LE CINÉMIX DU 16 JANVIER


Cette semaine dans nos salles obscures, Quentin Tarantino, l’un des réalisateurs les plus déjantés de sa génération, vient nous enchaîner à notre siège avec son nouveau film. Et Bernadette Lafont de vous étonner dans le rôle d’une mamie dealeuse de shit.

PAULETTE, de Jérôme Enrico


Ah, on en a reçu des messages de votre part nous annonçant la sortie de cette comédie répondant au doux nom de Paulette. Nous nous sommes donc précipitées pour le découvrir en salles pour voir de quoi il en retournait.
 

Le pitch est prometteur
Une mamie aigrie et raciste (Bernadette Lafont) trouve le moyen de subsister en devenant la dealeuse du quartier, entraînant toutes ses partenaires de crapette à sa suite. En basculant de l’autre côté (celui des mafieux, des dealers, bref du MAL), elle révise ses préjugés et renoue avec sa fille (Axelle Laffont) et son petit-fils métisse.


 

Ce que ça donne, concrètement
Une comédie savoureuse comme on les aime. Paulette et ses copines n’ont pas leur langue dans leur poche et on apprécie le côté jouissif de cet humour décomplexé (Paulette ne cesse d’appeler les Japonais qui ont repris son commerce les "Chinois" et son petit-fils son "petit Bamboula"). En revanche, on aime moins la deuxième partie du film, qui verse progressivement dans le consensuel et dans les péripéties abusées (après avoir mis à l’amende les petits dealers du quartier, mamie Paulette fait la rencontre de mafieux russes).
 
Le verdict : Même si cette comédie est une bonne comédie, mamie Paulette ne parvient pas à détrôner la méchanceté gratuite d’une Tatie Danielle.

Pour qui ? Toutes les Paulette !

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DJANGO UNCHAINED, de Quentin Tarantino


C’est un Quentin Tarantino en pleine forme qui nous revient avec ce nouveau film, le très attendu Django Unchained. Jamais las, toujours plus taquin, le réalisateur provoque l’histoire et entame une partie de chasse galopante, dépoussiérant avec toute sa maîtrise la despotique loi du plus fort. Un retour aux classiques non sans mascarade, une ruse à la sauce italienne dont Quentin Tarantino revisite allègrement la recette, un western spaghetti alliant hommage au genre, nombreuses références et malice.

Django Unchained vient alors confirmer et signer l’âge d’or de ce cinéaste, de ce grand gamin à la folie inventive dont on commence depuis quelques temps à entrevoir la mutation. Car au delà de sa singularité, ce bricoleur d’un art, aux codes parfaitement ingérés, voit son cinéma s’empreindre d’une maturité espérée par beaucoup. Une petite métamorphose qui révèle des aspects plus personnels, venant "politiser" et renforcer ses propos.

C’est ainsi qu’avec une poigne experte et concernée, Quentin Tarantino réinterprête l’histoire de Django, nom familier aux amateurs de western et personnage initialement propulsé par le réalisateur Sergio Corbucci en 1966. Peu de temps avant la guerre de Sécession en Amérique, l’esclavagisme mène bon train et la sauvagerie ambiante reflète gracieusement de dures mais réelles convictions oppressives. Le Nord et le Sud du pays s’affronteront prochainement dans une longue guerre civile, mais Quentin Tarantino n’est pas vraiment là pour jouer les professeurs d’école.

Django Unchained retrace avant tout les premiers pas d’une amitié hasardeuse et d’une liberté étrangère. Le Dr King Schultz alias Christoph Waltz (Golden Globe du meilleur second rôle masculin pour ce film), chasseur de primes allemand, acquiert lors d’une transaction musclée, un esclave du nom de Django, alias Jamie Fox. L’accord entre les deux hommes est simple : Django doit aider le Dr King Schultz à retrouver les meurtriers qu’il recherche, morts ou vifs, afin de toucher sa prime, en échange de quoi, ce dernier lui rendra sa liberté. Chacun sa quête avant toutefois de faire preuve de solidarité à travers une cause commune.


Car l’aventure trouvera sa juste dose de complications et d’imprévus. Django va alors dévoiler l’existence de sa femme, Broomhilda. Séparés par le commerce d’esclaves, Django compte toujours la retrouver et la libérer de son acquéreur. Mais c’est en arrivant avec ruse dans son immense plantation, que le Dr King Schultz et Django découvrent la réelle puissance de son propriétaire, l’arrogant Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), personnage dominant et peu enclin à leur faire de cadeaux.

Quentin Tarantino ose, abuse, s’amuse et nous offre une majestueuse démonstration de force. Django Unchained, tant dans son fond que dans sa forme, confirme l’ampleur de ce talent brut. Car outre ses artifices et une esthétique à couper le souffle, ce film prend également vie grâce à son irréprochable mise en scène et à la qualité de ses dialogues (Golden Globe du meilleur scénario). Un film noir, bavard et insolent, hilarant et jouissif, où la vengeance conforte la violence, où l’hémoglobine coule à flot, où la notion d’indépendance implique celle du sacrifice.


Une épopée chevaleresque, rafraîchissante, une bataille juste pour plus d’humanité, Django Unchained sort les armes et ce, pour notre plus grand plaisir.

Pour qui ? Les Paulette et les Georges qui ont envie de commencer 2013 en prenant leur pied !
 

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