LISS : JEUNES ESPOIRS D’UNE POP AFFRANCHIE

Ils ont entre 19 et 21 ans, nous viennent du Danemark et s’imposent déjà comme le futur de la pop music. Søren Holm (chanteur), Villads Tyrrestrup (bassiste), Vilhelm Strange (guitariste) et Tobias Hansen (batteur) forment LISS. Un boys band qui convoquent les monstres sacrés du funk, du R’n’B et de la soul pour nous proposer un mélange unique qui bouscule les formats pop traditionnels. Leur musique, échappée d’une autre époque, nous renvoie à notre adolescence dans les années 90. Allures faussement négligées, fringues dix fois trop grandes et charisme timide. Chez eux, à Aarhus, les quatre garçons font figure d’ovnis – la ville abrite la jeune scène underground d’un tout autre genre, le punk. Rencontre avec Søren et Villads.

Paulette : Quand et comment vous êtes-vous rencontrés tous les quatre ?
Villads : On a commencé à jouer ensemble en septembre 2014, ça va faire presque deux ans. J’ai rencontré Tobias au lycée il y a environ quatre ans. On avait ce local de répétition à Aarhus où nous vivons mais personne avec qui jouer. La copine de Tobias et la copine de Vilhelm sont amies depuis longtemps donc on a fini par se rencontrer.
Søren : Moi je connaissais Vilhelm, on avait déjà fait de la musique ensemble. Tobias a eu l’occasion d’écouter ce qu’on faisait et il a tout de suite accroché. On avait décidé de se retrouver tous les trois dans ce fameux local de répétition et Villads était là. Villads : Au début, on se retrouvait simplement pour faire des jams et passer un bon moment. Je ne connaissais pas du tout Søren avant de rencontrer Vilhelm. On n’avait pas grand-chose en commun mais la musique nous a réunis. C’est un bon moyen de communiquer (rires).

Qu’est-ce qui vous a encouragé à travailler ensemble ?
V : Nous vivons dans une toute petite ville donc ce n’est pas évident de trouver des gens qui partagent les mêmes influences. C’était assez exceptionnel de vous rencontrer les gars ! Parce qu’on va tous dans le même sens. On est tous d’accord pour dire comment ça devrait sonner.
S : On est très vite devenus amis parce que vous êtes tous super !
V : Tu vas me faire pleurer (rires).

Depuis combien de temps faites-vous de la musique ?
V : Depuis toujours je crois. Mon père est aussi musicien, donc il y avait toujours des instruments qui traînaient à la maison. C’est lui qui m’a donné le goût de la musique. Quand j’étais petit, je jouais avec les enfants des copains de mon père qui étaient aussi musiciens.
S : On a tous grandi entourés de musique que ce soit dans notre environnement familial ou dans notre cercle d’amis.

Quelle est votre éducation musicale ?
V et S : On est autodidactes.

En combien de temps ont été composés les quatre titres de cet EP ?
V : Difficile de répondre. On a commencé à écrire cet EP il y a environ un an, mais on a aussi composé d’autres chansons qui n’apparaissent pas sur l’album et on a pas mal retravailler les versions définitives avant de trouver notre son. Ça a pris du temps.

Qu’aviez-vous en tête ?
V : Beaucoup beaucoup de choses. C’est dur à dire. On avait envie de faire quelque chose d’unique et qui nous ressemble. C’est notre premier EP donc c’est un peu comme une carte de visite. C’est censé nous représenter, nous en tant que groupe, et définir notre son. Mais ce n’est qu’une première étape.

Comment et où l’avez-vous enregistré ?
V : Dans pas mal d’endroits différents. Ça dépend des titres. La plupart des chansons ont été enregistrées sur notre ordinateur donc on pouvait faire ça n’importe où, pas forcément en studio. Mais la batterie a été enregistrée en studio. On s’est aussi beaucoup retrouvés dans la maison de vacances du père de la copine de Tobias (sourire). C’est à une heure de route d’Aarhus. C’est tout petit. Ça doit faire la moitié de cette pièce (verrière de La Flèche d’Or, ndlr). Il y a une toute petite kitchenette, mais c’était super agréable de pouvoir s’isoler au milieu de nulle part avec pour seul préoccupation, notre musique.
S : Et c’est aussi un bon moyen de garder le contrôle sur ce que l’on fait. On a terminé l’EP dans notre salle de répétition à Aarhus.

Søren, tu écris les textes. Quels messages souhaites-tu faire passer ?
S : Il est question d’amour, souvent déçu, de convoitise et de la vie en général. Je m’inspire des histoires que j’entends, de ma famille et de mes amis.
V : Les paroles sont assez simples et directes. C’est très accessible et c’est ce qu’il y a de bien.

Tu as une voix incroyable, et tu n’as pas peur de l’avouer quitte à passer pour quelqu’un d’arrogant (sourire). Quand as-tu découvert ta voix et son potentiel ?
S : (rires) Quand on a joué ensemble pour la première fois. Parce qu’ils ont aimé ma voix ! Plus on jouait ensemble, plus j’ai pris de l’assurance. Je chante depuis toujours mais ce n’était pas quelque chose que je prenais au sérieux, je n’avais chanté dans un groupe avant de les rencontrer…
V : Tu chantais sous la douche (rires).

Où as-tu appris à chanter de cette façon ?
S : Tout seul…

Y-a-t-il des artistes qui t’ont influencé ?
S : J’aime beaucoup la chanteuse de Little Dragon, Frank Ocean, Stevie Wonder, Björk. Des artistes incroyables.

Qu’est-ce que vous recherchez systématiquement quand vous écrivez une chanson ?
S : Une belle mélodie !
V : Créer quelque chose de spécial et d’unique qui reste en tête. Mais on est encore en plein apprentissage pour tenter de trouver la meilleure manière de faire les choses. Le plus important pour nous, c’est que les gens prennent du plaisir en nous écoutant.

Vous êtes à contre-courant des productions nordiques, habituellement plus sombres et plus froides. Comment l’expliquez-vous ?
V : On adore la musique funk. Stevie Wonder, Prince, D’Angelo. Michael Jackson.

Vous proposez une formule inédite entre pop-rock, soul et R’n’B. Quel a été le déclic de ce mélange ?
S : On a réussi ce mélange de manière très inconsciente. Ce n’est pas quelque chose qu’on avait intellectualisé. On est tous très curieux et on aime des choses très différentes les uns des autres, c’est sans doute pour cela qu’on réussit à créer un mélange assez unique.
V : On est un groupe mais en studio on est quatre individus, quatre musiciens et quatre producteurs qui essaient de créer quelque chose d’excitant.
S : Je pense que c’est ce qui rend notre musique si spéciale.

Vous pensez avoir trouvé votre style ?
V : Oui on l’espère.
S : Mais on commence à peine.

Que pensez-vous de la production pop actuelle ?
V : Il y a beaucoup de choses intéressantes.
S : Trop même !

La pop song parfaite ?
S et V : Elle n’est pas encore sortie, vous l’entendrez sur notre prochain EP (rires).

Comme c’est prétentieux (rires). En même temps, la presse française dit de vous que vous êtes en train d’inventer la pop de demain. Vous pensez être à la hauteur ?
V : Ca ne dépend pas que de nous (rires).
S : A vrai dire, on essaie de ne pas trop penser à tout ça. On a juste envie de faire la musique qu’on aime et tant mieux si les retours sont positifs.
V : On espère que les gens aimeront notre prochain EP. On a envie de faire de la bonne musique et de progresser toujours plus, si on le peut.

Votre ambition personnelle ?
V : On a envie de porter le projet le plus loin possible, évidemment. Je profite à fond de ce qu’on vit aujourd’hui, mais j’espère que dans un an ou deux, on aura pris de la valeur. On a très envie de sortir un album et on espère se bonifier avec le temps.

Quelques mois après avoir signé avec un label danois, vous êtes débauchés par le label anglais XL sur la foi d’une dizaine de concerts. Est-ce que vous pensiez que le succès arriverait si vite ?
V : Je ne sais pas si on peut parler de succès quand on signe avec un label. C’est davantage une victoire personnelle. Ça nous encourage à nous concentrer encore plus sur ce qu’on fait.
S : Ça nous permet aussi de toucher un public plus large. On est très fiers d’avoir rejoint un label comme XL. C’est ce qui pouvait nous arriver de mieux. On est fans des artistes qu’ils soutiennent. On a envie d’en tirer le meilleur. Les gens qui travaillent avec nous sont vraiment très sympas. Ils ont confiance en nous et ils nous laissent du temps pour composer nos morceaux. C’est important aujourd’hui dans une industrie où tout va très vite.
V : C’est d’autant plus important qu’on soit dans un label qui comprend où on veut emmener notre musique. Si on avait signé avec un autre label qui ne nous avait pas autant compris, ça aurait tué l’unité du groupe. Ils savent qu’on tient à notre indépendance et pour l’instant, on a envie de tout faire tout seul.
S : Il y a un respect mutuel, on sait qu’ils feront ce qu’il y a de mieux pour notre musique. Un label indépendant offre à l’artiste une certaine liberté, qu’on ne retrouverait pas forcément si on avait signé avec une major.

Une dédicace aux Paulette ?
V et S : Nous aimons les femmes et Paris, on aimerait beaucoup revenir ! On a joué deux fois à Paris et une fois à Nantes. Le public français est très spécial, vous êtes très ouverts, même quand vous n’avez rien entendu de tel !

LISS :: First EP
XL Recordings
Déjà disponible
Facebook: https://www.facebook.com/LISSLISSLISSLISSLISS
Soudcloud: https://soundcloud.com/liss

En concert le 23 juillet à Hyères (Midi Festival)

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