LE DIAMANT VERT : FESTIVAL GREEN DANS LE CANTAL

Dans la tête de nombreux mélomanes, participer à un festival de musique est un rituel nécessaire pour garantir un bel été. Mais lorsqu’on souhaite allier le calme, la verdure et la baignade à l’euphorie des concerts, rares sont les évènements qui proposent une telle atmosphère dans les métropoles.

 
Les 28 et 29 août prochains, la première édition du Diamant Vert devrait satisfaire les amoureux de la nature et de la musique. Au bord d’un lac niché entre les montagnes auvergnates, le festival proposent un line-up avec onze groupes parisiens ou locaux de psyché, électro ou rap, ainsi que des artistes de land-art. La brillante initiative vient du collectif Blaster Blaster, menés par trois jeunes de la région : Anna Gaillard, Louise Manhes et Théophile Reygade. Assises sous un des nombreux hêtres du lieu, les organisatrices nous ont parlé de leur projet.
 
Paulette : Nous voilà sur le site de l’évènement bordé par des prés à perte de vue et des montagnes, avec la forte envie de piquer une tête dans le petit lac. Parlez-nous un peu de cet endroit, comment le connaissez-vous ?
Louise : Je le connais car mon grand-père habite tout près. Le lieu appartient aux deux communes environnantes. C’est un lac artificiel créé pour les habitants du coin depuis plusieurs années.
Anna : L’endroit est idéal pour créer un festival je trouve, et plus particulièrement pour chiller avec ses potes.
 
D’où le nom du festival !
Anna : Exactement, on a voulu mettre en avant principalement notre région et prouver à quel point le Cantal c’est vraiment chouette ! Pour s’y rendre, il suffit de descendre une longue route sinueuse avant d’en prendre plein les yeux.

Paulette : Comment est-né le projet ? Quelle était votre idée de base ?
Anna : On aime trop faire la fête et le bricolage du coup on s’est dit qu’on pourrait faire les choses en grand ! C’est un bébé festival, pas vraiment d’espace presse, juste des copains bénévoles, de la musique et de la bière ! On veut vraiment privilégier l’esprit cocoon. On a créé l’association en septembre dernier et tout est allé très vite.
Louise : On ne se souvient même pas du moment où on a eu l’idée, ça fait trop longtemps qu’elle trotte dans notre tête. On avait remarqué que, bien qu’une grande partie des cantaliens quittent la région pour les métropoles après l’obtention du Bac, tout le monde adore revenir pour décompresser et faire la fête dans le Cantal. L’idée c’était de donner une bonne raison aux jeunes de venir découvrir notre coin. Et même si c’est enclavé et peu desservi en transports ferrés. J’ai l’impression qu’un festival en région est un peu moins compliqué à organiser qu’à Paris. Les réseaux se rejoignent facilement. On a pas mal de points de chute et de copains partout en France pour nous aider à faire de la publicité.


 
C’est quoi le programme du weekend alors ?
Louise : En fait le festival démarre dès le début du mois d’août au travers plusieurs activités manuelles afin d’installer des oeuvres de land-art. On va également recevoir à plusieurs reprises des enfants d’un centre aéré pour leur faire faire des travaux manuels – des origamis, la construction d’un radeau, des pochoirs…- qui seront exposés sur place. Mais sinon l’évènement en soit débute le vendredi soir dès 19h30 pour une suite de concerts et dj set jusqu’à 2h du matin. Tandis que le lendemain, ils se termineront à 5h du matin. Toute la journée est destinée à la baignade, le chill et à des activités diverses en plein air pour les enfants. De la musique sera diffusée dès 14h.
Anna : A la buvette, les gens pourront déguster des bières artisanales, du vin et peut-être même du champagne, en échange de tickets vendus à l’entrée à moindre coût. Il y aura également un food truck la journée et un boulanger le matin. Il y a aussi des barbecues sur place, si les gens veulent se faire griller quelques saucisses ! Le pré voisin est destiné au camping pour les deux soirées, comme ça tout est à proximité. On pourra vraiment faire ce qu’on veut, se faire maquiller, jouer à la pétanque, bronzer…
 
