LESLIE, L’ALBUM DU TOURNANT

Michael Luppi pour Paulette Magazine

Il y a un peu plus de 10 ans, on découvrait la jeune Leslie sur M6, aux côtés de Laurent Boyer. Chanteuse R’n’b, elle a marqué l’adolescence de nombreuses Paulette avec ses tubes "Le bon choix", "On n’sait jamais" et "Sobri".
Aujourd’hui, elle revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, Les enfants de l’orage, et répond avec franchise à toutes nos questions –même celle sur ses fashion faux pas !
 
Paulette : Peux-tu nous parler un peu de ton enfance, de l’avant "Graines de stars" ?
Alors, je suis née au Mans et, à l’âge de 6 ans, je suis allée vivre à Libreville, au Gabon, puis au Togo. Je suis finalement revenue en France à l’âge de 14 ans. C’était assez dur pour moi, j’ai subi un gros choc culturel. Alors forcément, dès les premières semaines, j’ai cherché à me faire des amis Africains, j’avais l’impression qu’on avait les mêmes codes ! Mon meilleur ami de l’époque s’appelait Alvaro, il était Congolais. C’est lui qui m’a amenée pour la première fois à la MJC. Là bas, j’ai découvert la musique, le chant et j’ai fait mes premiers ateliers d’écriture  -dont un très drôle avec Oxmo Puccino !
 
"J’ai eu mon bac pendant que mon premier disque était dans les bacs"


En 2001, ton frère t’a inscrite à "Graines de Stars" contre ton grè et, pourtant, tu as gagné l’émission…
Oui, je ne voulais pas du tout participer à l’émission ! J’étais à fond dans ma période NTM, Assassin. Je pensais que participer à "Graines de Stars" ferait de moi une "vendue". Puis, mon frère m’a finalement convaincue de faire le concours, mais j’y suis allée juste pour lui faire plaisir ! Et puis tout est allé très vite, j’ai gagné l’émission et j’ai rapidement signé un contrat pour un premier album. Mais à l’époque, le producteur voulait que j’arrête mes études. Pour moi, il n’en était pas question ! J’ai tenu bon et, résultat, j’ai eu mon bac pendant que mon premier disque était dans les bacs (rires).  
 
Ton premier album, "Je suis et je resterai", a été disque d’or, le deuxième, "Mes couleurs", double disque d’or. Comment as-tu vécu cette période de gloire ?
Avec le recul, maintenant, je peux le dire, j’ai été hyper heureuse, et, en même temps, je n’ai pas vécu que des bons moments… J’adorais voyager, partir en tournée, prendre toutes les bonnes énergies sur scène mais l’envers du décor était très spécial. J’ai fait face à beaucoup d’affronts. Et puis ce n’était pas facile d’être autant sollicitée, j’avais l’impression de ne plus avoir de vie, d’être épiée de partout. J’étais jeune, je ne savais pas me protéger, c’est venu avec l’expérience mais j’ai eu une période assez dure psychologiquement.
 

Tu as ensuite fait plusieurs pauses entre tes différents albums mais, ce que l’on remarque, c’est cet attrait constant pour les Etats-Unis. Tu as notamment fait un duo avec un rappeur américain, Bobby Valentino, intitulé Accorde-moi.
C’est vrai que j’ai toujours aimé "l’American way of life" comme on dit. Les Américains n’ont pas peur de dire qu’ils gagnent de l’argent, de dire qu’ils aiment les belles choses. Là bas, on se pose beaucoup moins de questions ! Mais j’aime profondément la France même si, il est vrai, le premier clip de ce nouvel album est encore tourné aux Etats-Unis… Mais c’est parce que je voulais absolument travailler avec Mark Maggiori, un réalisateur de clips qui a collaboré avec Brigitte, Superbus, Lilly Wood & The Prick  et qui vit à L.A , j’étais donc obligée d’aller là-bas (rires).
 
"J’ai 28 ans et j’ai décidé d’arrêter les fautes de goût une bonne fois pour toute !"
 
Peux-tu d’ailleurs nous parler un peu de ce clip, très rétro dans l’esprit ?  
Je voulais un truc rétro effectivement mais aussi dans l’air du temps et qui corresponde à ma personnalité : donc chic, hyper féminin et un peu sexy. J’ai soumis l’idée à Mark de faire appel à des sosies afin d’insister sur le fait que la gloire est éphémère. Montrer une Marilyn Monroe un peu trash pour moi c’était montrer à quel point ce milieu est difficile et que les carrières sont faites de hauts et de bas. Ce clip est évidemment un peu autobiographique, je sais qu’un jour je peux être maudite et le lendemain adulée mais il faut relativiser.
 
On le voit bien, dans ce clip, ton style vestimentaire a évolué depuis tes débuts… Est-ce que l’on peut revenir sur tes casquettes et gavroches… ?
Ah ah, je serais une menteuse si je disais que je ne regrette pas ce que j’ai porté ! Mais aujourd’hui, je me considère comme une "vraie" femme. J’ai 28 ans et j’ai décidé d’arrêter les fautes de goût une bonne fois pour toute ! (Rires). Mieux vaut tard que jamais. Adieu les fashion flop !
 


Comment décrirais-tu la nouvelle Leslie ?  
Je considère que cet album est l’album du tournant, il représente vraiment la femme que je suis. Cette fois, je suis allée plus loin dans l’écriture. J’ai travaillé avec un auteur, Siméo, qui m’a fait dire des choses que je n’aurais pas dites autrement. Vocalement, j’ai aussi évolué, je chante davantage avec mes tripes qu’avec ma gorge.
 
Cet album, résolument pop, a été pensé pour la scène. Aurais-tu quelque chose derrière la tête ?
Oui, je suis en train de monter un band formé que de nanas ! J’ai envie que, sur scène, il n y ait que des filles : des batteuses, des guitaristes, des bassistes etc. Ce n’est pas facile mais ce sera le groupe avec qui je ferai la tournée, c’est sûr !
 
Pour finir, une dédicace à Paulette ?
À toutes les Paulette, j’espère que vous serez de la partie quand on sera sur scène, sinon vous raterez les nouvelles "Runaways" françaises. Et aussi, si vous voulez gagner du temps sur la vie et sur l’amour, lisez L’amour dure 3 ans de Beigbeder. Personnellement, il m’a fait relativiser des tas de choses…
 
LESLIE :: LES ENFANTS DE L’ORAGE
Sortie le 4 février 2013
 

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