L’ADELPHITÉ, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Dans les milieux militants, sur nos murs, sur les réseaux sociaux ou entre ami·e·s, on entend beaucoup parler d’adelphité. Mais, qu’est-ce que c’est exactement ? On vous explique !

Le mot adelphité vient de la racine grecque « adelph- » qui a donné les mots grecs « adelphós » et « adelphé », signifiant respectivement « frère » et « sœur ». Par définition, il évoque le lien de parenté entre des enfants né·e·s de même parent·e·s. Et englobe donc les mots « sororité » et « fraternité ». Un adelphe, c’est le parfait entre-deux entre un frère et une sœur. Un « sibling », pour les plus bilingues d’entre vous. Son gros plus ? Il n’émet aucune distinction de genre. Et c’est pour ça qu’on l’aime !

 

Plus inclusif

Si on entend de plus en plus parler d’adelphité, vous vous en doutez, c’est justement parce qu’il ne montre aucune distinction de genre. Ce n’est pas nouveau, le mot sororité est beaucoup utilisé dans la lutte féministe. Et notamment parce qu’il évoque un sentiment d’appartenance et d’entraide entre militant·e·s. Le souci, c’est qu’il reste exclusif aux personnes s’identifiant au genre féminin.

Dans une volonté d’inclusion et de convergence des luttes (vous avez dit féminisme intersectionnel ?), parler d’adelphité est plus adapté. Ainsi, on unifie les voix des personnes cisgenres, transgenres, non-binaires, et de tous·tes les autres. « Au début, je l’utilisais spécifiquement dans l’idée de pouvoir m’adresser aux personnes non-binaires. Aujourd’hui, je le vois aussi comme un mot neutre qui permet de s’adresser à tout le monde sans distinction de genre aussi bien pour éviter la formule binaire ‘frères et soeurs’ que pour remplacer ‘camarades’ », explique à Terra Femina Olga Volfson, journaliste et militant·e féministe.

 

Une lutte invisible

Mais ce n’est pas sa seule utilisation. Derrière ce mot se cache aussi la lutte contre le terme « fraternité », bien souvent associé aux frères d’armes, au sport et/ou à l’armée. Des milieux, vous le savez, dominés en nombre par des hommes cisgenres – et très exclusifs, justement. Le but, c’est de créer un nouveau mot, qui correspond à tous·tes et inclut tout le monde. Mais aussi, de briser chaque jour un peu plus la masculinité toxique qui nous entoure.

À ce propos, en 2018, le Haut conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes proposait de remplacer dans la Constitution « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Égalité, Adelphité ». On pense que ce serait une super idée !

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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