LE CINEMIX DU 27 JUIN


Cette semaine dans les salles obscures, on s’initie à l’art du whisky, on migre avec des animaux complètement givrés, on suit un jeune homme dans les dédales d’un bidonville et on se soigne dans une clinique carrément loufoque.
 
> Le coup de cœur de la semaine
 
LA PART DES ANGES, de Ken Loach ♥♥♥
 
La part des anges est l’histoire d’une seconde chance, celle offerte à Robbie, jeune délinquant déjà passé par la case prison. Jugé pour une bagarre, il se voit enjoint à effectuer des travaux d’intérêt général. Sous l’aile protectrice de son éducateur qui l’initie à l’art du whisky, il se découvre un réel talent de dégustateur, un don qui peut aussi bien le ramener sur les chemins passés que l’emmener sur une nouvelle voie.
 
Si le cinéma de Ken Loach se veut en prise directe avec la société et montre sans détour la réalité dure des classes défavorisées, La part des anges est cependant traitée sous le prisme de la comédie, annoncée en ouverture par une scène délicieuse. Les situations comme les personnages, Robbie est entouré par d’autres jeunes dans une position similaire à la sienne, s’inscrivent clairement dans un esprit de légèreté qui traverse tout le film.Certaines scènes s’ancrent pourtant dans le drame social et illustrent l’autre versant qu’aurait pu prendre le film si ce parti pris n’avait pas été choisi, un versant plus sombre, plus engagé aussi. La mise en scène est fluide et en distance, la caméra ne s’approchant jamais trop prêt des protagonistes, et le comédien qui interprète Robbie, dans sa première expérience cinématographique, fait preuve d’une belle présence. Très bien dirigé, il est remarquable dans la scène de la confrontation avec le jeune homme qu’il avait rué de coups. Abordant le désœuvrement, la précarité, la violence et la difficulté de s’en sortir, la Part des anges recèle de scènes comiques réussies et nous invite à le savourer avec plaisir.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui reprendraient bien un petit godet.
 
> Les autres sorties de la semaine
 
L’AGE DE GLACE 4 : LA DÉRIVE DES CONTINENTS, de Steve Martino et Mark Thurmeier ♥♥♥
 
Manny, Diego et Sid nous reviennent en pleine forme pour de nouvelles péripéties et cette fois ils subissent un chambardement, la dérive des continents, provoqué par Scrat, poursuivant obsessivement ce gland qui lui échappe constamment. Cherchant à rejoindre leur horde dont ils ont été séparés, nos héros auront à affronter un équipage de pirates touts très déterminés, sous l’impulsion sanguinaire de l’effroyable Capitaine Gutt, à en découdre avec eux. 
 
Dans ce quatrième volet, le scénario, pas des plus inventifs, célèbre diverses valeurs, comme la famille, la solidarité, l’amitié, la différence, et le film, d’une durée brève, est bien rythmé. Des nouveaux personnages savoureux font leurs apparitions, comme la grand-mèrede Sid au tempérament affirmé et les petites bestioles hilarantes au langage incompréhensible. L’animation aussi réussie que dans les précédents opus parvient bien à restituer les expressions, les humeurs, et donne pleinement vie aux personnages, tous très bien caractérisés. Impossible cependant de se prononcer sur la 3D, nous avons visionné cette aventure en 2D et cela faisait parfaitement l’affaire. Un film divertissant, l’île au trésor de Scrat est une belle trouvaille, qui ravira les enfants et amusera leurs parents.
 
Pour qui ? Les Paulette qui ont envie de rire en compagnie de leurs bambins.
 
OFF WORLD, de Matéo Guiez ♥♥
 
Un jeune homme adopté par une famille canadienne revient aux Philippines sur les traces de son passé, de ses origines. Il découvre Smokey Mountain, bidonville gigantesque de Manille, lieu de sa naissance, un frère devenu LadyBoy et enfin sa mère.
 
Tourné en seulement 9 jours, ce qui explique peut-être l’économie de plans et leur réutilisation, ce premier long-métrage nous donne à voir un monde abandonné où la survie se mêle à la maladie et l’extrême misère. En ouverture du film, ce petit enfant ramassant le plastique jonchant le sol aurait pu être Lucky, le personnage principal au prénom certes pas anodin, qui lui a eu d’un autre destin. Distillant les dialogues avec parcimonie, Off World utilise la voix-off pour nous guider dans ce voyage, pour nous le raconter. Certains plans sont très beaux, celui par exemple où le protagoniste est allongé sous des sacs en plastique blanc, évoquant presque une mer calme, et certaines scènes émouvantes, celle de la fête où il danse sous l’emprise de la drogue. Malheureusement, le scénario ne repose pas sur des bases solides et les personnages ne sont pas suffisamment fouillés, certains même occultés alors qu’on aurait souhaité plus d’interactions entre eux. Malgré tout, Matéo Guez réalise un film intéressant, il est question aussi de perdition puis de renaissance, et réussit plutôt bien à transmettre ce qui se joue en Lucky.    
 
Pour qui ? Pour les Paulette sensibles aux quêtes personnelles.
 
LA CLINIQUE DE L’AMOUR, de Arthus de Penguern ♥♥
 
Diamétralement opposés quant à la manière dont ils abordent la vie et leur métier, John et Michael sont tous deux chirurgiens dans la clinique de leur père. John s’enfuit au Canada lorsque son frère épouse la nouvelle recrue dont il est lui aussi amoureux. De retour en France au chevet de son père malade, il découvre une clinique sur le point d’être rachetée par un grand groupe.  

Malgré son titre à l’eau de rose pour les lectrices avides des collections Harlequin, La clinique de l’amour n’est pas une énième sitcom des productions AB. Non, cette comédie lorgne du côté des soap opéras hospitaliers américains, elle en possède les codes tout en les détournant. Les dialogues et la façon dont ils sont énoncés, les personnages, du chirurgien bourreau des coeurs à l’infirmière ultra sexy en passant par l’amoureux transis, et les situations aberrantes, tout est perfusé d’allègre dérision. Le scénario joue aisément aussi avec les péripéties et les révélations improbables dont regorge ce genre de programme télévisuel. S’ajoutent à tout cela les originalités doucement débridées d’Arthus de Penguern qui manie bien l’absurde. Cette clinique de l’amour cependant ne réjouit pas entièrement, sur la longueur ce type d’humours’essouffle, mais elle amuse souvent et devrait plaire aux amateurs du deuxième degré et plus.
 
Pour qui ? Pour les Paulette lasses duDocteur Mamour et compagnie. 
Voir la bande-annonce             

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