LE CINÉMIX DU 31 MAI


Cette semaine sur la toile, une joyeuse histoire d’intégration, la quête périlleuse de nos origines, le combat acharné de trois femmes et un couple rejoignant une communauté hippie. 

> Le coup de cœur de la semaine

 
ALMANYA, de Yasemin Samdereli ♥♥♥
 
Le jeune Cenk, six ans, ne sait pas s’il est turc ou allemand et ce questionnement le perturbe profondément. Sa cousine le réconforte alors en lui racontant l’histoire de son grand-père, immigré en Allemagne avec sa famille à la fin des années 60. Ce dernier prévoit par ailleurs d’emmener toute la famille en Turquie pour les vacances, où il a acheté une maison, et, tous ensemble, ils partent pour cette terre que certains ont dû abandonner et que les autres n’ont pas ou peu connue.
 
Co-écrit avec sa sœur, Yasemin Samdereli signe ici son premier long-métrage pour le cinéma, succès surprise de 2011 en Allemagne. Elles ont opté pour une fable, une comédie sans prétention néanmoins bien écrite, se jouant des clichés et des préjugés, à la réalisation et au montage efficaces. Le film navigue habilement entre présent et passé, explorant avec justesse les relations familiales et les réactions différemment vécues de ce déracinement et traitant avec légèreté et humour la question de l’identité et de l’immigration. Les images d’archives qui ponctuent le récit rappellesuccinctement le contexte historique, l’arrivée massive d’immigrés turcs à la demande de l’Allemagne pour répondre à son besoin de main d’œuvre. Pour illustrer la découverte de cette nouvelle langue et placer le spectateur dans la même situation, les scénaristes ont créé un langage allemand fictif, Chaplin l’avait fait dans Le Dictateur, un précédé amusant et convaincant. Les comédiens, dirigés avec talent, parviennent sans peine à faire exister leur personnage au sein de cette famille nombreuse qui fonctionne bien à l’écran.
Almanya est un joli film qui sait aussi émouvoir et son sujet devrait faire écho chez grand nombre de spectateurs.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui voient l’identité nationale comme un puzzle – pour citer la réalisatrice.
 
Les autres sorties de la semaine
 
PROMETHEUS, de Ridley Scott ♥♥♥
 
Après avoir trouvé un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre, une équipe de scientifiques débarque sur une planète située au fin fond de l’univers, un voyage interstellaire de deux ans sur le vaisseau Prometheus, pour mener à terme, pensent-ils, leur quête. Ils vont alors faire une découverte terrifiante qui pourrait anéantir la Terre.
 
Très attendu, Prometheus, sorte de prequel d’Alien, établit le lien avec le premier opus de la saga, qui se déroule trente ans après, en fin de film seulement. On en identifie cependant de nombreux comme, pour n’en citer que quelques uns, les caissons d’hypersommeil, le personnage de l’androïde, la compagnie Weyland ou encore la créature logée dans le ventre. Si parfois le scénario choisit la facilité, visuellement le film est une vraie réussite. La 3D, utilisée à bon escient, nous immerge parfaitement dans cet univers, les effets spéciaux sont sidérants et les décors admirables. Très à l’aise avec le genre, pour rappel il a réalisé Alien et Blade Runner, des perles de la science-fiction, Ridley Scott maîtrise son film de bout en bout et on embarque pour cette expédition dès les premières images. Nombreuses sont les scènes réellement impressionnantes, comme celle de l’intervention chirurgicale, d’une tension infaillible. Comptant à son générique une ribambelle de talents dont Idris Elba, Noomi Rapace et Michael Fassbender, excellent en androïde ambigu sur ses motivations, Prometheus est un film de science-fiction bien rythmé et de qualité.
   
Pour qui ? Les Paulette amatrices du genre.
 
LES FEMMES DU BUS 678, de Mohamed Diab ♥♥
 
Trois femmes égyptiennes de milieux différents, Fayza, Seba et Nelly, subissent harcèlement sexuel et agressions au quotidien, dans le bus ou en pleine rue. Elles s’unissent alors pour mieux se révolter et combattre ce fléau récurrent et tabou. Sur leurs traces, un inspecteur flegmatique et cynique chargé de découvrir ceux ou plutôt celles qui agitent ainsi la ville.
 
L’attrait majeur de ce premier long-métrage repose sur son sujet fort et rarement traité. Les abus que dénonce le réalisateur ont longtemps été impunis, il a en effet fallu attendre 2008 pour voir éclater le premier procès pour harcèlement sexuel en Egypte, fait divers dont se nourrit l’histoire de Nelly. Le film a par ailleurs rencontré un succès considérable à sa sortie, un mois avant la Révolution, et a déclenché un vaste débat. Les actrices toutes très investies dans leur rôle transmettent bien rage et détermination. Le personnage de l’inspecteur amène une dose d’humour et bienveillance et emmène également le film vers un autre genre, le policier. Un mélange de genres donc, mais qui soustrait en partieau film sa substance. S’il manquede subtilité et de maîtrise, que l’on ressent un certain relâchement, Les Femmes du Bus 678 révèle des moments poignants et sensibles et nous éclaire sur une situation endurée encore pour beaucoup en silence. 
 
Pour qui ? Les Paulette qui aiment les mises aux points féminines.
 
PEACE, LOVE ET PLUS SI AFFINITÉS, de David Wain ♥
 
George et Linda vivent une situation difficile, sans emploi, sans argent, ils doivent quitter New York. Sur le chemin qui les mènent chez le frère de George prêt à les accueillir, ils découvrent une communauté hippie un peu loufoque et décident de les rejoindre. Après une parenthèse enchantée, les divergences éclosent mettant le couple en péril. 
 
Cette comédie produite par Judd Apatow, roi de la comédie potache US, pâtit d’un scénario conjuguant prévisibilité et platitude. Il ne lésine pas non plus sur la caricature aux traits épais, mais ce qui dérange principalement ce sont les dialogues, ou les situations, qui ne font pas mouche. Si quelques répliques produisent l’esquisse d’un sourire, le film n’amuse pas. Jenifer Aniston et Paul Rudd peinent à former un couple intéressant tant il manque d’alchimie entre eux et si l’actrice possède un talent pour la comédie, l’acteur manque de charisme et de conviction, contrairement à Justin Theroux qui s’en tire plutôt bien en gourou de la communauté. Le genre de film où l’on rit plus au bêtisier en fin de générique que durant l’heure et demie passée à le regarder.      
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui se cherchent un autre guide que Raël.  

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