LA BEAUTÉ UN MODÈLE UNIQUE ?

   “La beauté est quelque chose d’inutile, sans lequel
on ne pourrait pas vivre. C’est une des catégories
de la pensée humaine avec le Vrai et le Bien.
Pour la psychologie, le beau est une donnée
première et une expérience vitale. Tous les individus
et tous les groupes humains savent ce qu’est
le beau, même s’ils ne sont pas d’accord sur
ce qui est beau. ” Marc-Alain Descamps
Si nous ne pouvons être unanimement d’accord sur ce qui est beau ou non , et , que ce jugement esthétique est propre a l’individu, comment se fait-il qu’un idéal de beauté unique s’impose? Les images des magazines féminins et de la publicité nous présentent des femmes parfaites et irréelles, clonées les unes sur les autres.
 
L’obsession des médias pour la minceur et la jeunesse aurait, selon certains spécialistes, des racines économiques. En présentant un idéal difficile à atteindre et à maintenir, on assure la croissance et la rentabilité de l’industrie des produits amincissants et des cures de jouvence. Les femmes, inquiètes de leur apparence, sont plus susceptibles d’acheter des produits de beauté, de nouveaux vêtements et des produits de régime. Ces derniers à eux seuls rapporteraient 160 milliards de dollars par année.
Chaque époque a reformulé sa conception de la beauté, le XXème siècle l’a rendue convulsive pour nous livrer aujourd’hui à la tyrannie des apparences. Après avoir standardisé et rationalisé notre quotidien en le formatant dans ses machines, l’industrialisation du monde poursuit son développement en modélisant la beauté des femmes à grande échelle. Les fabricants de cosmétiques ou de vêtements, les chirurgiens esthétiques, les magazines féminins et la plupart des grands médias qui vivent de la publicité, les laboratoires pharmaceutiques, certaines industries alimentaires – et j’en passe – font leurs fortunes en s’appuyant sur la tyrannie des apparences qui investit la presque totalité du globe, jetant aux orties les canons esthétiques d’une époque, d’une sensibilité, d’une morphologie ou d’une culture spécifiques. Ils imposent aux femmes du monde entier des schémas identiques et reproductibles en série.
 
Films et photographies font la promotion d’un "idéal féminin" irréaliste. Vous me direz que c’est le propre d’un idéal, qu’on ne peut que tendre vers lui, s’en approcher sans jamais l’atteindre. Mais la caractéristique de celui-ci est non seulement de ne s’attacher qu’aux apparences en étant dénué de toute qualité, mais de s’imposer de l’extérieur et non d’être choisi. Totalement inaccessible à la plupart des femmes, il pousse certaines africaines à se blanchir la peau car elles ont intégré que la beauté était "blanche". Nous avons toute malheureusement déjà aperçu au moins une fois , une femme au visage ravagé par l’usage de ces crèmes. Même sous un tchador, les riches iraniennes vont recourir au botox, aux implants ou à la chirurgie esthétique pour tenter de se modeler l’apparence supposée "idéale". En Asie le culte de l’occident est tel que a candidature égale pour un poste dans la communication, une candidate aux traits asiatique ne sera pas prise face a une autre a l’allure plus occidentale (opérations des paupières , du nez , du menton et même parfois des jambes , pour paraitre plus grande !) Quand aux occidentales même les plus modestes sont nombreuses à se ruiner en cosmétiques miraculeux, en chirurgies couteuses, en régimes draconiens.
 
Telle la siphonnée marâtre de Blanche-Neige, ce n’est plus dans le regard des autres que nous apprenons à nous aimer telles que nous sommes et à nous construire mais dans l’impitoyable réflexion d’un miroir sans cœur qu’on laisse trop souvent nous tourmenter.
Plutôt que de se lancer a la poursuite d’une chimère, Paulettes Aimons-nous (avec un grand A), vous êtes si jolies lorsque vous souriez !
 
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