LETTRE D’AMOUR ENFLAMMÉE

Chère Paulette,

Le jour de notre rencontre restera gravé dans ma mémoire, tu me regardais à travers la vitrine en te demandant si j’étais fait pour toi, je t’ai vu t’en aller te disant certainement que tu pouvais te passer de moi. Mais tu es revenue d’un pas franc et décidé, tu voulais me posséder. Je me suis senti exceptionnel.


Je t’accompagne partout, sans moi tu te sens perdue, tu es même parfois prête à revenir sur tes pas pour me récupérer, quitte à être en retard ! Mais quel soulagement quand nous nous retrouvons.

Je suis le seul capable de prendre soin de ce qui te tient à cœur au cas où tu en aurais besoin. J’aime voir ton expression quand tu me chatouilles, à la recherche d’un rouge à lèvres. Je ris quand tu ranges honteusement tous tes tickets de caisse et autres factures que tu froisses comme une boule de papier, mais ne soit pas gênée, je resterai muet.

Il y a aussi ces moments de rage où tu cherches sauvagement ton téléphone pour vérifier si Georges t’a appelé, et, s’il ne l’a pas fait, alors  tu jettes avec énervement ce pauvre portable dans mes entrailles, oubliant que je suis ton allié.

De temps en temps, nous décidons de faire le ménage, tu tries alors ces bouts de papiers, babioles et autres grigris que tu avais si bien disposés, et là, les souvenirs ou l’amnésie s’installent : tu ris, tu t’interroges, tu t’enrages en voyant le numéro d’un Georges griffonné sur une serviette en papier, puis tu pleures en regardant cette photo dont on ne distingue presque plus le visage.

Ce que je déteste entre nous ce sont ces après-midi pluvieux où tu me forces à aller au cinéma, tu me déposes alors négligemment par terre, près des pop-corn sales et autres sucreries piétinées. Mais je ne t’en tiens pas rigueur pour autant. Je ne t’en veux pas non plus de me négliger le temps d’une soirée pour un plus petit et plus beau que moi. Moi, je serai trop embarrassant.

Enfin, sache que j’apprécie quand tu me défends contre ceux qui essaieraient de troubler notre intimité -qu’ils soient connus ou inconnus- car je ne suis pas un objet, je suis une projection de toi.

Ton sac.

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