQUE CONCERT !”

Rappelez-vous, il y a près d’un an et demi, Luciole gagnait notre concours Paulette For Rêveurs, dans la catégorie Musique. Et depuis, la jolie chanteuse a fait du chemin et brille aujourd’hui avec son deuxième album, “Une”. Un opus à travers lequel cet auteur-compositeur-interprète (rien que ça !) nous conte des histoires, son histoire.
 
Les changements d’une vie,  les erreurs, les contrastes et les choix. 12 titres qui oscillent entre force et faiblesse, entre douceur et peps, portés par une voix limpide et lumineuse. Parce qu’avec une centaine de dates, deux albums et un EP, Lucile -de son vrai nom- a bien changé. Elle s’assume, elle est entière et “une”. Lumière sur un phénomène <3

Crédits, Renaud Julian
 
Tu as fait le Conservatoire d’Arts Dramatiques à Rennes. À la base, tu voulais être comédienne ?
Oui ! Le bac en poche, même si je faisais déjà de la musique, j’étais dans ce mouvement là, c’est ça qui me plaisait. J’y suis restée 2 ans.
 
Et la musique, ça date de quand ?
Je ne sais pas trop, depuis l’âge minimum auquel on peut s’inscrire au cours de musique (rires) !
 
Ça t’est venu naturellement ?
Je n’ai pas vraiment de souvenirs, ça remonte à tellement longtemps. Mais je pense que je devais déjà beaucoup aimer ça, et si j’ai continué c’est que j’aimais y aller certainement (rires). J’ai commencé par de l’éveil musical toute petite, puis du solfège, des cours de piano et même un an de saxophone. Mais j’ai vite stoppé parce que j’avais envie de chanter et ce n’était pas très pratique ! Donc j’ai continué avec des cours de chant, et je ne me suis jamais arrêtée. Ma vie, mon enfance ont toujours été ponctuées par cet apprentissage puis à partir de 9 ans, le théâtre s’est ajouté. En fait c’était surtout un attrait pour la scène. Chanteuse, comédienne, les deux sont liés. Le fait d’être en représentation devant un public, sur les planches et peu importe que ce soit de très grandes salles. Avant de choisir ce métier de chanteuse, c’est ça qui me plaisait !
 
C’est sur scène que tu te sens le mieux. Et en studio ?
Je préfère 1000 fois plus être en concert, c’est vivant, tu peux changer d’un soir à l’autre l’ordre de tes morceaux, modifier ta set liste, un arrangement, faire un guitare/voix, jouer avec le groupe complet… Alors que le studio impose de devoir fixer quelque chose, de dire “Ça y est, ça s’arrête là”. J’ai toujours du mal à me dire que je suis arrivée à la meilleure version possible. Le studio c’est plus de doutes et de questionnements alors que la scène reste évidente pour moi. Une de mes amies a lu le bouquin de Tina Fey et dedans, elle dit : “Quand c’est l’heure de monter sur scène, c’est l’heure !”. Ce n’est plus le moment de douter, de réfléchir, de fixer des choses. En concert c’est pareil, et tu sais que tu pourras toujours mieux faire le lendemain.
 
Il y a une scène qui t’a marquée justement ?
J’en ai plusieurs, parce que les premières parties (par exemple Oldelaf à l’Olympia en 2013) sont toujours l’occasion de faire quelques jolies scènes, pareil avec la tournée de mon premier album. Et puis voir ton nom en petit sur une façade d’immeuble… ! Mais spontanément, je pense aux Bouffes du Nord. C’est le rêve, la consécration pour beaucoup de comédiens. En fait, j’ai rarement le trac avant de monter sur scène, je suis impatiente, c’est plus de l’excitation. Mais là-bas là j’ai eu vraiment peur, il y a un truc assez impressionnant, imposant dans le lieu. Ça a été le cas aussi avant l’Olympia.
 

Crédits, Renaud Julian
 
Non, vraiment aucune pression avant de monter sur scène ?
Pas vraiment, j’ai hâte, je ne sais pas trop quoi faire de mon corps. Il y a plein d’artistes qui ont 1000 rituels, qui font du yoga… Moi j’ai juste envie que ce soit le moment d’y aller ! Et puis c’est le corps qui te dit que tu as peur, pas le cerveau. Tu n’as pas d’appétit, c’est un peu comme être amoureux… Voilà, c’est ça, je retombe amoureuse à chaque concert !
 
Pourquoi avoir choisi Luciole comme pseudonyme ?
Je m’appelle Lucile, c’est la même racine, c’est n’est qu’une lettre de plus. À la base, le présentateur des Scènes Slam m’avait demandé mon pseudo. Tout le monde en avait un et je n’avais pas envie de dire Lucile. Quelques jours avant, une connaissance m’avait fait remarqué qu’à une lettre près, mon prénom changeait, alors c’est resté. Luciole, ça évoque quelque chose de doux, j’aime bien l’image qu’on peut s’en faire.
 
