LIZ GREEN, UN DRÔLE D’OISEAU


Quand on entend pour la première fois la voix de Liz Green, on a l’impression de voyager dans les années 30.  Et pourtant, sa musique est plus actuelle que jamais.
 
> La tête dans les étoiles, les pieds dans la gadoue
 
La chanteuse est âgée de 29 ans, anglaise de la tête au pied, de sa consommation de bière à son style vestimentaire. Originaire de Manchester, c’est une espèce rare de la musique pop folk du 21eme siècle, bien qu’elle même se considère plutôt comme une punk. D’après ses dires, "il n’y a qu’une folle pour oser débarquer aujourd’hui seulement avec sa voix et sa guitare". Folle ? C’est ce qu’elle est, une dingue avec la tête dans les étoiles et les pieds dans la gadoue.
 
Pour enchanter son public, Liz ne quitte jamais sa vieille guitare, offerte par son père à ses 16 ans, celle-là même qui enveloppe sa voix tout droit sortie d’un transistor encrassé. Un timbre naturellement puissant, insufflé par les grandes Judy Garland, Billie Holyday, Edith Piaf ou Bessie Smith dont elle connait les chansons par cœur.
 
> Les mélodies contre la maladie
 
Liz se nourrit de musique qui est aussi sa thérapie. Derrière son visage rond et son regard mutin, le petit colibri cache une maladie de peau qui la fait souffrir depuis l’enfance. Cela se ressent lorsqu’elle écrit, notamment à travers la chanson Bad médecine qui évoque inconsciemment son mal. Elle y chante l’acceptation de soi telle que l’on est et pas comme les magazines voudraient que l’on soit.
 

 
> L’envol de l’oiseau
 
En 2008, Liz Green joue en France dans un appartement montmartrois où elle fait la première de Bon Iver, rien que ça ! Après ça, elle quittera très peu son nid anglais. Deux années passent et Liz à déjà en tête ses futures chansons mais ne sort pas d’album car elle déteste enregistrer en studio, où elle "chante seulement pour les murs". Plus jeune d’ailleurs, quand elle s’écoutait chanter dans une armoire pour mieux entendre sa voix, elle dessinait des visages sur les portes pour se faire un public.
C’est sa rencontre avec Liam Watson, talentueux producteur d’Elephant des Whites Stripes qui permet l’éclosion d’Ô dévotion ! Les deux complices bouclent ça en deux semaines. Liz entame alors une série de concert en France.
 
 
> L’albatros monte sur scène
 
26 Avril 2012, dans le très intimiste Café de la Danse, Liz Green a rendez-vous avec une poignée de spectateurs. Une demi-heure avant son entrée, la salle est déjà pleine et écoute une timide chanteuse qui fait la première partie. Et puis Demoiselle Green apparait. Elle avance timidement en titubant, sourit comme une enfant qui aurait fait une bêtise et se saisit du micro. Silence dans la salle.
Liz se lance dans une chanson à capella, le ton est posé.  Le timide oisillon vient de déployer ses ailes pour laisser tout le monde bouche bée. La voix est là, brute de décoffrage, sans la déception que l’on ressent avec d’autres artistes qui, en live, chantent faux. Frissons garantis.
 
Et puis, ses musiciens entrent en scène, looks à la cools, batteur et trombone barbus, chevelus, costume pour le bassiste, trompettiste pieds nus, bouteille d’eau et bières à portée de main. La petite troupe est complice, s’échange des regards, rit aux blagues de Liz. Une guitare, une famille, que demander de plus ?
 
L’humour, le charisme et l’autodérision peut être ? Ça tombe bien, la demoiselle en est bourrée. C’est quand on l’a voit affublée d’un costume d’oiseau qu’on s’en rend le mieux compte : les blagues qu’elle gazouille avec un accent de Manchester à couper au couteau, rendent la salle hilare.
 
 
Le concert se poursuit entre les contes et les cauchemars, la mort, la noirceur de la vie, tout passe dans le spectre du négatif, et pourtant c’est un hymne à la joie qu’elle chante.
Sa voix de rossignol éprouvé par le tabac, transporte le public quelque part sur la planète, entre les nuages et la lune.
 
Mais il est bientôt l’heure de se quitter, Liz entonne Hey Joe, son ami imaginaire, "une tête d’oiseau, un corps d’homme qui a le cœur brisé" tel qu’elle le décrit. Une lettre ouverte sur son monde imaginaire plein d’obscurité et de lumière. S’en suit une balade enchantée avec Midnight blues, The Quiet, et la boucle est bouclée. La lumière s’éteint, il est temps pour la troupe de s’envoler, mais c’est sans compter sur le tonnerre d’applaudissement du public qui la fait revenir à trois reprises. Alors elle remonte à petit pas sur la scène, comme un enfant timide qui se justifierait presque d’avoir du talent. Mais inutile que cet oiseau-là s’excuse, on l’écouterait jusqu’au petit matin si on le pouvait.
 
LIZ GREEN :: O, DEVOTION !
Play it again Sam
 
 
Concerts
22/07 : FNAC Festival, Paris
2/11 : La laiterie, Strasbourg
8/11 : Centre Culture Jean Gagnant, Limoges

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