LOLA MARSH, UN VENT FRAIS FROM TEL AVIV

@Guy and Yariv small

C’est des paysages qui défilent, une virée en voiture, un vieux western, une chevauchée au galop dans la toundra, une fuite en avant vers des territoires vierges, inexplorés. Une musique aux racines folk, aux atours pop et aux accents cinématographiques. C’est rythmé, tantôt percutant, tantôt accidenté. C’est aussi plus intime et plus doux à certains moments. Dans les deux cas, ça donne envie de voyager loin, très loin. C’est ce qu’on ressent à l’écoute de ce premier EP. Rencontre avec les membres du duo israélien Lola Marsh, la chanteuse Yael Shoshana Cohen et le multi-instrumentiste Gil Landau.

Paulette : Votre EP sortira au mois de janvier. Comment vous sentez-vous ?
Yael Shoshana Cohen : On est très excités ! On attendait vraiment ce moment depuis longtemps. Gil Landau : Depuis notre rencontre il y a quatre ans. C’est une étape importante !

Parlez-nous de votre rencontre d’ailleurs ?
Yael : On s’est rencontrés à Tel Aviv. C’était lors d’une fête d’anniversaire, le 26ème anniversaire de Gil. Il a joué de la guitare et j’ai chanté un petit peu. On s’est regardés et c’était comme une évidence, on devait faire de la musique ensemble. J’ai étudié la musique mais je n’avais jamais fait partie d’un groupe. J’écrivais un peu, juste pour moi.
Gil : On s’est trouvés ! C’était un moment décisif pour nous deux.

Qu’est-ce que vous aimez le plus chez l’autre ?
En chœur : (rires)
Gil : Elle est très drôle !
Yael : Je suis drôle ?!
Gil : Oui, tu l’es.
Yael : Merci (sourire)
Gil : Drôle et talentueuse (rires).
Yael : En fait, on vient juste de se disputer donc tu as bien fait de nous poser cette question (rires). Dis-moi, qu’est-ce que tu aimes chez moi ?
Gil : Je viens de le faire ! Sérieusement, elle est drôle, talentueuse, elle a toujours de très bonnes idées. Il y a un mois environ, on a décidé de faire une reprise de Calexico (Black Heart, ndlr). J’ai planché dessus tout seul pendant deux jours, sur mon ordinateur, pour essayer de la faire sonner mais c’était vraiment pas terrible. Quand elle est arrivée, elle a pris la guitare et m’a proposé quelque chose instinctivement. C’était super !
Yael : Donc tu ne me hais pas ?!
Gil : Allez ! (sourire) Tu me complètes, musicalement (rires).

Et pour toi, Yael ?
Gil : Vas-y ! Dis-moi tout.
Yael : Après une dispute, j’aime que tu sois capable de dire “je suis désolé”. Fin novembre, on est allés en Autriche pour jouer en première partie de Clara Luzia. Le soir, en pleine nuit, dans ma chambre d’hôtel, j’ai commencé à écrire une nouvelle chanson. J’étais tellement impatiente que je suis allée retrouver Gil dans sa chambre pour lui faire écouter et il a aimé. A ce moment-là, je me suis rendu compte que je faisais de la musique avec mon meilleur ami. C’est une chance ! Il a beaucoup de talent mais c’est aussi un leader et c’est important qu’il ait ce rôle-là. J’ai besoin d’être canalisée.
Gil : J’ai ressenti la même chose l’été dernier, en festival. On a joué devant 10 000 personnes, c’était irréel. Quand on s’est regardés, j’ai su qu’on faisait quelque chose de beau tous les deux. On a cette chance d’être soudés et d’être deux pour vivre toutes ces choses incroyables. Alors oui parfois c’est compliqué mais on est toujours là l’un pour l’autre.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire de la musique ?
Yael : Dans mon cas, beaucoup de musiques de films, notamment des comédies musicales. Quand j’étais enfant, je chantais tout le temps et j’adorais les films de Julie Andrews. Je connaissais les chansons de La mélodie du bonheur par cœur. J’ai grandi à la campagne donc il m’arrivait d’aller courir dans les champs en chantant à tue-tête The Hills Are Alive. J’ai composé mes premières mélodies dès que j’ai su jouer de la guitare, c’est venu très naturellement.
Gil : C’est la même chose pour moi. On est forcément influencé par les choses qu’on vit au quotidien. Yael : Dans son cas, c’était pour plaire aux filles ! (rires).
Gil : (rires) Oui c’est vrai. Quand tu as 10 ans, tu veux surtout impressionner les filles. J’ai écrit ma première chanson quand j’avais 12 ans, après une rupture. C’est un vrai cliché ! (rires)

De quels autres instruments jouez-vous aujourd’hui ?
Yael : Gil peut jouer de tous les instruments !
Gil : Pas exactement. Je suis un touche-à-tout, mais je maîtrise surtout les claviers et la guitare.
Yael : Quand on a commencé Lola Marsh, on tournait en duo donc il jouait de tous les instruments – c’était un an et demi avant de rencontrer les musiciens qui nous accompagnent aujourd’hui.
Gil : Mon rêve ce serait de jouer de la basse pour de vrai (sourire).

