L’ANANAS S’INVITE DANS L’INDUSTRIE DE LA MODE

L'ananas, cette plante herbacée originaire d'Amérique du Sud, en a marre d'être uniquement reconnu pour sa fonction nutritive. Celui-ci s'impose dans l'industrie du textile.

Image d'illustration, ananas dans une main
Image d'illustration Ananas -© unsplash

« Découvert » en 1493 par Christophe Colomb, l’ananas se voit progressivement importé sur les autres continents. Traité depuis plusieurs siècles au coeur de la culture des Philippines, les feuilles d’ananas produisent, de nos jours, deux matières distinctes : la soie d’ananas appelée « Piña » et le cuir végétal le « Pinatex« .

On dit adieu au cuir animal

Élément fascinant, la fibre d’ananas éveille la curiosité de tou·te·s, notamment celle de la créatrice espagnole Carmen Hijosa. Elle s’inspire des traditions des Philippines et du Piña afin de créer un textile semblable au cuir animal : le Pinatex. Consciente des ravages générés par la production de cuir, Carmen enquête sur de potentielles alternatives, qui seraient plus responsables et durables, engendrant la suppression du cuir animalier. Apparaît, alors, le Pinatex : matériau durable et vegan, capable de remplacer le cuir animal et synthétique. Carmen livre ce nouveau dispositif par la création de son label Ananas Anam fondé depuis 2013.

Image d'illustration de Carmen Hijosa sur un fauteuil avec un ananas à la main
Image d'illustration de Carmen Hijosa -© David Stewart
Image d'illustration Pinatex, pochette en Pinatex avec ananas
Image d'illustration, pochettes en Pinatex -© Ananas Anam

À noter que les principaux pays producteurs de ce fruit sont les Philippines, le Brésil et le Costa Rica, représentant à eux trois plus de 30 % de la production annuelle mondiale. Concernant le Pinatex, précisons qu’il est exclusivement produit aux Philippines, dans l’entreprise Ananas Anam, représentatif d’une économie circulaire favorisant une supply chain locale. Vous n’êtes pas encore convaincu·e ? Ouvrez grand vos oreilles… Le Pinatex saura vous faire délaisser ce cuir animal qui orne certaines pièces de votre dressing.

Et si on parlait chiffres ?

Image d'illustration, agriculteur ramassant des feuilles d'ananas
Image d'illustration, agricultrice du label Ananas Anam -© Ananas Anam
Image d'illustration, fibres d'ananas étendues
Image d'illustration, fibres d'ananas -© Ananas Anam

Le coût de production de la fibre d’ananas est 20 % moins cher que la production du cuir animal. Le Pinatex remplit à lui seul la moitié du marché du cuir mondial grâce à l’exploitation des 13 millions de tonnes de déchets de feuilles d’ananas chaque année. Cultiver cette fibre est une source de revenus supplémentaires, valorisant les communautés agricoles les plus défavorisées. Ça permet par ailleurs, d’assurer une transmission des coutumes relatives à la manière dont il est nécessaire de traiter ces fibres, mais aussi de pratiquer le recyclage qui est favorisé aux Philippines par l’association RSTF (Rurungan Sa Tubod Foundation). La RSTF propose à des femmes des emplois dans l’exploitation de la fibre d’ananas, leur enseignant ainsi les technologies de tissage de la Piña. Mentionnons tout de même que 65 % des exportations mondiales d’ananas provenant du Costa Rica reflètent un désastre écologique. Les agriculteurs et agricultrices utilisent des dizaines de pesticides pour maîtriser la croissance de ces plantes, permettant par la même occasion de déclencher une floraison à l’année.

Ainsi, on peut se questionner sur l’avenir qu’offre la fibre d’ananas. Elle apparaît comme étant le futur de l’industrie du textile, qualifiée de « bonne alternative », mais n’incarne pas pour autant LA solution. Toutefois, ça n’empêche pas le Pinatex d’être en vogue. On le retrouve à l’occasion du salon Première Vision, à Paris, ce qui prouve que ce matériau restera ancré dans les années futures. Terminons sur ces belles paroles de Carmen Hijosa : « Design is not just about product. Design is about responsibility ».

Un article de Joséphine Papazian

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