LABEL VIE : LEONIZER RECORDS

Photo, Elroy

Fondateur du label français Leonizer Records, Leonard de Leonard revient son parcours musical tous azimuts marqué du sceau de l’exil.

Depuis la capitale allemande, Leonizer nous abreuve de bombes maximales à contre-courant de la production berlinoise. Considéré comme l’une des plus belles promesses du paysage électro hexagonal, le label a découvert, entre autres, StereoHeroes, Nasser, Toxic Avenger et s’apprête à sortir le nouvel EP d’Audrey Katz. Tout ça valait bien un échange de mails.

Dans quel contexte Leonizer a-t-il été créé ?
Le label Leonizer Records a vu le jour en 2005 à l’occasion de la sortie de mon second album, 2. J’avais un grand besoin d’indépendance et l’idée de faire connaitre des artistes germait dans ma tête de puis un moment. J’ai donc pris mon temps pour éviter l’échec. C’est en construisant les projets en amont que tu minimises les difficultés. Je travaille avec des artistes que j’apprécie aussi bien sur le plan artistique que dans la sphère privée et avec lesquels je peux dialoguer en toute confiance. Les premiers artistes que j’ai sortis étaient Stereoheroes et Nasser en 2009. Aujourd’hui Leonizer compte une dizaine d’artistes et j’ai déjà organisé cinq tournées Leonizer Party.

En 2002, tu avais pourtant créé un premier label, Rolax.
Ça n’était pas le premier. J’avais déjà travaillé sur le label Musiques Hybrides. Nous étions trois à l’origine de la création de Rolax. Il y avait Mathias Schweizer, un graphiste qui a signé plusieurs de mes pochettes d’album et Komori, un musicien et producteur électro. C’était un projet musical et visuel avec des dj set et des dj live. Même si le label existe toujours et que je suis resté proche des autres membres, j’ai préféré créer Leonizer et m’installer à Berlin.

Quels sont, d’après toi,  les fondamentaux nécessaires pour piloter un label ?
Il faut savoir ce que l’on veut sur le plan artistique et professionnel. Si avoir son propre label permet de bénéficier d’une grande marge de liberté créative, il faut aussi en accepter les risques. Dans la mesure où cela demande énormément de travail pour très peu de rentabilité, il faut être disponible et être sûr que de toute façon on n’est fait que pour ça et qu’il n’y a pas d’autres options possibles. J’ai également la chance d’avoir pu construire une famille tout en exercant ce travail. Au départ, cela a été beaucoup de sacrifices pour tout le monde, mais aujourd’hui on y gagne en rencontres fortuites.

Depuis trois ans, tu résides à Berlin. Pourquoi as-tu décidé de t’y installer ?
Je vivais à Paris depuis une dizaine d’années mais la vie était devenue trop chère et je n’avais pas suffisamment de place pour travailler. Avec ma compagne, on a pris notre gosse sous le bras et on est parti à Berlin dans un petit camion sans savoir parler un mot d’allemand. L’incroyable dynamique artistique et culturelle de la ville  nous a immédiatement frappé. L’aller-retour à Paris est vite fait et depuis Berlin je pars n’importe où dans le monde très facilement. J’ai une vie où chaque jour est différent avec sa dose de rebondissements, chez moi je suis équipé d’un super studio, la qualité de vie y est bien meilleure qu’à Paris et mes amis viennent me rendre visite les week-ends. Hônnetement, j’ai tout pour être heureux.

En plus de gérer ton propre label, tu es également producteur et compositeur. Est-ce primordial pour toi d’être totalement libre dans le processus créatif ?
Même si je n’ai pas de patron au-dessus de moi pour me dire ce que je dois faire ou non, il y a deux aspects bien distincts dans mon métier : le premier est quand je travaille de manière totalement libre sur mes produtions solo ou sur mon projet The Escapists. Ça c’est la partie luxe. Le deuxième aspect concerne la synchro pour des pubs, des jingles ou quand j’ai produit la musique du dessin animé Mikido. Je dois alors me plier aux contraintes artistiques et techniques. Disons que c’est un challenge d’un autre genre qui me permet de toucher à tout.

Le 20 mars dernier tu as sorti le nouvel EP de D.L.i.d, Colour In Your Hands, avec Fink en featuring. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
D.L.i.d devait sortir un EP sur le label depuis près d’un an. Mais le bouclage avait pris du temps, parce qu’il finissait de composer la musique d’un documentaire du duo d’artistes français Koralie et Supakitch. Puis les choses se sont accélérées. Colour in your hands est un track magnifique. D.L.i.d et Fink avaient déjà travaillé ensemble sur un remixe et c’est en écoutant le titre que ce dernier a proposé d’écrire les paroles. Il a même envoyé en bonus un remixe avec ses voix. La grande classe !

Parle-nous du projet avec Elroy (Damien Vignaux) sous le nom de The Escapists avec lequel tu as récemment sorti Les Ailes du Courage. Comment la collaboration est-elle née ?
Damien possède deux qualités très importantes dans ce milieu : c’est un graphiste hors-pair et il est l’un de mes plus proches amis. La collaboration était évidente. Damien vit également à Berlin et il nous fallait bien une raison pour se boire des bières au Biergarten sinon qu’est-ce que nos femmes auraient dit ? Plus sérieusement, je suis très perfectionniste quant aux visuels associés au label et de son côté, Damien est un très bon dj. Je crois que le résultat témoigne d’une grande exigence artistique.



Un petit mot sur les prochaines sorties ?
Elroy et moi terminons de travailler sur le prochain EP de The Escapists. On attend les remixes et je peux déjà  dire que les vidéos vont être complètement folles. Je travaille aussi sur mon prochain EP solo et la sortie du nouvel EP d’Audrey Katz. Pour les live, une nouvelle tournée Leonizer est prévue pour très bientôt et je serai le 12 mai à la Marquise à Lyon, le 13 à Nice au Subway et le 14 au Nouveau Casino à Paris,  accompagné de Chris de Luca, de The Escapists et de Miimo, un jeune Dj qui monte. Enfin, pour ceux qui veulent me suivre au bout du monde, cet été je pars en tournée en Asie.

 

Artistes Leonizer records :
Audrey Katz
Nasser
The Escapists
D.L.i.d
StereoHeroes
Stern…

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