LE CINEMIX DU 14 MARS

 
 
Au programme cette semaine, du 100\% européen !

NOUVEAU SOUFFLE, de Karl Markovics ♥♥♥
 
Roman, jeune homme taciturne et solitaire, est incarcéré depuis quatre ans dans un centre de détention pour mineurs pour homicide involontaire. Afin de se réinsérer, il doit trouver un travail et y parvient après plusieurs tentatives infructueuses. Engagé à la morgue de Vienne, sa reconstruction passe également par la quête d’une mère qui l’a abandonné. En effet, comment se reconnecter au monde, aux autres, sans obtenir des réponses, sans savoir qui il est ? Acteur célèbre dans son pays, Karl Markovics signe avec Nouveau Souffle son premier film en tant que réalisateur.
Auréolé de prix dans divers festivals, il a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en mai dernier et a représenté l’Autriche aux Oscars. Maîtrisé de bout en bout. Nouveau souffle n’est pas un film bavard, loin de là, et une des ses forces se situe donc également dans ces images, qui nous renseignent, qui racontent quelque chose. Karl Markovics compose un portrait touchant, tout en finesse et retenue, d’un jeune homme qui trouve enfin sa place.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui aiment les airs de liberté.

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38 TÉMOINS, de Lucas Belvaux ♥♥♥
 
Le Havre. Un matin gris. Une jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée dans le hall d’un immeuble. La police commence son enquête de voisinage : tout le monde dormait. Louise, qui rentre de voyage, découvre l’affaire. 38 témoins, ou 38 coupables. Tout le monde a entendu, quelques uns ont vu, personne n’a rien fait. Rongé par la culpabilité, Pierre, le compagnon de Louise, se rend finalement à la police pour témoigner, obligeant les autres à parler.
La journaliste enquêtant sur l’affaire publie son article, la vérité éclate, la honte s’abat sur ceux qui se sont murés dans l’indifférence et le déni et l’apparente tranquillité se brise.  Du début à la fin, le film de Lucas Belvaux nous saisit, on n’échappe pas à ce récit très bien construit – une adaptation du roman de Didier Decoin,
"Est-ce ainsi que les femmes meurent ?". Les cadrages sont irréprochables, l’interprétation d’une grande justesse et la mise en scène traduit bien ce qui se joue, notamment au sein du couple Pierre-Louise. 38 témoins sondent l’âme humaine et le constat est sombre et troublant.
 
Pour qui ? Pour les Paulette qui s’interrogent sur la noirceur humaine.

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TERRAFERMA, de Emanuele Crialese ♥♥
 
Grand Prix du Jury au dernier Festival de Venise, Terraferma dépeint les difficultés d’une famille de pêcheurs face à une mer avare en poissons et l’afflux grandissant de touristes sur l’île représente un moyen salutaire pour ces insulaires de combler le vide des filets. Mais comme le suggère au début du film ce bout de bois flottant, vestige d’une embarcation de fortune rapidement engloutie,  c’est à une autre population que le film va s’intéresser : les réfugiés africains, qui débarquent eux aussi de plus en plus nombreux.
Faut-il les dénoncer, comme la loi l’impose, ou les aider et risquer d’être à son tour arrêté ? On n’embarque pas corps et âme pour cette terre ferme, les personnages manquent un peu d’épaisseur et le scénario aurait mérité plus de nuances. Malgré tout, le film est bien réalisé et offre aux spectateurs des beaux plans et des séquences intéressantes. Comme celle nocturne où les réfugiés, d’abord annoncés hors champ par un souffle aigu, émergent au loin pour s’agripper ensuite au bateau du jeune homme.
 
Pour qui ? Les Paulette qui ont le pied marin.

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CLOCLO, de Florent-Emilio Siri ♥
 
Cloclo sur la toile, ça sent indéniablement l’événement. Mais qu’en est-t-il de ce biopic ressuscitant ce mythe brushingué de la chanson française, trente-quatre ans après sa disparition ? Le film est long, 2h20, et on en sort un peu sonné. Les seconds rôles ne sont pas tous toujours convaincants, peut-être parce qu’ils n’ont pas le temps d’exister, de s’imposer, et la musique ponctue trop, et systématiquement, les moments dits d’émotions. Les chansons de Claude François sont cependant bien amenées, parce qu’elles s’inscrivent dans le récit. Mais puisque que Cloclo affichait cette exigence et ce souci obsessionnel du détail, au point que vivre avec Bree Van de Kamp ressemblerait à une sinécure, il y en a un qui refroidit un peu : le playback, pas toujours suffisamment précis et qui révèle par conséquent l’artifice.
Pour ceux qui ne connaissaient que les tubes, on comprend un peu mieux l’homme, prenant sa revanche sur la vie avec une ferveur et une détermination sans faille, mais aussi l’artiste dans la construction de sa carrière, de son mythe. Jérémy Renier excelle dans la gestuelle, le mouvement du corps, la danse… et habite ce rôle très physique avec beaucoup de conviction. Malheureusement, on n’est pas emporté, on décroche souvent même, et au final le film ne nous touche pas vraiment.
 
Pour qui ? Les Paulette aspirantes Claudette.

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