Vous bénéficiez de nombreux bénévoles, sponsors et aides locales. Comment une bande de trois jeunes d’environ 25 ans peut réussir à lancer un festival sans investir plus de 1000 euros chacun ?
Anna : On a investi une mini somme de départ, et très vite de nombreuses personnes ont voulu nous épauler. Et notamment le personnel du Love mi Tendeur (studio d’enregistrement situé à Aurillac) en terme d’organisation, de régie, de technique. Ils sont vraiment géniaux avec nous. Depuis qu’on est ados on va voir les concerts qu’ils organisent et, à présent, ils nous apprennent le métier. Au final on se retrouve avec une quarantaine de copains volontaires pour nous filer un coup de main tout le long du festival.
Louise : On a très rapidement reçu du soutien financier par Vincent Descoeur, le président du Conseil Général de la région qui a immédiatement adoré notre projet, le lieu, etc. C’était une chance car à Aurillac il y a déjà un festival de très grande ampleur qui monopolise la majeure partie du budget culturel – le festival international du Théâtre de Rue. On a rapidement été mis en confiance donc ça s’est vite enchainé avec l’arrivée de partenariats comme AuverBoost et quelques marques locales. Et il y a aussi le KissKissBankBank ! On même été sélectionné en tant que projet coup de coeur.
 
Et du coup les artistes ont accepté de ne pas être rémunérés ?
Anna : On n’a clairement pas de sous pour les payer, à part le salaire minimum légal en tant qu’intermittent, mais on compte les chouchouter tout le weekend. Ils seront logés dans les environs, nourris et alcoolisés à leur souhait ! C’est formidable qu’ils aient accepté le deal, on le reconnait.
 
Comment les avez-vous connu ?
Anna : Ce sont principalement des groupes qu’on a vu joué pour des premières parties. Des artistes qui tournent pas mal. On leur a naïvement envoyé des mails par Facebook, et ils nous ont tous rapidement répondu, à notre grand étonnement. J’ai envoyé un MP au leader de Mawimbi et il m’a répondu “ouais grave” alors que j’étais persuadée qu’il n’accepterait pas de se déplacer.
Louise : Je connaissais personnellement Moonsters mais pour les autres, on y a été au culot. On leur avait également envoyé un dossier explicatif du festival, et j’imagine qu’ils ont été séduits par l’idée.


 
Et concernant les artistes de land-art ?
Louise : Un peu par hasard, suite à des rencontres fortuites à Paris ou ailleurs, des amis de nos parents. Même le père de Théophile va présenter quelques travaux. Des étudiants d’archi préparent une oeuvre pendant un workshop qui aura lieu mi-aout. On en a contacté certains par internet aussi.
Bien que l’idée d’un bain de minuit soit tentante, ça ne vous fait pas trop peur l’idée du plan d’eau en pleine nuit ?
Anna : On s’est renseignés auprès de la préfecture et des membres de la protection civile seront là, ainsi que des amis rugbymen du Stade Aurillacois, costauds et sympas, juste en cas de débordements. C’est cool parce qu’eux mêmes sont super contents de faire ça pour nous. Mais de toute façon le mot d’ordre, c’est la fête avant tout.
Louise : Par rapport au plan d’eau, on va faire appel à des maitres nageurs pour l’après-midi. Mais à partir de 20h cette partie là sera barricadée, pour privilégier l’espace réservée à la scène et toute personne qui souhaite s’y rendre malgré tout sera tenu responsable de ses actes.
 
Vous aviez des expériences professionelles dans des structures locales, des festivals ou concerts ?
Louise : Non pas du tout pour ma part. C’est un défi qu’on s’est lancé, et puis on s’est dit que si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais. J’ai tout appris sur le moment, pareil pour Théophile qui s’occupe de la logistique en autodidacte. C’est également lui qui a dessiné la structure et le plan du festival puisqu’il est architecte de métier. Mais on a reçu des filons par un grand nombre personnes locales et des gens qui nous ont vu grandir.
Anna : J’ai fait pleins de stages dans des festivals – Midi festival, Europavox, Rock en Seine…- en tant qu’assistante du chargé de production. Donc j’ai pu me rendre compte de la charge de travail. Ça ne nous fait pas vraiment peur en fait. Et puis on essaye de travailler un maximum à trois, et notamment pour la programmation musicale qui est née selon les découvertes de chacun.
Anna : J’ai amené ma grand-mère sur le lieu et elle m’a dit qu’on était complètement fous ! Nos familles stressent pour nous, mais nous, on essaye de ne pas trop le montrer. Car évidemment on a tous des craintes et des appréhensions.
 
Cette première édition va vous servir de test, de première expérience à perfectionner et étoffer d’année en année. Quel est votre objectif pour l’année prochaine ?
Anna : Payer les artistes ! C’est la priorité et notre seule chance de recevoir des groupes encore plus connus.
Louise : Pouvoir rémunérer une tête d’affiche, ce serait vraiment l’idéal. Et du coup, on pourrait disposer d’un plus grands nombre de partenaires. C’est une suite logique.
 
Lien vers la levée de fonds Kisskissbankbank : http://www.kisskissbankbank.com/festival-le-diamant-vert
 
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