Dans ton premier album, Ombres, tu parlais de rencontres, d’amour, joies et peines. Aujourd’hui avec Une tu t’attardes plus sur la construction de soi, sur le fait d’avancer, de grandir.Qu’est-ce qui a changé depuis ?
J’ai grandi sûrement ! J’ai changé aussi. Les textes de Ombres, j’avais une vingtaine d’années et entre ce que j’ai pu écrire chez mes parents en Bretagne et maintenant à Paris, après un premier disque et une tournée, c’est différent. Ces 2-3 dernières années, j’ai eu l’impression de prendre conscience de plein de choses, de réaliser qu’on est toujours un peu en chantier. On peut grandir et changer quelque soit notre âge. Même adulte, on apprend de ses erreurs, on se trompe de chemin et ça fait partie du parcours ! Mes chansons témoignent toujours un peu de l’état dans lequel je suis. Peut-être qu’à 20 ans, mes premières histoires et chagrins d‘amour étaient ce qui m’animait. Aujourd’hui, c’est plutôt le façon dont je me construis en temps que femme, comment je me dépatouille de mes doutes. Et bien sûr, ça parle toujours d’amour, ça me touche aussi ! Je traduis des émotions, des sensations, des grands thèmes universels auxquels les gens peuvent se reconnaître, grâce auxquels ils pourront s’approprier les histoires.
 

 
Dans une chanson, tu dis “Je suis un animal nocturne”…
Mais parce que je suis une luciole, les lucioles ce sont des animaux nocturnes ! (rires) C’est le clin d’œil à mon nom de scène. Bon en vérité si je dois me confesser, je suis plutôt du matin…
 
Dommage, moi qui pensais te demander tes bons plans sorties… On te trouve où un vendredi soir ?
Chez moi, avec une soupe ! Non, dernièrement je vais régulièrement danser au Truskel, c’est assez surprenant parce que c’est un bar très rock/étudiant, mais un de mes amis mixe là-bas une fois par mois. Peu importe l’endroit, tant qu’on y est avec les bonnes personnes. Danser sans se regarder danser, s’amuser sans se poser de questions…
 
Tu parles aussi d’erreurs, tu en as faites ?
Oui, plein ! Des erreurs de jeunesse, des choix qu’on regrette… Je me rends compte avec la production du disque que ce n’est pas forcément de grandes erreurs, mais des petites choses, des petits oublis. Et aujourd’hui je réagis différemment, je me dis qu’elles sont là pour que je ne les reproduise pas, ça m’apprend à tirer des leçons.
 
Quelles ont été tes inspirations du moment, les artistes que tu écoutais pendant la production de l’album ?
Pendant l’enregistrement, avec les deux musiciens avec lesquels je travaille BAAB (Benoit Guivarch et Antoine Kerninon).  on a pas mal écouté Son Lux. D’ailleurs, il nous a autorisé à sampler un tout petit bout de morceau, j’étais très touchée. Après il y avait Apparat,ou Dirty Projectors.Toute l’année qui s’est écoulée, j’ai beaucoup écouté Woodkid, j’ai découvert Lorde, et bien avant Lykke Li. Des influences anglo-saxonnes parce que je voulais plutôt me concentrer sur l’arrangement musical, pas spécialement le texte. Je ne voulais pas me faire influencer sur ce qui se faisait en français.
 
Tu n’aimerais pas chanter en anglais ?
Je n’y ai jamais vraiment songé. Peut-être qu’un jour ca viendra mais comme le texte est prédominant, je ne me sens pas forcément capable d’écrire en anglais,  sauf 2-3 petites phrases par-ci par-là.
 
Une scène qui te fait rêver ?
Un de mes rêves ce serait de jouer au Québec, peu importe la salle.
À Paris il y a plein de salles qui font rêver, toutes si je pouvais ! D’abord l’Olympia  (pas en première partie cette fois) parce que c’est mythique, La Cigale parce que j’adore y aller voir des concerts. Un peu plus petit, et peut-être plus facilement réalisable, Le Café de la Danse. Je ne fantasme pas encore sur le Zénith et Stade de France pour l’instant, j’y vais palier par palier ! (rires)
 
Un dernier mot pour les Paulette, toi qui est lectrice ?
Je savais qu’on allait me poser cette question, j’aurais du préparer… Restez “Une” !

 
LUCIOLE :: UNE
Sortie le 30 mars
 
Concerts :
Le 11 mai et 9 juin aux Trois Baudets.
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