LE RAPPORT TEMPS-INVESTISSEMENT SELON GEORGES

Illustration, Da Coffee Time 

Dans un livre de science-fiction, dont j’ai complètement oublié le titre, il y a une ville divisée en deux quartiers bien distincts : les hommes et les femmes.

Le quartier des hommes conprend la ville-basse, peuplée de tripots et de bordels louches et la ville-haute, remplie de riches qui se prélassent sans se soucier du sort de ceux qui vivent sous leurs pieds. Un grillage de barbelés sépare les deux.

Le quartier des femmes, lui, est un modèle de démocratie : les riches côtoient les pauvres et un système de fonds publics votés au scrutin permet à tout le monde, selon ses moyens, de se fournir à peu près équitablement en denrées de première nécessité.


> En quoi consiste la mode masculine ?
C’est la même distinction qu’il existe en mode masculine et en mode féminine. La mode féminine propose une offre tellement pléthorique que tout le monde y trouve son compte. Une robe en liberty chez Cacharel ? On trouvera quasiment la même dans un multimarques à exactement 1/100e du prix.
En mode masculine, c’est assez simple. Il y a l’offre de prêt-à-porter (Zara, H&M, Jules, Devred & co) qui produit avec la régularité d’un lapin boulimique une sélection de vêtements douteux, tant  du point de vue de la coupe que des matières et des textures. Et une offre créateur, à des prix qui ne sont pas à la portée du premier venu, même si les matières, coupes et textures dignes des maisons de luxe en font un investissement rentable. Rentrent dans cette catégorie des maisons comme Melinda Gloss, Bellerose, Filippa K, Acne ou encore Wings & Horns.
Au milieu, dans les "méandres du rien", on trouve 2 ou 3 e-shops avec leur propre marque qui proposent des rapports qualité-prix intéressants (Asos ou Topman), et la mode dite "Sentier" (The Kooples, Zadig&Voltaire…), parce qu’elle vend des pièces d’une qualité à peine supérieure au prêt-à-porter classique mais à des quasi-prix de créateur.

> Et là, Georges, tu te dis : "Certes, mais tout le monde ne peut pas mettre 300 € dans une veste !"
Entièrement d’accord avec toi. Maintenant, considérons que 300 € est le prix d’une veste The Kooples, mais qui, après 3 lavages, ressemble plus à un treillis de la guerre d’Algérie fripé qu’à la veste aux revers étroits et au cintrage sympa qui t’a fait craquer.

Avec 50 € de plus, tu t’offres une jolie veste Melinda Gloss avec des boutonnières ouvertes, des matières sélectionnées avec soin, un cintrage qui reste marqué même quand tu ouvres les pans de ta veste et des boutons en corne (et pas des têtes de mort en laiton). Rien à voir.


> Choisir le bon rapport qualité-prix
Un jean Zara ou Celio, mal coupé, avec un délavage fait à la va-vite à l’eau de javel et des fesses qui tombent , coûte environ 50 € et tient à peu près trois mois. Quatre, dans le meilleur des cas, avec un usage moins intensif. Un jean chez APC, avec une forme parfaite, en toile japonaise avec un délavage qui se fera avec ta morphologie et pas à la machine à laver, coûte environ 125 € et dure trois ans. On peut facilement aller jusqu’à quatre ou cinq en le portant de manière alternée avec d’autres jeans.

 
Pour résumer en dépensant 50 € pour un jean qui dure 3 mois, cela fait une dépense moyenne de 15 € par mois.
 Par contre, en dépensant 125 € pour un jean qui dure 36 mois, cela fait une dépense de 3,50 € par mois, avec, en prime, une meilleure coupe, une toile d’une qualité sans équivalent, et aspect général du jean qui te sublime la jambe au lieu de te la transformer en jambonneau vaguement bleuâtre.
 
> Le bon choix
Le calcul est donc vite fait. C’est un terme bien connu de ceux qui font du marketing : le rapport temps-investissement. C’est la ligne directrice que je suivrai tout au long de cette chronique que j’inaugure chez Paulette. Je vous ferai acheter moins mais un petit peu plus cher, et, surtout, mieux. Je vous parlerai également de techniques plus concrètes, de constructions de style, par l’assemblage raisonné de matières, de coupes et de couleurs.
Les anecdotes pointues, comme la différence entre une épaule napolitaine et une épaule anglaise sur une veste de costume, qui n’intéressent objectivement qu’une poignée de gens, je les laisse à certains de mes confrères qui font ça mieux que moi.
En bref les Georges, je vous ferai une approche concrète et pratique du style. Pas de la mode.
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *