LE SEXE AU CINÉMA : QUI SIMULE ?

Oui les Paulette, après avoir jalousé les débats passionnés des comédiens sur grand écran, nous sommes en doit de savoir qui a simulé ou non !

Mister Fassbender est il aussi “imposant” qu’il y paraît dans Shame ? Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos ont-elles réellement “goûté” aux plaisirs saphiques ? L’année 2013 a été prolifique en films mettant le sexe à l’honneur au travers de scènes souvent explicites. A cannes notamment, que ce soit la palme d’or de La vie d’Adèle, ou le prix de la mise en scène de L’Inconnu du lac, les scènes de sexe, toutes plus vraies que nature, ne manquaient pas à l’appel !
 
Et pourtant, le cinéma est l’art du simulacre et le sexe ne déroge que rarement à la règle. Les réalisateurs, maquilleurs et techniciens redoublent d’astuces pour rendre le tout aussi authentique que possible, mais ce sont tout particulièrement les monteurs (sans mauvais jeu de mot…) qui sont passés maître dans cette affaire !
 
“Au final, au-dessus de la ceinture, c’est la star, et en-dessous, la doublure. »

Lars Von Trier ne nous trahit qu’à demi-mot sur cette question là. En effet, dans son nouveau film sorti ce mois de janvier – tout comme dans Antichrist, le précedent film du sulfureux réalisateur danois – des acteurs pornos ont servis de doublure pour les gros plans lors des scènes d’ébats sexuels. Les comédiens simulaient donc bien l’acte, mais les images portées à l’écran étaient, elles, non simulées. Ce stratagème de montage permet donc au réalisateur d’avoir aussi bien des plans larges montrant les acteurs en pleine action, que des plans très serrés sur une anatomie qui n’est donc en réalité pas la leur. Comme l’a confirmé la productrice Louise Vesth : “Au final, au-dessus de la ceinture, ce sera la star, et en-dessous, la doublure. » Et on y croit dur !

En revanche, que ce soit pour Antichrist ou Nymphoniac, Charlotte Gainsbourg, elle, ne simule pas ses scènes de masturbations, répétées et appliquées, en solitaire ou avec l’aide de son partenaire à l’écran, Willem Dafoe.

Dans cet art là, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux se sont elles aussi distinguées cette année, dans le film qui créa l’événement La Vie d’Adèle. La polémique autour du film tournait essentiellement autour de ces scènes de sexes que les deux actrices ont révélé avoir vécues comme de la torture. L’intransigeance artistique d’Abdellatif Kechiche aurait rendu ces scènes interminables et extrêmement difficiles à tourner. Lors de la conférence de presse à Cannes, Léa Seydoux déclarait : “Ce que vous voyez à l’écran, nous l’avons fait”. Et elle ne mentait pas, à un subterfuge près. Abdellatif Kechiche a demandé au maquilleur Pierre Olivier Persin de confectionner des prothèses de vagins, moulées sur le sexe des deux actrices dans un souci d’authenticité (au cas où quelqu’un aurait souhaitait vérifier…), et repeints couleur chair.

Bien que rare dans le cas de l’anatomie féminine, le recours à des prothèses l’est moins quand il s’agit de capter la virilités de ces messieurs. Pour exemple, dans le dernier film de Leos Carax, Holy Motors, lorsque Denis Lavant entraine Eva Mendes dans les égoûts, il est alors armé d’une prothèse de pénis en érection. Mais rassurons-nous les Paulette, dans le cas de Michael Fassbender dans Shame, il n’est affublé d’aucune prothèse lorsqu’il dévoile son impressionant atout dans la scène finale du film.

“Sexe oral et éjaculations non simulées sont bel et bien au programme”

Côté authenticité, reconnaissons au thriller gay d’Alain Guiraudie L’Inconnu du lac, tous ces mérites. Les scènes d’amour entre les deux héros du films, interprétés par Pierre Deladonchamps et Christophe Pao, sont entièrement non simulées. Même si les séquences les plus explicites ont été supprimées de la version diffusée sur grand écran, sexe oral et éjaculations restent au programme.

Une volonté du réalisateur de confronter à lécran  “l’émotion amoureuse et l’obscénité du sexe”.

Sur la question du sexe donc, les réalisateurs misent de plus en plus sur l’authenticité, repoussant à chaque fois un peu plus les limites de la censure en revendiquant une esthétique réaliste. L’art est long disait Hippocrate…
 
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