LES ÂMES SEULES

  "Mélococo, parle-nous de quelque chose qui t’inspire en ce moment. – Ce qui m’inspire en ce moment ? Bah ça risque de ne pas être joyeux, hein !

Dites les Paulette, un chagrin d’amour vous savez ce que c’est ? Bien sûr que vous le savez, on a toutes déjà vécu une rupture difficile, pas vrai ?

"Kikou ma belle. Sa va ? Ta paC de bone fêtes de fin d’année ? Kiss la miss." À cet instant, le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette fin d’année c’est : I-NOU-BLI-ABLE !

Minuit n’avait  pas encore sonné que mon Georges à moi tirait déjà la gueule dans la cuisine. À minuit, quand je le retrouve pour lui rouler le patin dont il se souviendra jusqu’en 2012, c’est deux vilaines bises que je récolte, une sur chaque joue, et pas une de plus. Son problème à Georges c’est qu’il a l’alcool mauvais comme on dit. Je vous passe les détails dignes d’un médiocre téléfilm de début d’après-midi sur M6.

Et puis, à partir du lundi 3 janvier, comme tu es une Paulette positive, tu considères que ta vie doit reprendre son cours à cet instant. Alors tu retournes au travail, l’air de rien, tout le monde trouve que t’es vachement forte comme fille, que tu tournes la page rapidement et facilement et que tu as du mérite. Tes copines te disent même qu’elles se sentent lâches à côté de toi.  Ça, c’est en apparence. Parce qu’à 24 ans t’es encore qu’une gamine mais tu commences à comprendre certaines choses. Par exemple, il n’y a pas plus pathétique que d’avoir la morve au nez en public.

La réalité ? Y’a pas une journée où t’as pas envie de fondre en larmes. D’ailleurs, une fois chez toi tu ne te prives pas. Parfois ça va. Mais tu sais qu’un rien peut te relancer. Ton cœur ? Tu le sens dégoulinant comme un Saint-Nectaire en plein soleil. Un Saint-Nectaire pré-mâché par un môme de 4 ans et recraché dans la foulée. Tes soirées ? Deux solutions : Tu sors et tu bois pour oublier ou tu restes dans ton canap’, ton profil Facebook sur les genoux et tu scroll down sur "plus de publications" pour relire tout ce que tu pouvais écrire comme stupidités quand tu étais heureuse. Dans les deux cas, ça finit toujours pareil : en larmes. Et tu pleures.

Tu écoutes de la musique. Tu pourrais écouter des choses gaies qui te donnent envie de remuer le popotin. Mais non. Tu choisis des chansons tristes, de préférence celles qui te rappellent des bons souvenirs. Comportement d’auto-destruction, il parait que c’est classique. Et tu pleures.

Et puis, un jour, tu entends "plok", c’est ton (ex) belle-sœur qui vient aux nouvelles sur Facebook. Et le simple fait de ne plus pouvoir lui dire "tagada pouët pouët y’a ton frère qui fait des roulés boulés sur la moquette" te fous le bad. Et tu pleures.

Ta mère ne trouve rien d’autre à te dire que "comment tu vas faire pour l’appart’?", "MAIS !!!! T’as pas de frigo du coup !!!!!" Et puis la mamie : "Bonne année ma chérie ! La santé et les amours hein." Pfff… Et tu pleures encore.

Le pire dans tout ça, c’est que tu sais que dans un mois tu pèteras la forme. Mais là tout de suite, tu crois que tu vas finir ta vie seule, avec ta crevette en bocal. Mais à 24 ans t’en as vu d’autres. Donc, au fond de toi, tu sais. Tu sais que d’ici peu, quelque part, y’aura un autre Georges qui te donnera des papillons dans le ventre, que tu seras pimpante et rayonnante, voire aussi hystérique qu’une nana de 19 ans dans un concert de rock. Tu le sais. Mais pour l’instant, place aux pleurnichements et bonsoir les lamentations.

Epilogue : je n’ai rien de dépressif. Si l’hystérique de 19 ans lis ça en rentrant d’un énième concert, elle le pensera certainement. C’est juste parce qu’elle est trop heureuse pour comprendre. C’est juste parce que, elle, en fermant cette fenêtre avec dédain, elle va retourner dans les bras de son Georges à elle.

Le sien. Celui que, moi, je veux. Celui que je n’aurais sans doute jamais dû laisser partir…

Retrouvez Mélody sur son blog : http://rockandlolcoco.blogspot.com/

 

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