LA COLOC’ ENTRE PAULETTE

 
Quand on quitte sa province natale pour partir étudier à Paris, il y a deux manières de s’en sortir sans forcément être obligée de camper sous le  périphérique et sous la pluie…
La première est très simple : vous êtes le genre de filles à qui tout réussit, vous venez d’être prise à HEC, Georges est multimilliardaire et il a décidé, après avoir hérité d’un duplex dans le 16e, de vous suivre jusqu’à Paris.

> Vous finirez heureux avec beaucoup d’enfants et propriétaires d’une demi-douzaine de résidences secondaires réparties aux quatre coins du monde.

La seconde est légèrement moins glamour : vous êtes de ces Paulette à qui les choses ne réussissent pas toujours (le genre il-y a-un-oiseau-qui-passe-tous-les-six-ans-et-c’est-sur-moi-qu’il-soulage-son-inconfort-intestinal), vous validez de justesse chacune de vos années à la faculté, vous avez définitivement renoncé aux garçons après vous être fait larguer une bonne dizaine de fois et, comme si ça ne suffisait pas, vous n’avez évidemment pas le moindre sou en poche.

> Vous finirez seule et endettée jusqu’au cou.

Unique point positif : vous avez une, ou deux, supers Paulette tout aussi désespérées et fauchées que vous, prêtes à investir dans une chambre de bonne et deux lits superposés !
> Mais attention… Je préfère vous prévenir qu’il est monstrueusement dangereux de se lancer dans l’aventure "colocation".  Et, afin d‘éviter que votre meilleure copine ne finisse par vous couper les cheveux et par cisailler votre garde-robe pendant la nuit, il est essentiel d’établir dès le départ une liste de règles à respecter. Ainsi, je vous conseille vivement d’investir dans des assiettes en plastique pour éviter toute opportunité de dispute, à moins, bien sûr, que votre colocataire ne soit la nièce de Nicolas Hulot.
Néanmoins, avouons qu’il est bien plus évident de cohabiter avec Paulette qu’avec Georges.
Pour cause, vous n’avez plus à dormir en mini-nuisette rouge et sexy, et finir en iceberg géant au petit matin : les Paulette ont bon cœur et acceptent votre vieux pyjama molletonné, tâché et délavé. Vous n’êtes pas non plus obligée de vous lever 15 minutes avant Georges pour vous brosser les dents et vous remaquiller discrètement : les Paulette sont tolérantes et connaissent l’effet bouche pâteuse et yeux collés. Enfin, vous économisez un sacré budget esthéticienne puisque les Paulette vous acceptent velues  et se proposent même de vous aider à ratisser aisselles et demies-jambes.
"On a décidé de coucher avec Guillaumet Canet  d’ici 5 ans !"
Vivre avec ses Paulette préférées c’est aussi (et surtout) pouvoir manger un pot de Nutella à la grande cuillère sans complexes et ne plus jamais devoir vous contenter d’une demi-part de pizza/salade verte au dîner. Mais rassurez-vous, on se dépense quand même tous les soirs sur Radio France en meuglant gracieusement dans nos balais et en imitant tant bien que mal les Claudettes, sauf quand le beau gosse du dessous vient se plaindre du bruit… Alors on finit par s’occuper en établissant une Liste de "Choses à Faire Avant de Mourir". Mes Paulette et moi avons décidé de partir faire le tour du monde en van avant nos 30 ans et de coucher avec Guillaumet Canet  d’ici 5 ans !
Et c’est seulement après la énième partie de Rami et surtout après avoir passé une heure au balcon à compter le nombre de voitures rouges qui passent que l’on se dit que l’on quitterait bien ses Paulette pour des soirées un peu plus orgasmiques avec Georges… Compliquées les filles ? Si peu !
> Retrouvez Amandine sur Journaldunefilleavertie.com 
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