LECH KOWALSKI : POUR UN CINÉMA EN GUERRE



Lech Kowalski est un cinéaste expérimental en lutte et en interrogation constante sur les conditions de représentation de cette lutte.

Après être sorti de l’École des Arts Visuels de New York puis avoir été l’assistant de Nam June Paik (entre autres), Lech Kowalski se lance dans une cartographie en images de la culture underground en partant des Sex Pistols pour arriver à un regard sur les tziganes ou les sans-abris, c’est-à-dire des groupes, des populations et des activités que le système médiatique officiel laisse généralement à ses marges.
Dans cette dynamique, depuis 2008 Kowalski, avec les boîtes de production et de distribution Capricci Films & Extinkt Films, a monté un site Internet : Camerawar.tv véritable "entreprise de guérilla visuelle" comme la décrit Nicole Brenez. Ce site propose un film en construction par l’interaction hebdomadaire du cinéaste et des internautes. Camerawar.tv est avant tout une réaction radicale à la "media crisis" décrite par Peter Watkins dans l’ouvrage éponyme.
 
Kowalski explique sur son site : "Les innombrables problématiques auxquelles nous sommes maintenant confrontés ne peuvent être traitées dans un documentaire "classique". Pour rendre compte de cette complexité dans une œuvre audiovisuelle, il est nécessaire d’inventer une nouvelle façon d’organiser le réel. La distribution en salle d’un tel projet serait impossible. Quant à la télévision, les entreprises complices de la crise en ont la main mise. D’où la création du site Internet camerawar.tv. De nouveaux "chapitres/films" sont mis en ligne chaque lundi sur le site. Chacun de ces "chapitres/films" est accompagné d’un blog ouvert à tout commentaire et/ou proposition audiovisuelle. En résonance de cette proposition audiovisuelle interactive, un long métrage sera écrit, réalisé et distribué en salle. Ainsi le site et le film se répondront, offrant au public une forme inédite de récit." 
 
La Cinémathèque française rend hommage à ce grand cinéaste des à-côtés culturels, politiques et sociaux en présentant une rétrospective de son travail. Cette rétrospective montre toute la diversité des champs et des formes qui nourrissent l’œuvre de Kowalski.

De D.O.A réalisé en 1981 sur la tournée américaine des Sex Pistols à On Hitler’s Highway en 2002, où le cinéaste suit à travers différentes rencontres l’autoroute construite par les Nazis menant à Auschwitz, en passant par une séance/performance exceptionnelle demain, vendredi 5 novembre, durant laquelle Kowalski proposera un mix en direct de sa prochaine réalisation intitulée : The End of the World Starts With a Lie.

Le cycle Kowalski nous fait ainsi entrer dans un univers multiple en mouvement permanent qui questionne avant tout le système de production et de diffusion audiovisuelle actuel.  

 

      LECH KOWALSKI
    The End of the World Starts With a Lie

    Le 5 novembre à 19h30

    La Cinémathèque française
    Retrouvez la présentation du cycle et le calendrier ici.

 
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