LA GRANDE SOPHIE, UNE GRANDE DAME


La Grande Sophie en impose. Cette femme a une telle présence que le "vous" de politesse s’instaure automatiquement la première fois que vous la rencontrez. D’humeur joviale et décontractée, la grande dame de la chanson française répond aux questions de Paulette à l’occasion de la sortie de La place du fantôme, son 6e album, plus romantique et empreint de mélancolie que jamais.
 
Paulette : Vincent Taurelle, Vincent Taeger et Ludovic Bruni co-réalisent l’album. Ils ont collaboré avec  Air, Charlotte Gainsbourg, Feist, Françoise Hardy, Sébastien Tellier, Emilie Simon ou encore Alain Souchon. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
La Grande Sophie : Ce sont mes "trois capitaines", comme je les nomme dans mon blog. Mon directeur artistique m’a dit qu’il me verrait bien travailler avec eux et je les avais déjà vus jouer sur scène. Ca faisait dix ans que je ne les avais pas vus. J’ai été ravie de travailler avec eux. Au départ, on se dit que ça va être un peu bordélique d’être 4 sur un projet et au final ils ont respecté tout ce que j’avais proposé dans mes maquettes. On a beaucoup travaillé sur le fait de lier l’analogique au synthétique. J’avais envie qu’il y ait ce mélange là. Je ne voulais pas faire un album électro.
 
 
Le choix d’utiliser des claviers analogiques n’a pas été fait par hasard. Vous avez choisi de faire un son 70’s-80’s par nostalgie ?
Le titre est vraiment lié à ces dix chansons. Ce qui hante cet album ce sont ces chansons-là. Je voulais cette ligne directrice qui est synthétique. Je voulais qu’elle soit savamment dosée. J’aime bien piocher à droite à gauche. Les années 80 sont des références pour moi, j’ai été adolescente à ce moment-là. Et je souhaitais utiliser des sons que j’avais entendus, les amener plus loin, les retravailler.
 
Quel est votre instrument préféré ? 
J’aime mes guitares, j’en ai une dizaine – je n’en ai pas énormément par rapport aux autres guitaristes que je connais. Je suis fascinée par la contrebasse et le violoncelle, même si je n’en joue pas.
 
Vos chansons sont-elles toutes autobiographiques ?
Celles du dernier album le sont. C’est vraiment mon histoire. Entre le premier album et celui-ci, il y a des histoires que j’ai romancées. Il y a des moments où je n’osais pas dire que je parlais de moi. Cet album est vraiment particulier.
 

 
Votre meilleur souvenir de tournée ?
J’ai envie de parler des derniers concerts. À Auxerre, notre tout premier de cette tournée. J’ai été très surprise car beaucoup de gens connaissaient déjà par cœur Ne M’oublie pas. Ça m’a touché.
 
Jacques Demy, grâce à  Peau d’Âne, vous a donné envie de faire de la musique. Y-a-t-il des chansons qui vous accompagnent encore aujourd’hui ?
Forcément, il y a des très belles chansons françaises que j’aime beaucoup. Je pense à Françoise Hardy "La maison où j’ai grandi", Charles Trenet "Que reste-t-il de nos amours" et à Bourvil et sa "balade de l’Irlandais". Après, il y a tous les groupes que j’ai écouté, les Cure, les Pretenders, Suzanne Vega, j’aime bien les guitaristes des années 60.
 
C’est un peu ma jupe porte-bonheur. Elle est de 2001. C’était la jupe que j’avais dans mon tout premier clip Martin. Je ne sais pas pourquoi je l’ai gardée. J’ai toujours aimé ce motif du tigre. Je ne peux pas m’en séparer. J’ai des tocs comme ça. Cette jupe réapparaît souvent.
 
"J’AI CRÉÉ UNE PETITE GIRAFE À L’OCCASION DES 50 ANS DE SOPHIE LA GIRAFE"
 
Etes-vous une artiste engagée ?
Je suis sollicitée par Solidarité SIDA, cause à laquelle je suis fidèle. Malheureusement je ne peux pas répondre à tout le monde. En fonction des demandes que j’ai et de mes disponibilités, je viens. Je leur propose souvent d’avoir un stand sur mes concerts.  Et au départ, quand j’ai eu mon pseudonyme La Grande Sophie, je cherchais une effigie. Je trouvais les girafes jolies et j’étais tombée sur Sophie la Girafe. Je l’ai utilisée sur mes premier et deuxième albums. Après, il y avait quelque chose de trop enfantin, alors j’ai arrêté. Elle a d’ailleurs fêté ses 50 ans l’an dernier et j’ai participé à la création d’une petite girafe qui a été vendue aux enchères et dont les bénéfices ont été versés à Révolution Cancer.
 
Une dédicace à Paulette ?
"Paulette, Paulette,Tu me tiens grâce à tes paupiettes, Notre amour ne serait pas si beau, Si je n’aimais pas les paupiettes, Les paupiettes de veau, Paulette, Paulette. Tu es la reine des paupiettes. " (rires) Je suis sûre qu’on vous l’a déjà faite celle-là !
 
LA GRANDE SOPHIE :: LA PLACE DU
FANTÔME

Polydor / Universal
Sortie le 13 février 2012

 
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