LABEL VIE : DEBONTON

Julian, Maxime et Christian forment à eux trois le label deBonton

Un single de Gobble Gobble, un premier album de Sydney Valette, une nouvelle compilation Grab Bag sur le feu, une ligne de tee-shirts… Emmené par Julian, Maxime et Christian, deBonton continue de se tailler une réputation de label indé-spensable.

 
deBonton est passionné. deBonton est désinvolte. deBonton est capable de dézinguer les mornes soirées parisiennes. Et n’en déplaise aux pères la morale de la pop, le catalogue de nos ambassadeurs du bon goût à la Française les place dans le peloton de têtes des labels à suivre de près.
 
Paulette : Il faut avoir une sacrée foi pour se lancer dans la création d’un label en 2009, non ?
Tout dépend de l’optique choisie. C’est sûr qu’il faut une bonne dose de passion et d’insouciance pour s’aventurer dans un projet aussi ambitieux. Mais ça aurait été probablement plus difficile si on avait décidé d’emblée de se fondre dans le moule d’un label indé "classique". On avait un tel besoin de couleurs dans nos vies que deBonton est né du désespoir de nos 20 ans. Maxime et Julian qui mixent ensemble depuis 2001 étaient convaincus que la musique serait notre seul salut. Donc, même si en termes de structure le label existe depuis début 2010, les prémices de sa création datent de bien avant. Ce qui nous intéressait c’était de trouver des artistes aux sonorités à la fois atypiques et fédératrices. Une redéfinition de la musique populaire et accessible en quelque sorte. On voulait faire les choses différemment et le fait que cela marche ou non nous était finalement égal. L’important était de se lancer.
 
Quels sont les obstacles quotidiens rencontrés par un label comme deBonton et comment y faire face ?
Il n’y en a pas tant que ça. Aujourd’hui notre principal défi est de faire comprendre et de faire accepter l’image deBonton au public. Il y a toujours un temps de battement entre la création et l’aboutissement du projet où les gens ne comprennent pas trop ta démarche et ont tendance à contourner la difficulté en collant des étiquettes. On a souvent catalogué deBonton comme un nouveau Kitsuné ou un nouveau crew d’organisateurs de soirées, après Ed Banger. On suppose que ça passera avec le temps, même si au début c’est assez frustrant de ne pas être reconnu pour sa propre identité.
 

En parlant d’identité, qu’en est-il de l’esthétique deBonton ?
L’esthétique du label est axée sur le DIY (Do It Yourself). Au début, la manière la plus efficace d’imprimer l’image deBonton dans les mémoires, était d’écrire la tracklisting des compilations, des line-up et des stations de métro à proximité de nos soirées, sur les corps dénudés de nos amis. On a progressivement étendu cette nudité tatouée à l’ensemble des lieux publics de Paris : la rue, le métro, la fontaine de la place de la Concorde… Le réalisme et l’implication reflétés sur chaque flyer ou sur chaque pochette de disque ont permis de nous construire et d’avoir un visage sur le plan médiatique.
 
Et comment définiriez-vous le style deBonton ?
Emotionnellement honnête et un brin racoleur.
 
Les compilations Grab Bag ont jusqu’à présent été bien accueillies. On a l’impression qu’aujourd’hui que les labels indépendants doivent se faire la vitrine d’une scène en particulier pour faire adhérer le public.
C’est vrai que la compilation s’est peu à peu démocratisée chez les labels indépendants. C’est quand même le meilleur support pour la promotion d’artistes et de labels. À défaut d’être à l’aise financièrement, on doit privilégier la visibilité intelligente. Maintenant notre but n’est pas de nous associer à une scène, sinon ça voudrait dire que deBonton n’est qu’un phénomène générationnel. On veut s’inscrire dans la durée en défrichant un maximum de bons artistes.
 
Comment cela s’organise la conception d’une compilation Grab Bag ?
C’est assez variable. Toute l’année, on prospecte les projets intéressants qui pourraient coller à l’esprit deBonton puis on se concerte pour décider si tel artiste a sa place dans la prochaine compilation. On n’a pas d’exigence drastique sur la sélection des artistes. L’essentiel est d’aboutir à un résultat à la fois éclectique et homogène. Bien qu’il n’y ait pas de création originale pour la compilation, on met quand même un point d’honneur à n’avoir que des titres inédits. Et l’artwork doit évidemment aller de pair avec la couleur musicale de la compilation.
 
Y a-t-il des artistes qui vous ont récemment tapé dans l’œil et que vous aimeriez signer?
Et pas qu’un peu ! Mais pour l’instant c’est motus et bouche cousue sur leur identité. Affaire à suivre sur le prochain Grab Bag…

Et à ce propos, quoi de neuf à venir ?
On vient de sortir le super single Boring Horror de Gobble Gobble. On en est très fier parce que c’est un artiste complet qui apporte une énergie encore trop rare en Europe. Sinon, le premier album de Sydney Valette sort le 2 mai et on est à fond sur le troisième Grab Bag à paraître Septembre. On travaille aussi sur la création d’une ligne de tee-shirts sur le concept de "l’émotion honnête", on prépare de nouveaux happenings à notre sauce et des soirées pour l’été que l’on peut d’ores-et-déjà annoncer comme mémorables. Bref, restez aux aguets !
 
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