Avec quels instruments vous composez ?
Gil : A la guitare ou au piano.
Yael : Parfois, sans instrument. Il fredonne une mélodie sur sa moto et l’enregistre sur son iPhone.

Comment avez-vous enregistré votre première chanson ? Et qu’est-ce qu’elle racontait ?
Gil : Cette chanson apparaîtra sur notre premier album à venir. J’avais la mélodie mais j’ai demandé à Yael d’écrire les paroles.
Yael : C’était seulement la deuxième fois qu’on se voyait !
Gil : On l’a enregistré à deux guitares, en acoustique, avec quelques chœurs. On a réécouté cette démo pendant au moins un an. On était tellement excités d’avoir notre première chanson !
Yael : On est très contents qu’elle soit sur l’album. Elle s’appelle Waitress (serveuse en anglais, ndlr). Elle est tirée de mon expérience personnelle, à l’époque où je servais à manger. A vrai dire, c’est une chanson d’amour. Ça parle de la solitude qu’on peut ressentir dans une grande ville. On regarde tous ces couples autour de nous, qui partagent un repas, un moment privilégié, et on vit à travers eux.

Quels sentiments, quelles histoires souhaitez-vous partager dans vos chansons ?
Yael : La plupart du temps, c’est moi qui écris les textes, même si Gil me conseille. Beaucoup concernent mon enfance, les rêves que l’on partage tous les deux, nos angoisses. Il s’agit de nos vies, en fait, accompagné parfois d’une certaine fantaisie. C’est très personnel. Mais tout le monde peut y voir ce qu’il veut, ça me plaît.

Yael, tu as participé à l’émission The Voice en Israël. Que retiens-tu de cette expérience ?
Yael : Si tu as peur, n’y pense pas ! Fonce ! Évidemment que c’est impressionnant, puisque c’est une chaîne nationale, tu es jugée, on parle de toi. Mais j’ai pris le parti de profiter pleinement de cette expérience et de m’amuser. Les gens qui étaient avec moi étaient plus jeunes. Je sentais à quel point ça leur tenait à cœur, j’avais l’impression qu’ils jouaient leur vie. A côté, j’étais vraiment détendue. Gil : Parce que tu avais déjà Lola Marsh.
Yael : Oui c’est vrai…

Est-ce que ça vous a permis de vous faire connaître ?
Yael : Ça m’a ouvert beaucoup de portes : le mannequinat, le cinéma. Les gens me reconnaissaient dans la rue. Mais comme toutes les émissions de télé-réalité, c’est éphémère ! Après quelques mois, c’est terminé, vous n’êtes plus personne ou alors, on vous prend pour quelqu’un d’autre (rires). J’ai surtout envie d’être reconnue pour mon travail avec Lola Marsh plutôt que pour ma participation à The Voice. A vrai dire, aujourd’hui, c’est le cas ! Je suis contente.

Quelles sont les figures féminines qui t’ont inspiré ? Vocalement ou par leur philosophie ?
Yael : Je peux t’en citer trois. La première c’est Julie Andrews, je l’adore. J’aime tout chez elle. Edith Piaf. Je crois que je n’ai pas besoin de m’expliquer (sourire). J’adore sa voix. Je ne comprends pas les paroles parce qu’elles sont en français mais je peux quand même ressentir toute la force et l’émotion qui se dégagent de ses textes. Et une chanteuse irlandaise qui s’appelle Cathy Jordan.

De plus en plus de médias qualifient Tel Aviv de nouveau bastion du cool. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Yael : Tel Aviv est dynamique, jeune. On a une très belle scène émergente, pas seulement en musique mais dans l’art en général. Cette ville ne dort jamais !
Gil : J’entretiens une relation amour-haine avec Tel Aviv, parce que j’y vis et parce que j’y ai grandi. Le point positif, c’est que vous trouverez toujours quelque chose à manger, même après minuit. Ce n’est pas toujours le cas en Europe (sourire).

Une dédicace aux Paulette ?
Yael : Il y a une chanson en hébreu que me chantait ma grand-mère quand j’étais enfant : le monde entier est un pont très étroit, l’essentiel est de ne pas avoir peur de le franchir ! C’est ma meilleure amie, une femme très intelligente et très drôle.

LOLA MARSH :: YOU’RE MINE (EP)
Barclay
Sortie le 29 janvier 2016

Facebook: https://www.facebook.com/Lola8Marsh
Twitter: https://twitter.com/Lola_Marsh_Band

Concerts :
28 janvier : Les Bains, Paris
13 avril : Les Etoiles, Paris

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