LE HOBBIT EST DE RETOUR


Cette semaine dans les salles obscures, d’étranges créatures viennent reprendre possession de nos écrans. Des retrouvailles longtemps attendues par certains fans de la trilogie du Seigneur des Anneaux et de l’univers de Tolkien, gros plan sur le film événement de la semaine : Le Hobbit, Un voyage inattendu.

Depuis le dernier opus de la trilogie du Seigneur des Anneaux (Le retour du Roi), le réalisateur oscarisé, grand maître du genre fantasy pour bon nombre de ses fans, n’avait plus touché à l’œuvre de Tolkien. Il aura fallu presque dix années à Peter Jackson pour raviver la flamme et signer son grand retour en force sur sa terre de prédilection, la Terre du Milieu. Une stratégie payante, secouant la toile à grand coups d’une inépuisable promotion virale, alléchant ses futurs spectateurs d’images inédites durant des mois, l’attente a su attiser la curiosité et ce nouveau film flaire déjà bon le succès. Indéniablement annoncé comme l’événement de cette fin d’année 2012, Peter Jackson, grand marathonien de son art, annonce la couleur et vient bousculer l’essoufflement.

Avec Le Hobbit, premier volet de cette nouvelle trilogie, Peter Jackson remonte le temps et nous invite à le suivre 60 ans auparavant. Coup de poker ou coup de génie, le réalisateur nous embarque à nouveau dans une aventure extravagante à souhait. Adaptation d’un célèbre livre pour enfants (Le Hobbit, L’histoire d’un aller-retour, de Tolkien également) et prequel de la saga précédente (ndlr : la partie initiale du Seigneurs des Anneaux), le film s’ouvre vers de nouvelles quêtes et emprunte la voix des révélations. Le Hobbit vient ainsi éclaircir les zones d’ombres et plonge sans masque dans sa portée originelle. Celle d’un conte enfantin, en omettant peut-être à regret, de rétablir la profondeur synonyme, la noirceur relative à la trilogie du Seigneur des Anneaux.

 
"Peter Jackson se joue de son genre fétiche pour stimuler et arroser généreusement la graine d’enfant qui sommeille en chacun de nous"
Le ton est donné, Le Hobbit se manifeste comme les prémices d’un triptyque plus accessible, une introduction régressive. Peter Jackson se joue de son genre fétiche pour stimuler et arroser généreusement la graine d’enfant qui sommeille en chacun de nous. Le film retrace l’histoire de Bilbon Sacquet, hobbit connu dans la trilogie précédente et oncle de Frodon. Au commencement, nous retrouvons Bilbon, vieil homme, s’affairant à relater ses mémoires et souvenirs dans un manuscrit destiné à son neveu. Ses écrits constitueront la source même de l’odyssée dans laquelle nous nous trouvons propulsés. Un saut dans le passé au gré de l’encre écoulée, quand Bilbon, alors jeune hobbit, s’apprête à vivre la plus incroyable et décisive aventure de sa vie.

Désigné par le magicien Gandalf le Gris pour rejoindre une bande de treize nains, Bilbon va devoir revoir ses habitudes. Vivant dans un trou de hobbit bien douillet, entre confort et maniaquerie, Bilbon va passer d’une vie routinière et rassurante à une virée rythmée et dangereuse. Ce périple ayant pour finalité de reconquérir le royaume perdu des Nains d’Erebor et de l’arracher des mains d’un redoutable dragon Smaug. Une quête peu commune pour un hobbit peu intrépide. Mais la joyeuse troupe s’engage fidèlement à prendre la route et à maintenir son cap. Cap qui les mènera vers l’Est où Gobelins, Orques, Araignées géantes, sorciers et tant d’autres, les attendent. L’affrontement semble inévitable pour nos guerriers, un itinéraire regorgeant des plus sombres créatures, dont celle qui changera à jamais le destin de Bilbon: Gollum, célèbre schizophrène devant l’éternel, et son précieux.

 

Visuellement, Le Hobbit jouit d’une technique irréprochable, l’utilisation de la 3D est réussit, les moyens déployés sont dantesques. La direction artistique et l’esthétisme émanant de chaque plan dépasse les attentes et convient même à surpasser la trilogie précédente. Le Hobbit s’avère un vrai régal pour nos mirettes, littéralement éblouies devant une si singulière et pourtant si familière prestation. Mais le charme se brise de longueurs pompeuses servant à poser des bases et d’une structure n’ayant cesse d’exposer une rivalité alternante, toujours entre calme et tempête.
"Le Hobbit révèle un reflet nouveau du potentiel de Peter Jackson" 
 
Peter Jackson ayant volontairement choisit son camps, préférant planter sa tente tel un scout, semble s’épanouir d’un monde où l’imaginaire enfantin l’emporte. Le bestiaire devient ainsi moins effrayant, moins crapuleux, la peur cède volontiers sa place au risible. Un clin d’œil adolescent probant aux films de genre horreur/série B, pour lesquels Peter Jackson a toujours eu une affection particulière puisqu’il a lui même débuté sa carrière en s’y exerçant (Braindead).
Le Hobbit révèle un reflet nouveau du potentiel de Peter Jackson, qui, avec des acquis certains s’entache à réécrire l’indissociable. Deux trilogies parallèles qui se veulent différentes mais qui convergent à travers une convenance insolente. Une façon sûrement de venir titiller notre curiosité. Car si Le Hobbit compte de nombreux défauts et use à tort d’un classicisme parfois oppressant, si le sort de cette nouvelle trilogie et son empreinte laissent constamment à penser à l’ancienne, une chose est sûre, la suite est attendue. Et si le voyage de Bilbon lui ne l’était pas, la voix embrassée  par Peter Jackson dans ce nouveau film savait pertinemment qu’on céderait à ses avances, à l’idée de ne pas en rester sur notre faim. 
 
> Le Hobbit, un voyage inattendu,
de Peter Jackson


Sortie le 12 décembre 
 
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