L’INDE EN QUATRE ROMANS

  Dans une autre vie, avant de tenir un blog, avant de dépenser ma paye dans les boutiques branchées et en pots avec des copines (j’exagère…), j’ai passé cinq mois en Inde, à m’occuper de personnes âgées.

L’Inde c’est une culture, riche, spirituelle, colorée, chaleureuse et déroutante… Découvrez-la en 4 romans !
Voici quelques livres qui vous permettront de mieux l’appréhender :

> L’Odeur de l’Inde de Pier Paolo Pasolini

En 1961, le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, se rend en Inde avec ses amis d’Alberto Moravia et d’Elsa Morante.

Dérouté, secoué par ce pays et cette culture si différents du nôtre, il entreprend alors de rédiger un petit carnet de voyage dans lequel il relate par petites touches, le chaos de l’Inde, sa misère, la dureté de la vie mais aussi sa générosité. Dans ce récit, on apprécie la disponibilité du cinéaste à la rencontre (il relate notamment son amitié avec un jeune Indien, qu’il tente de sortir de la rue) et à la spiritualité. Le style est réaliste, le regard incisif mais la réalité un peu dépassée : la population a plus que doublé, une grande majorité de la population ne souffre plus de sous-nutrition. Un témoignage intéressant cependant.

> L’Inde en héritage d’Abha Dawesar

Un roman cette fois qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui vit dans une petite chambre, coincée  entre les toilettes et le cabinet de médecins de ses parents. Solitaire, en proie aux crises de paludisme il regarde son entourage en observateur discret : ses parents qui triment pour gagner chichement de quoi manger, sa gentille cousine vendue en mariage au plus offrant, ses tantes qui complotent pour récupérer l’héritage du grand-père, etc. Plutôt que d’utiliser des prénoms, le petit garçon désigne les personnages par les défauts qui les caractérisent : Psoriasis, Camé raté, etc, dessinant en filigrane une société en proie à la corruption, la misère et la superstition.

Malgré son aspect subversif, L’Inde en héritage a été applaudi par la critique en Inde. Plus qu’un véritable roman (on peine parfois à s’intéresser à l’intrigue qui souffre de longueurs), ce récit est un portrait réaliste de l’Inde d’aujourd’hui, entre tradition et modernité.
 

> Compartiment pour dames de Anita Nair

Un beau jour, Akhila, une Indienne de 45 ans, célibataire et sans enfants, quitte Bangalore où elle vit avec sa sœur et son beau-frère et prend le train pour se rendre à Kanyakumari à l’extrêmité sud de l’Inde, à la croisée de l’océan Indien et de la mer d’Arabie. Dans le train, elle rencontre les 5 femmes avec lesquelles elle va partager une nuit dans ce "compartiment pour dames" : il y a Janaki qui aime son ami d’une tendresse amicale, Margaret Shanti le professeur de chimie ou encore la toute jeune Sheela d’à peine 14 ans.

Chacune son tour, elles se dévoilent et racontent leur quête de bonheur et de liberté. Au travers de leurs confidences – sur le célibat, la vie maritale, l’avortement, l’homosexualité – c’est aussi une réponse aux questions d’Akila qu’elles apportent : a-t-on besoin d’un homme pour être heureuse ? Comment devenir maître de son destin ? Ce roman, de facture classique, aborde des sujets lourds (le viol…) avec une émotion qui affleure doucement au travers d’une écriture fluide et classique.

> L’équilibre du monde de Rohinton Mistry

 
Dans l’express du matin, Ishvar et Omprakash, son neveu, rencontrent fortuitement Maneck, un jeune étudiant venu des montagnes pour suivre ses études en Inde. Ils découvrent qu’ils se rendent à la même adresse : chez Dina, la veuve, obligée  de louer sa chambre et de monter un atelier de confection clandestin pour vivre.

C’est là, dans ce petit atelier, qu’ils vont ensemble lutter pour la survie, se lier, s’apprivoiser, faire de nouvelles rencontres comme Shankar le cul-de-jatte, maltraité par le maître des mendiants… C’est un peu ce fourre-tout que l’auteur retrace dans son roman, au gré des flash-backs et des ellipses temporelles. Car ce roman, qui se dévore, est une fresque qui court sur plusieurs générations et qui retrace les grands enjeux de l’Inde contemporaine : les conflits religieux entre hindous et musulmans, le régime autoritaire d’Indira Gandhi, les campagnes de stérilisation massive, etc.

Au travers des péripéties tour à tour tristes et joyeuses de Ishvar et Omprakash, c’est donc tout un monde qu’on découvre, on rit, on pleure et on en ressort bouleversé : mon chouchou, à lire absolument !

Hélène
Une fille à Paris
 

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