LE DRIPSTICK, L’ACCESSOIRE POUR L’AFTER-SEX QUI RETOURNE TIKTOK

Quel est cet accessoire qui fait parler la Gen Z sur les réseaux sociaux ? Trois mots : éponge à sperme. En vente sur un site web américain, elle permet de rendre l’after-sex moins contraignant. Mais est-ce une si bonne idée que cela ?

Sur le papier, ça peut étonner. En fait, quand on y réfléchit quelques minutes, ce n’est pas si étrange. Toute personne dotée d’un vagin ou d’un anus et n’utilisant pas de préservatif vous le diront : lorsque les fluides ressortent du corps, ce n’est pas très glamour. Et c’est même plutôt contraignant. Alors, la société Awkward Essentials crée le « dripstick ». D’abord dubitatif·ve·s, chez Paulette on a décidé de se pencher sur ce nouveau petit accessoire.

Un tampon pour l’after-sex

Vous connaissez surement ce moment délicat, juste après l’amour, lorsqu’il faut s’extirper du lit, mains entre les jambes ou culotte maladroitement remise. Un instant où l’on doit se contorsionner pour éviter de tâcher les draps, les sous-vêtements ou même carrément, le sol. Et ça se conclut souvent seul·e, en « p’tite-douche-de-2h-du-mat’ » ou bien en « pause pipi » les yeux mi-clos. Du coup, cet accessoire peut sembler plutôt révolutionnaire. En fait, on se demande même pourquoi personne n’y avait pensé avant. Attention, ce tampon n’est pas un contraceptif !

Comment ça marche ?

Comme l’explique l’une des employées de la start-up à l’origine du produit sur une vidéo TikTok, c’est un simple petit bâton à enfoncer délicatement dans le vagin après le rapport. « Il suffit de l’insérer [dans le vagin], de la faire tourner un peu si vous le souhaitez – c’est vous qui voyez – puis de la retirer », explique la femme aux internautes. Le site web le vend en plusieurs packs. Ce « post-sex bff », comme l’appellent ses créateurs, serait conçu à partir de polyuréthane « de qualité médicale ». Il est également utilisé dans la conception de certains préservatifs sans latex et ne contient pas d’additifs. Pas d’odeur, de couleur ou de produits particuliers. Sa fonction se limite à absorber immédiatement les fluides du vagin après l’acte (à la différence d’un tampon hygiénique qui absorbe et se remplit sur du long terme).

@awkwardessentials

Reply to @twistedscissors0110 tampons are cotton, dripstick is a sponge... it’s made to absorb those thicc liquids fast ##science ##fyp

♬ Astronaut In The Ocean - Masked Wolf

Des avis plutôt positifs

Les commentaires sur le site Akward Essentials sont élogieux et très positifs. À ce jour, 878 commentaires et une note de 4,6 sur 5 par les utilisateur·ice·s. On peut y lire par exemple : « Beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais ! » ; « Ces sticks sont vraiment une idée de génie » ; « J’adore le fait que ce soit conçu par des femmes pour des femmes ! ». Pour ce qui est des professionnel·le·s et expert·e·s en gynécologie et anatomie, les avis sont moins tranchés. Certain·e·s sont plutôt sceptiques, voire même navré·e·s de cette invention. Nous avons interrogé Anne Kuntziger, gynécologue et obstétricienne. Selon elle, le vagin reste un autonettoyant. Ainsi, cet accessoire ne présente pas grand intérêt d’un point de vue physiologique.

Mets ta main, ça coule !

« Cela semble inoffensif et l’idée est intéressante. Cependant, il faudrait connaître le degré d’absorption. Si la flore vaginale disparaît en même temps que le sperme, même temporairement, elle pourrait être déséquilibrée. Cela favoriserait alors une mycose ou une vaginose par exemple », nous explique-t-elle. Quant à Manon Maugard, infirmière, elle indique que « le phénomène du dripstick semble extrêmement récent, il n’existe pas d’étude à ce propos. Nous n’avons pas encore de recul pour statuer de l’innocuité ou de l’intérêt de cette pratique ».

A noter enfin que le dripstick permet d’éviter les petites fuites contraignantes mais pas les grossesses ou les infections urinaires ! Alors, on n’oublie pas d’utiliser un contraceptif (sauf si vous souhaitez mettre au monde un heureux évènement, bien entendu) et d’uriner après l’acte…

Finalement, un produit pas essentiel mais qui ne serait pas forcément dangereux. Libre à vous de l’essayer sans crainte, si vous n’avez pas une flore sensible. Vous nous en direz des nouvelles !

Article de Margot Hinry

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