LE TRAJET INFERNAL

 
J’adore le ski. 

Non pas que je sois une pro de la glisse, mais j’adore la sensation, la vitesse, l’évasion que cela procure.  Je kiffe quand il fait beau temps au-dessus des cimes, ce bleu azur de folie à l’horizon, d’où se détachent les sommets enneigés des montagnes. Je surkiffe le régime-ski : raclette à la tome, au morbier, au fumé, les fondues et le vin chaud à la cannelle bien mérité à la fin de chaque journée. 

Vraiment, j’adore le ski. 

J’adore le ski depuis mon 1er  voyage de classe de neige en CM2, où j’ai décroché, pas peu fière, ma 1ere étoile. Aujourd’hui, je ne manque pas une occasion d’aller tâter de la poudreuse
Mais c’est vrai que partir au ski relève d’une certaine organisation, qui m’angoisse toujours un peu…
Entre la valise, le matos, le trajet compliqué… Lors de mon dernier trip aux Menuires, j’ai comme qui dirait fait  l’expérience de la loi du "t’as pas de bol, meuf".
Si, à l’aller, je n’ai eu aucun problème (il faut certainement remercier le facteur  "voyage en groupe" pour cela) au retour, c’était davantage "me against the world".
La preuve:
Partie tranquillou des Menuires le matin à 9h45, il a bien fallu que j’accélère le mouvement lorsque j’ai réalisé  que mon bus pour aller à la gare de Moutiers n’était pas à 10h30, comme je l’avais (MAL!) lu, mais à 10h ! Donc décollage en stress, prise de navette à 9h55 pour un trajet de 10 minutes vers la gare pour prendre le vrai bus. Heureusement que le chauffeur, sympa, a prévenu par talkie de retenir le bus pour moi.
 
Arrivée à Moutiers 45min plus tard, j’ai le temps de me poser avant mon TER à 11h28. J’achète un magazine de potins et de l’eau. Pour une fois, je suis dans un timing correct. Je tourne même -un peu- en rond.
Et une fois dans le TER (avec un trajet de plus de 3h pour gagner Lyon Part dieu), je me dis "mais il est où mon magazine?".  Ah ben oui, il est sur le comptoir du kiosque, là où je l’ai payé mais pas pris!  Normal quoi.
Bon allez, ce n’est pas grave. Je me fais les 3h30 de train sans trop de soucis et arrive à Lyon…où il fait un soleil de plomb et 70℃. Enfin, ça, c’est la version marseillaise, en français normal, ça ferait plutôt du 23 degrés et un ciel bleu. Sauf qu’avec ma doudoune de ski, que je peux difficilement retirer rapidement parce qu’elle s’enfile par le cou, et mon sac de voyage qui pèse une tonne (pourquoi ais-je amené trois paires de chaussures déjà ? Et un gros roman de Pancol que je n’ai même pas ouvert ?) plus un sac à dos qui pèse très lourd, ça fait presque 70℃, CQFD.
Bon. J’ai 40min à attendre à Lyon, je vais aller me chercher un Mc Do, au rez-de-chaussée du centre commercial de la Part Dieu.
Je me trimballe donc tout mon barda et pas de Mc Do. Non, en fait il est au niveau 1, au niveau rue donc, par là où je suis arrivée en fait !  Ah, c’est con. J’aurais pu m éviter de prendre les escalators et de faire tomber ma valise sur une dame qui n’avait rien demandé…
Au Mac Do, la caissière n’a pas l’air de bien comprendre le concept de Fast Food, notamment le mot Fast ! Je la préviens tout de même que j’ai un train à prendre et que ce serait chouette qu’elle puisse accélérer un peu le mouvement…
Je prends mon double cheese, me refais la traversée jusqu’à la gare, atteins mon quai, on time, non sans avoir racheté le même magazine que celui laissé à Moutiers. Et là, sur le quai, la Françoise Laborde de la SNCF prend la parole : "Le train est annoncé avec 30 minutes de retard environ".
 
De l’autre côté du quai, j’entends une voix nasillarde et un peu bizarre qui me fait penser à quelqu’un, je lève la tête : David du Loft. Mais si vous savez, l’auteur de cette sublime phrase "Les gens, tu les emmerdes avec un grand A". Passionnant n’est ce pas ?
 
Je m’apprête à manger mon cheese quand la madame reprend "Attention changement de voie, le train à destination pour Paris Gare de Lyon, départ initialement prévu à 15h04, partira voie A et non voie C".  Double fuck.
 
Il ne me reste plus qu’à reprendre la rampe.  Ou pas, car avec tous les gens qui vont dans le sens opposé, cela ne va pas être possible. Je n’ai plus qu’à prendre les escaliers, avec mes 2 tonnes et mon cheese tiède.  Et 10min plus tard, me voilà enfin dans le train, à manger mon cheese froid et à boire mon coca chaud… En route pour Paris !
Ps : Pour la petite histoire, je suis arrivée chez moi avec, à fond dans l’appart du dessus, "Je suis malade" chantée par Lara Fabian. Trajet #VDM. Vraiment.

>Retrouvez la chronique de Fleur sur son blog > http://ayelee.blogspot.fr/


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