LE CINEMIX DU 21 MARS

 

Cette semaine au cinéma, l’amour triomphe. Pyrotechnie, ménage à trois, relation secrète et course poursuite, il est partout ! Voyez plutôt.
 
 
> Le coup de coeur de la semaine :
 
BELLFLOWER, de Evan Glodell ♥♥♥♥
 
Véritable homme orchestre assurant sur tous les fronts (scénariste, monteur, producteur, réalisateur, acteur), Evan Glodell, jeune autodidacte, se révèle littéralement à travers ce premier long métrage.  Il nous bouscule et brutalise notre cerveau d’émotions pour mieux nous cueillir avec ce Bellflower qui sonne d’ores-et-déjà comme un petit chef d’œuvre du cinéma indépendant américain.
17 000 dollars, c’est bien le maigre budget de cet ovni cinématographique, injustement boudé avant d’être encensé par la presse. Il s’agit bien ici de la naissance d’un cinéma riche de ses libertés et de ses convictions – notons que Evan Glodell a aussi construit sa propre caméra pour les besoins esthétiques du film.
Bellflower se déploie ainsi entre une trame au squelette brisé et une omniprésence d’effets visuels, sonores, avec l’amour en premier plan. Le film retrace aussi le portrait d’une génération perdue, désemparée, qui, ne trouvant pas sa juste place dans ce monde, en expérimente à l’extrême ses faces les plus sombres jusqu’à trouver un certain réconfort. L’instinct de survie dans un fantasme d’apocalypse. Médusant, touchant et moderne, ce film est un petit joyau à l’état brut, le coup de cœur assuré.
 
Pour qui ? Pour les Paulette et les Georges, cinéphiles, passionnés ou simplement curieux, un film pour tous ceux qui ont besoin de nouvelles sensations.        
 
 

> Les autres sorties de la semaine
 
LES ADIEUX À LA REINE, de Benoit Jacquot ♥♥♥
 
Benoit Jacquot s’attaque avec ce nouveau film aux derniers jours de la Reine Marie Antoinette à Versailles, un sujet qui, contrairement à son titre, a du mal à faire ses adieux au cinéma. Pour se faire, l’histoire a trouvé sa mini révolution dans l’interprétation, à travers l’adaptation du roman de Chantal Thomas (Lauréat du prix Femina 2002). Les Adieux à la Reine, long métrage d’époque à gros budget, tourné dans des décors privilégiés -dont le château de Versailles- se joue de la reconnaissance des films historiques et trouve sa noblesse dans son parti pris de n’en retenir qu’un souffle.
Cette bouffée d’air frais nécessaire au genre, préférant les soupirs de l’intime de ses protagonistes à l’étouffement des cours magistraux sur l’histoire de France. Un choix qui dénote et s’avère malicieux, subtilement habité par un séduisant triangle d’actrices (Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen). L’esthétique du film respire la sensualité avec des lumières douces et des plans désireux de dévoiler une proximité troublante. Dans le film, la dévotion, la fascination, l’ambiguïté amoureuse, la naïveté quasi-enfantine, la jalousie et le dénie s’entremêlent.
La maîtrise est donc sans surprise. Benoit Jacquot aurait toutefois pu se risquer d’avantage à moins de politesse, de bienveillance et vers plus de folie, le seul vrai bémol de ce film.           
 
Pour qui ? Pour les Paulette et les Georges préférant les bruits de couloirs aux cours d’histoire.
 
 
TARGET, de McG ♥♥
 
Quand deux espions se battent pour le cœur d’une même femme, cela n’est assurément pas de tout repos. Target (This Means War en titre original), est un film à vitesse constante qui démarre fort et ne baisse jamais le ton. L’audace de ce film réside dans sa surprenante énergie justement relevée par un sympathique trio d’acteurs (Reese Witherspoon, Chris Pine, Tom Hardy).
La machine est bien huilée et hollywoodienne à souhait, jouissant d’une technique irréprochable à ce genre de film avec des effets et des cascades pour pimenter le tout. Target reste donc un film dit "pop-corn", juste, avec une trame relativement simple mais qui a le mérite de très peu s’essouffler et d’être résolument efficace. Bien ficelé et dirigé, le film prend également sens grâce à des dialogues pétillants et à la complicité apparente de ses acteurs.
À la fois comique, viril et sexy, Target assure la bataille jusqu’au bout. La cible dévoilée, il ne reste plus qu’à se laisser séduire.     
 
Pour qui ? Entre film d’action et comédie romantique à l’américaine, ce film ravira les Paulette et les Georges en quête de divertissement.
 
 
BYE BYE BLONDIE, de Virginie Despentes ♥♥
 
Presque 10 ans après son premier long métrage, le controversé Baise moi, Virginie Despentes, à la fois romancière et réalisatrice, revient vers le cinéma, avec une nouvelle adaptation d’un de ses romans chocs. Bye Bye Blondie, livre dont l’histoire s’imprègne volontairement d’éléments du passé de son auteur, s’est vu subir quelques modifications pour les besoins du passage à la fiction. Avec en premier lieu, un changement d’orientation sexuelle pour ses deux personnages principaux, qui deviennent ainsi essentiellement femmes et lesbiennes.
Le film retrace une histoire d’amour intemporelle, passionnelle et destructrice. Navigant entre deux époques, celle de la rencontre des deux adolescentes dans les années 80 sur fond d’hôpital psychiatrique, d’attitudes rebelles et de musique punk et celle de leurs retrouvailles, 30 ans plus tard, tournées vers un avenir tout aussi violent. L’anticonformisme que l’on pourrait espérer de ces traces de vies ne trouve pourtant que très peu d’échos à la vision du film et la marginalité excessive, l’exclusion et une certaine caricature de ses protagonistes s’affichent tel un mur auquel l’on se heurte rapidement.
Il devient dès lors difficile de s’approprier, de s’identifier à ces femmes (Emmanuelle Béart, Béatrice Dalle, Soko) qui nous semblent constamment en fuite. Avec un jeu d’acteurs et des dialogues qui transpirent parfois le manque de direction, l’accès est restreint, évasif, sans grande structure ni profondeur. On survole, malgré l’énorme potentiel de ses recrues. Bye Bye Blondie trouve tout de même son mérite dans ses mots/maux et son ouverture à la discussion.
         
Pour qui ? Pour tous ceux que les ouvrages de Despentes n’ont pas laissés indifférents.
 
 
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