LA DISEUSE DE BONNE AVENTURE DU CARAVAGE

 
  Jeu de mains, jeu de vilains.

La balance s’est inversée. Les femmes ont pris le pouvoir, et les Paulette en savent quelque chose. Dans les nouveaux sites de rencontres, finie l’image de la gentille fille qui attend sagement son cavalier pour aller danser (souvenez-vous la scène du bal dans Grease  voir à 1 :55). Elles ont pris le contrôle et les rapports avec leurs amis les hommes en sont tout chamboulés.  Avant, l’homme avait une position "dominante", il choisissait qui il voulait séduire et la belle n’avait plus qu’à lui faire ses grands yeux de biche effarouchée.  Mais aujourd’hui la femme s’est vue confier des pouvoirs beaucoup plus importants. Du balai l’ère du triomphe de Don Draper et consorts, l’homme se révèle alors de plus en plus sensible, et de plus en plus soumis. Et oui. La preuve avec les nouvelles pub Orangina et le slogan "C’est qui le sexe fort ?" Et cela peut aller très loin, avec des sites comme Gleeden ou adopteunmec.com, pensés par des femmes.
 
Mais ce phénomène est-il vraiment récent ? Tournons-nous vers un artiste fascinant, le Caravage, et vers une de ses œuvres conservée au Louvre, la Diseuse de Bonne Aventure. Elle est datée vers 1595-1598, et représente une bohémienne lisant l’avenir d’un jeune noble dans les lignes de sa main.
 
Un petit point s’impose concernant l’art du Caravage. À cette époque, il est un des grands rénovateurs de la peinture italienne, en proposant des scènes pleines de réalisme, souvent selon un cadrage serré et sur un fond neutre. Il fait un emploi intelligent de la lumière et du clair-obscur, qui influencera l’Europe entière et fera naître plusieurs écoles de "caravagesques"au XVIIe siècle.


 

Mais revenons à notre œuvre : ce qui frappe, c’est l’intensité des regards. L’homme, bien au chaud dans son riche costume, est comme hypnotisé par la bohémienne, et ne remarque pas qu’elle lui subtilise son anneau. Ce jeu de regards envoûtants dissimule un jeu de mains très subtil, qui révèle tout le pouvoir qu’a le personnage féminin dans le tableau. L’homme a beau être bien habillé et avoir une stature noble, il incarne le ridicule le plus fin face à cette jeune femme au doux sourire manipulateur. Ni une, ni deux, elle va ne faire qu’une bouchée de sa proie. Jeu de mains, jeu de vilains.
 
Alors, cette prise de pouvoir par les femmes est-elle vraiment récente ? Caravage, avec talent, a su nous prouver le contraire. Malheureusement, ce n’est certainement ni la première ni la dernière fois qu’une femme se joue d’un homme. Elle l’a vu dans la foule, l’a choisi, le trompe, et le jettera. L’œuvre témoigne de tous les talents de la femme, de ses nombreux stratagèmes pour se jouer des hommes et arriver à leurs fins. Alors, soyons clairs, le "sexe fort" n’a plus qu’à s’accrocher ! 
 
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