LE BLUES DE LA RENTRÉE

  Alors là, pas de doute, on y est.

À peine descendue du TGV n°5052 au départ d’Antibes, la température a baissé de 15 degrés, aucun vendeur de lunettes de soleil à l’horizon, pas de chouchous-pralines, pas de raquettes de plage ni de mioches qui font des bombes dans la piscine. 

Les gens font tous la gueule, ça marche vite, la tête baissée, le front plissé, la ride du lion creusée… "Welcome Home, Paulette !"
 
Mais pour tout vous avouer, je sentais le vent tourner en feuilletant la presse féminine tout en me faisant dorer la pilule sur mon transat : "Pour une rentrée au top !", "On réaménage son espace de travail", "Les bons plans mode de l’automne". À vrai dire, à l’époque (voire "jadis", ou "naguère" tellement ça me paraît loin…) ça me passait carrément au dessus de la tête. Moi, tout ce qui m’importait, c’était l’uniformité de mon bronzage.
 
Tiens, parlons-en de mon bronzage… Trois semaines de dur labeur à passer progressivement de la protection 30 (Jour 1 à 4), à la 15 (Jour 5 à 7), et enfin à faire péter le Monoï pour être black de chez black. Au final je me disais : "Oh la vache, mais je vais en faire tomber des Georges en rentrant ! Mate la bombe ici ! (en toute humilité, entendons-nous bien)". C’est au retour, dans le train, que j’ai compris qu’il n’en serait rien. J’étais tranquillement assise à écouter du Buena Vista Social Club – musique de vacances jusqu’au bout- quand j’ai été perturbée par des petits flocons qui voletaient autour de moi. J’ai mis à peu près 10 minutes à comprendre que les particules en question étaient tout simplement… ma peau. Mon beau bronzage qui se désagrégeait à cause de cette saloperie de climatisation, et ce malgré les cataplasmes quotidiens de crème hydratante. Rien à faire. Foutu mon beau hâle, arme de séduction massive.
 
Le lendemain matin, j’ai dû me rendre à l’évidence. Si je voulais continuer à manger, avoir un toît sur la tête, et surtout à faire du shopping (on admirera mon sens des priorités), il allait falloir que j’écoute mon réveil qui tentait désespérément de me sortir du pieu depuis une bonne demi-heure pour aller bosser. Pour rendre la transition entre le retour des vacances et la reprise du boulot moins pénible, les psychologues nous offrent des conseils que je voudrais partager avec vous.
 
> Reprenez votre travail en douceur.
On voit que les psys en question n’ont pas 75 mails en attente, 4 meetings et deux formations le jour de la reprise.

> Affichez des souvenirs de vacances.

Je doute que m’enquiller des mojitos au taf et afficher mes photos de vacances bourrée avec mes copines soit du meilleur effet dans l’open-space.

> Adoptez une attitude positive.
No comment.

> Donnez-vous un défi à relever.

Ok, je vais défaire ma valise.

> Préparez vos prochaines vacances.

Enfin une parole censée ! Je m’y colle tout de suite, les mails pros ont attendu 3 semaines, alors un jour de plus… Je vous conseille d’en faire autant, ce n’est pas moi qui le dit, c’est le psy !
 
Ombline
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