LES RESTOS DE L’ANGOISSE

Récemment vous avez appris à ne plus vous faire berner : vous savez qu’un appartement "mignon et plein de cachet" est délabré, que la phrase "il faut qu’on fasse ça un de ces jours" est une façon polie de vous envoyer promener et que les soirées "entrée gratuite pour les filles" sont des guets-apens. Bref, vous avez grandi. Pour parfaire cette maturité, il ne vous reste plus qu’a connaître les indices pour repérer une arnaque culinaire.
 
Voici donc, en avant-première, la liste des signes avant-coureurs d’une belle escroquerie comme on les aime :
 
1 – LA BASE : les plats en photos
Ou pire… les plats en vitrine (sont-ils en plastique d’ailleurs ? Ont-ils été lyophilisés ? Vous ne voulez pas savoir.) Face à ce genre de situation, fuyez direct, on essaie clairement de vous prendre pour des billes, bien qu’il soit vrai que, parfois, les photos font à peine plus envie que les vrais plats. C’est la magie des plats pas photogéniques : ce qui est censé vous attirer est exactement ce qui doit vous faire fuir.  

 

2 – PLUS SUBTIL : la carte en plusieurs langues
Pratique quand vous arrivez à Prague et que vous vous rendez compte qu’en fait, le tchèque, ça ne s’apprend pas vraiment sur le tas… Oui mais NON.
 
La carte en plusieurs langues se traduit en français par "attrape-touristes": on vous voit arriver avec votre sourire benêt et votre appareil photo, et on se dit que ça vous donne le droit de manger n’importe quoi sous couvert d’un nom un peu local. Mais non ! Insurgez-vous ! Ne vous laissez pas faire ! Sus aux traducteurs de gastronomie ! Demandez aux gens du coin, du cru, ça sera toujours moins catastrophique.
 
Sinon, vous savez ce qui va se passer ? Vous n’allez dîner qu’en compagnie de pauvres âmes perdues et accrochées à leur guide, comme vous. Finie la rencontre avec le beau Marcello, qui vous attendait pourtant dans la petite trattoria qui ne payait pas de mine, 3 rues plus loin.

 

3 – PENIBLE : les noms de plats qui font trois lignes
Vous voyez, les intitulés à rallonge du style "mousseline de foie frais poêlé dans un pressé de légumes fumés et sa mousse légère de laitue biologique". Ca ne veut pas dire que c’est forcément mauvais, mais c’est tellement long que vous avez le temps de mourir d’hypoglycémie avant d’être arrivées à la fin du menu, ce qui n’est pas tout à fait le but de la manœuvre. En plus, la longueur de l’intitulé du plat est souvent inversement proportionnelle à la quantité dans les assiettes… (On ne va pas faire semblant, ça compte tout de même). Sauf si les étoiles Michelin brillent autour de vous, vous avez gagné le droit de reprendre votre veste et de trouver une adresse honnête et respectable.

 

 4 – FOURBE : Le resto typique qui n’en est en fait pas un
Tout était là : la charmante terrasse avec les loupiotes style guinguette, les nappes à carreaux, l’intérieur façon chalet savoyard où il ne manque que la cheminée… STOP ! On vérifie d’abord la carte avant de rentrer parce que proposer l’ensemble des spécialités de TOUTES les régions de France (ou de Navarre, ayons une vision globale), ce n’est pas normal.
 
Vous ne pouvez pas aller dans un resto qui propose une salade niçoise et de la choucroute, non madame, parce qu’il est où l’amour du produit là hein ? On veut bien suivre les tendances, goûter des saveurs étonnantes et surprendre nos papilles, mais il faut parfois accepter que le Café des Amis ne se soit pas encore mis à la cuisine fusion. L’an prochain peut-être ?
 
Attention ! : Ça marche aussi pour les spécialités exotiques, comme dans les restaurants chinois qui proposent des sushis. Et oui, "cuisine d’ailleurs" ça ne veut pas dire "de n’importe où".

 

5 – SOURNOIS : le resto qui sert tard, très tard
Et qui profite donc de votre fringale nocturne – due à un excès d’alcool, certainement. Alors, même si souvent vous avez l’impression de manger le meilleur kebab/hot-dog/burger de votre vie, le lendemain c’est la guerre dans l’estomac. Et puis il vous reste un goût amer : celui du regret. Car évidemment au réveil vous pensez "Pourquoi ai-je fait cela ? Pourquoi ne me suis-je pas respectée ? Quel est le sens de la vie ?"
 
On vous laisse les débats métaphysiques, mais si vous n’aimez pas particulièrement le fade, le sec ou le gras, rien ne vaut un plat de pâtes fait maison plutôt que de céder à la tentation de l’adresse spéciale noctambules.

 

6 – SADIQUE : le menu abordable
Youpi, on a dégoté un super resto, trop tendance, déco vintage, un menu de folie avec des plats qui font trop envie … ok mais, avez-vous bien lu la carte ? Parce que les suppléments à 4 euros sur 80\% des plats du menu, ça change tout les amis. Et puis l’état d’esprit Easyjet (pas cher au premier abord, mais la moindre option vous coûte un œil), merci bien mais non merci.
 
Alors mesdames et messieurs les restaurateurs, c’est quoi cette histoire ? Les prix d’appel, ça marche pour les voitures, les canapés et les voyages à la Barbade, pas pour nos dîners entre amis, nos soirées romantiques ou nos anniversaires arrosés. Non mais.

 

7 – IGNOBLE : Les restaurants qui jouent à fond la carte "girly"
Soit ils vous prennent pour des accros aux cupcakes, et vous inondent de rose Barbie, de paillettes et de chocolat (l’indigestion commence donc par les yeux), soit ils supposent que vous vous nourrissez de graines, auquel cas une micro-salade vous coûte un bras, et vous êtes bonne pour faire un stop chez les vendeurs de cupcakes histoire d’assouvir votre appétit (qui est normal, finalement). Dans tous les cas, on vous fait passez pour une greluche. N’hésitez donc pas à boycotter !

 

8 – INEVITABLE : le serveur mignon
Et oui, parce qu’on a toutes nos faiblesses, celui-là, nous n’avons pas pu l’esquiver. Il a des fossettes, un grand sourire et des cheveux qui brillent. Marche aussi pour les serveuses, car aucune étude n’a encore démontré l’aspect exclusivement masculin du problème.  Le pire dans tout ça : on compte bien y retourner, mais juste pour l’apéro cette fois. Chienne de vie.

 

L’article n’est pas exhaustif, il n’est pas très construit et certains ne le trouveront peut être même pas très drôle, mais si on a pu vous aider à démasquer quelques escrocs de la marmite, imposteurs de la spatule, ou filous des fourneaux : on aura tout gagné.
 
Allez, on se quitte en musique (c’est la tradition chez nous !)

 
>Retrouvez J’ai les crocs sur leur blog jailescrocs.wordpress.com


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