L’ART DE VIVRE… DANS UN 10 M2

   Fraîchement débarquée à Paris, après la ville du Havre et ses prix dérisoires (et dire que 400 € pour un 25 m2 ça me paraissait cher, Aheum)…

Me voilà en quête d’un appartement dans la capitale : horreur !

"Ô Joie", coup de téléphone de mon papa.
Glory Glory Alleluia, le bougre m’a décoché une visite d’appartement. Pas une visite où on est pas 350 à faire la queue, mais une vraie visite en tête à tête. Ma tendre mère et moi partons sur le champ, à la rencontre du sacro-saint détenteur des clés, le proprio. Nous pénétrons dans une résidence dite "de standing" gardée comme un lieu sacré ; deux portes électriques, une gardienne, et une caméra tous les deux mètres.

Dans un couloir qui n’est pas sans rappeler Shinning, se dresse la porte dudit appartement.
 
Sésame, ouvre-toi.
Bon la fenêtre est grande, elle fait tout le mur. Chouette.

Et c’est là que le propriétaire décroche son téléphone. "- Oui ? (…) Non Madame cet appartement n’est plus disponible, j’ai eu sept visites dans la matinée". C’est alors que ma mère me lance ce regard. Ce regard qui dit "Si tu ne prends pas cet appartement je te jure que je te laisse vivre dans un carton Demeco".

Pas vraiment le choix, ma petite mimine signe pour cet appartement, me voilà donc chez moi. Durant le premier jour, j’ai tâché de passer cette phrase en boucle dans mon cerveau : "Tout  le monde fait une histoire des 10 m2, mais ça va c’est vivable."

Mon cerveau avait oublié un principe fondamental : il faut mettre des meubles dans les 10 m2.

Mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres.
Effectivement, rien que mon lit double empêche de circuler (bah oui je ne vais quand même pas coucher Georges dans un lit simple…)

Ensuite, il faut vivre dedans, je ne vous cache pas que les premiers jours furent une galère sans nom. Ma poele qui crépite et tâche ma jolie couette blanche, le paquet d’Ebly qui se renverse entre le frigo et le placard, les robes qui pendent au mur parce-que-dans-le-placard-plus-de-place, la vaiselle sale dans l’évier de la salle de bain et les serviettes éponges avec une odeur étrange de curry…

Et je ne parle pas du rideau de douche gluant qui -on ne sait pourquoi – ne peut s’empêcher de coller votre peau dans cet espace extrêmement limité qu’est la douche. On apprend vite à penser utile, à ranger ses culottes dans une boîte, à faire la cuisine sur son bureau parce-que-pas-de-plan-de-travail et à poser la vaisselle au fur et à mesure qu’elle est lavée sur les toilettes (surface plane la plus proche).

Chères Paulette, chers Georges, je vous le dis, vivement la colocation.

Pauline
http://art-de.blogspot.com/
 

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