LE CINEMIX DU 4 AVRIL

 

Cette semaine, un bon cru cinématographique, quatre films qui devraient contenter les papilles des Paulette enivrées de diversité.
 
> Le coup de cœur de la semaine
 
POUR LUI, de Andreas Dresen ♥♥♥♥
 
Récompensé à Cannes en mai dernier par le Prix Un Certain Regard,  Pour lui raconte la fin de vie d’un homme de quarante ans atteint d’un cancer au cerveau et le quotidien ébranlé de sa famille l’entourant de son amour inconditionnel. Ce sujet très dur pourrait en effrayer voire détourner certains, se confronter à la déchéance physique se révèle éprouvant à voir. Pour autant, on ne se sent pas pris au piège, car le réalisateur convoquela pudeur, il ne tombe jamais dans le voyeurisme, et a su insuffler des moments de respiration dans son film. Les comédiens sont excellents ; les enfants au naturel saisissant, la mère dans le don absolu d’elle-même, et bien sûr Milan Pecshel, le père, totalement investi et remarquable dans toutes les étapes de la maladie. D’une précision et justesse implacables, Pour lui a été tourné en lumière naturelle, privilégiant l’improvisation dans les dialogues, bien que cela ne se ressente pas à sa vision, et faisant appel à des non professionnels pour les rôles de médecins. Très réalistes, certaines scènes semblent en effet quasi documentaires. Par sa vérité des situations, et l’humour n’est pas exempt, par sa force émotionnelle intense, la dernière étreinte amoureuse du couple est d’une beauté rare, le film de Andreas Dresen bouleverse, longtemps.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui n’aiment pas la tiédeur.
 
> Les autres sorties de la semaine
 
À MOI SEULE, de Frédéric Videau ♥♥♥
 
Après huit années d’enfermement, la jeune Gaëlle est libérée par son ravisseur, c’est d’ailleurs ainsi que le film s’ouvre. Elle doit alors découvrir le monde et se réapproprier sa nouvelle existence, elle qui a eu pour seul univers cet homme – et réciproquement.
 
Si le film s’inspire de l’histoire de Natascha Kampusch, le réalisateur s’intéresse cependant à la relation complexe qui lie ses deux protagonistes et le retour à la liberté, avec ses difficultés intrinsèques.En cela,  À moi seule se veut très juste, sans tomber dans le jugement ou la facilité et cherchant à comprendre. Les deux comédiens principaux incarnent leur personnage avec talent, Reda Kateb entre douceur et violence et Agathe Bonitzer à la fois fragile et très forte. Ils sont soutenus par des seconds rôles qui s’imposent de suite à l’écran, comme Noémie Lvovsky, émouvante et une fois encore excellente, toute en sensibilité et finesse. Accompagné par la musique de Florent Marchet, légèrement déroutante, le récit mêle présent et passé, ses souvenirs de la réclusion, un mélange qui s’avère très équilibré, fluide et cohérent. Frédéric Videau réalise un film à la mise en scène sobre et nous invite à voir le portrait subtil d’une jeune fille qui parvient à accepter sa liberté.
 
Pour qui ? Pour les Paulette en résilience.
 
MY WEEK WITH MARILYN, de Simon Curtis ♥♥
 
L’été 1956, Marilyn Monroe se rend pour la première fois en Angleterre pour tourner Le Prince et la Danseuse, film qui ne restera pas dans les annales, mais marque la rencontre avec une autre légende du cinéma, et du théâtre, Sir Laurence Olivier lui-même. C’est durant cette parenthèse britannique que l’icône hollywoodienne la plus désirée entretient une amitié, une quasi romance, avec un jeune apprenti cinéaste de 23 ans, Colin Clark, qui devient son confident.
 
La presse anglo-saxonne a majoritairement bien reçu  My week with Marilyn, tirés des mémoires éponymes de Clark, bien qu’elle pointe les faiblesses du scénario, jugé sans nuances et superficiel. Elle encense unanimement la prestation de Michelle Williams, récompensée par un Golden Globe, qualifiée de brillante, à la palette émotionnelle riche, et qui a su habilement et intelligemment composer sa Marilyn Monroe, tant le personnage public, consciente de ce qu’elle représente, que le privé, d’une vulnérabilité à fleur de peau et dans une solitude immuable. On ne se trouverait donc pas face à un chef d’œuvre, si Simon Curtis a restitué justement l’époque, la réalisation déçoit, mais à un film qui demeure apparemment plaisant à voir, surtout, c’est là en effet que réside l’intérêt du film selon les critiques, pour la qualité de l’interprétation de Michelle Williams de ce mythe ultra glamour au destin tragique.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui préfèrent les blondes désaxées.
 
SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI, d’Alain Chabat ♥♥
 
En Palombie, un étrange animal à la fourrure jaune tâchée de noir se plairait à vivre en pleine jungle. Connu de tous, l’existence du mythique Marsupilami n’a pourtant jamais été vérifiée, si ce n’est par Pablito, guide touristique et roi de la débrouille, mais que personne ne croit. C’est sur cette terre jadis foulée que le reporter Dan Geraldo revient en quête d’un scoop. Les deux hommes se trouvent alors emportés dans une aventure jalonnée de péripéties.
 
Alain Chabat, lecteur de BD insatiable et éclairé, concrétise avec son quatrième long-métrage un projet qui lui tenait à cœur depuis sept ans. On apprécie l’univers coloré du film, personnages inclus, le plaisir enfantin dont il se nourrit et les petites fantaisies visuelles et sonores fidèles au style de l’ex-Nul. Lambert Wilson, dans un registre léger et un peu loufoque qui lui sied à merveille, offre un numéro digne des plus grands cabarets. Si certaines scènes, et certains gags, s’essoufflent parfois et que l’intrigue n’est pas exaltante, cette comédie d’aventure constitue un divertissement sympathique qui réjouira les petits, ils devraient fondre devant la bouille joviale et charmeuse du Marsupilami, et fera rire les plus âgés, pour peu qu’ils soient friands de l’humour décalé, absurde, de Chabat.
 
Pour qui ? Pour les Paulette Bricol’ Girls qui offrent des chewing-gums à Emile.
 
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