LA SAMARITAINE ROUVRE SES PORTES LE 19 JUIN APRÈS 16 ANS DE FERMETURE

C’est en 2001 que le groupe LVMH rachète ce lieu magistral. Fermé en 2005, les travaux de rénovation s’étendront sur près de seize longues années. Ce temple de la consommation chargé d’histoire a vu déambuler les Parisien·ne·s depuis 1870. Aujourd’hui, il accueille un hôtel de luxe, une crèche, des logements sociaux…

© Sortiraparis

Ce somptueux bâtiment vous a toujours fait de l’œil ? Quelle était la dernière fois que vous y avez mis les pieds ? Ça ne doit pas dater d’hier et pourtant, sa réouverture est annoncée pour ce mois-ci ! Retour sur l’histoire d’un symbole parisien d’hier et d’aujourd’hui.

Merci Ernest et Marie-Louise

Nous devons ces 20 000 m2 (anciennement 30 000m2) à deux visionnaires amoureux : Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ. Ces deux provinciaux débarquent à Paris au XIXème siècle. Elle est vendeuse au Bon Marché, lui vend des étoffes sur le Pont-Neuf. En 1870, Ernest s’entend avec un petit café rue de la Monnaie pour louer une annexe et en faire sa petite boutique de 47m2. Deux ans plus tard, le magasin s’agrandit de 100 m2. Un coup de foudre, un mariage et beaucoup d’ambition et de passion plus tard, et les époux développent en 1900 ce que l’on connaît encore aujourd’hui comme Les Grands Magasins de La Samaritaine. Leur concept est un magasin dans l’air du temps mêlant toutes les innovations du domaine de la vente. Prix fixe, essayage, rayons.

De l’Art nouveau à l’Art déco

La Samaritaine, c’est aussi et surtout un emblème architectural de la ville lumière. C’est près de cinquante ans de construction, suite à l’acquisition progressive de nouveaux bâtiments. L’architecte Frantz Jourdain s’est vu plié à des évolutions de style au fil des années. D’abord ancré dans l’Art nouveau avec un usage du métal mêlé aux 100 000 m2 de verre. Cette luminosité est un avantage colossal pour l’époque où l’électricité n’est pas encore courante. Un édifice lumineux qui sera modernisée en 1926. À cette période, la mode est à l’Art Déco. Le bâtiment est alors vêtu d’une façade en fer superposée à la pierre d’origine.

Un établissement dans l’air du temps

Et c’est en perpétuant les tendances du passé que ce grand magasin aux multiples vies reste iconique ! Afin de conserver la dynamique de modernisation de la façade selon l’époque, LVMH confie la rénovation à une agence d’architecture japonaise, Sanaa. Un exercice loin d’être évident lorsque près de 80 % des surfaces sont classées monument historique. Le défi est relevé et l’inauguration de ce 19 juin conservera le patrimoine architectural hérité des architectes de l’époque (Jourdain puis Sauvage). Une nouvelle Samaritaine ouvrira bientôt ses sublimes portes de verre, en liant l’ancien et le neuf.

© Pierre-Olivier Deschamps, Agence Vu pour la Samaritaine

On y trouvera ainsi des logements, des bureaux et une crèche. Mais également un gigantesque centre commercial d’exception (plus de 40 % de l’espace). Au septième étage, l’hôtel de luxe Le Cheval Blanc offrira 72 chambres de 45 mètres carrés chacune. Rien que ça. Là-bas, la piscine de trente mètres de long ne vous laissera pas indifférent·e, ni son historique verrière avec vue sur le cœur de Paris.

Réouverture le 19 juin 2021, au 9 Rue de la Monnaie, 75001 Paris.

Article de Margot Hinry

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