KIZ, UN JEU SUR LA LANGUE

Alice Chiaverini et Marc Parodi – alias KIZ – se sont lancés dans la musique en postant des covers originaux sur Youtube et pour les Inrocks. Ce 27 novembre, ils sortent leur premier EP de compositions dont le premier extrait “Est-ce que tu sang ?” est déjà disponible.
Rencontre avec ce duo, très complice et créatif, qui propose des titres entièrement francophones et électro-pop qui donneront un coup de frais à votre playlist.

Paulette : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Alice : C’était à l’école de musique Atla en 2009-2010, mais plutôt en fin d’année. L’anecdote de notre rencontre est assez cocasse donc je vais laisser Marc raconter.
Marc : J’ai trop la pression (rires) ! C’est juste que quand je l’ai vuE aux Portes ouvertes de cette école, je me suis dit “j’espère qu’elle n’y sera pas”, parce qu’elle ne me revenait pas. Alice : Et à la rentrée, on s’est retrouvé dans les mêmes cours et dans la même classe. Lui il me détestait mais moi j’avais même pas tilté qu’il était là. On ne s’est pas parlé de l’année. Il s’est avéré qu’on devait faire des concours de fin d’année, et faire des groupes pour proposer des titres. On était un peu chansons françaises tout les deux on s’est dit “ben tiens, même si on se déteste ce serait bien qu’on fasse de la musique ensemble”. Et finalement, ça a bien marché, on a même composé ensemble pour des concours d’entrée dans des conservatoires. C’est de là qu’est né le groupe. Mais au début, c’était très mal barré !

Pourquoi Kiz, parce que c’est ma Zik qui vous a rapproché ?
Alice : C’était le format court qu’on aimait bien, et puis on voulait quelque chose de léger, de frais.
Marc : C’était plus graphique.
Alice : Parce que le K et le Z sont deux consonnes assez fortes, séparées par le i. Ca représentait un peu le duo avec deux personnalités différentes. Un qui présente le K l’autre qui représente le Z.

Pourquoi vous avez décidé de faire de la musique qui joue sur la superposition des sons, les bruitages… ?
Marc : En fait ça s’est fait par défaut. Quand on a commencé à faire de la musique ensemble, on faisait ça dans mon petit appartement et on n’avait pas de batterie ou rien du tout. Et on s’est dit “tiens, prends ça pour faire du kick et ça fera la caisse claire.” Et puis du coup on a fait plusieurs morceaux comme ça et puis finalement on y a pris goût. Et maintenant quand on pense un morceau on voit ça comme “ah tiens qu’est-ce qui pourrait rendre bien pour une caisse claire ?”.

Comment est-ce que vous arrivez à trouver le son parfait ? Vous avez cassé tous les meubles avant de trouver ce qu’il vous fallait ?
Alice : C’est un peu par hasard.
Marc : Mais on y pense un peu quand même. Je sais que sur “Cours”, on n’imaginait pas la caisse claire autrement que ce bruit de graviers. C’est des bruits qu’on a déjà entendu avant et donc quand on pense au morceau, à la technique, on se dit que “ah ce bruit là il serait bien”. Y en a qui vont essayer de reproduire avec le vrai instrument, nous on prend le bruit directement.
Alice : Parfois on a un petit enregistreur comme ça, on a une table et une tasse et on va se dire “tiens ça peut être marrant !” et on utilise les objets qu’on a sous la main. Et au moment où on veut le refaire avec d’autres sons et d’autres bruits, ça ne marche plus. Parce que ça a une âme que tu ne retrouves pas forcément avec d’autres objets.

Vous réalisez chacune de vos chansons et vous réalisez aussi tous vos clips. Est-ce que l’image compte autant pour vous que la musique ?
Alice : Moi je dirais que c’est indissociable. On ne va pas écrire une musique sans avoir un début d’image dans la tête et on peut pas avoir une idée de clip sans avoir de musique. Pour moi c’est vraiment imbriqué.
Marc : On a même donné le nom du groupe plus pour une forme graphique ! Tout dans l’apparence ! On est très superficiel (rires

Vous avez surtout été connus grâce à vos covers Youtube et vos vidéos pour les Inrocks. Comment vous en êtes venus à composer ?
Marc : On faisait les deux en même temps.
Alice : On a même composé avant de faire des covers. On s’est mis aux covers parce que c’est un exercice qu’on adore faire, ça fait partie de notre personnalité artistique. Et ça a amené les gens qui ne nous connaissent pas, parce que quand on fait des composition et qu’on est pas connu, personne ne va aller cliquer sur le nom d’une groupe qu’ils ne connaissent pas.
Marc : C’est une invitation à notre univers ! C’est moi qui fait les paroles de chansons… (rires)

Il y a des titres comme Des habits et moi et est-ce que tu sang ? qui jouent beaucoup sur les mots, les syllabes… Est-ce que cela complète votre jeu avec la superposition des sons ?
Marc : Je ne l’avais jamais pensé comme ça, mais c’est vrai que c’est lié. Mais y en a plein qui font ce qu’on fait. On n’est pas des inventeurs.
Alice : On voulait juste prendre des choses et les voir différemment. Les voir sous un autre angle. Ça donne envie de jouer avec.
Marc : Je pense que c’est une façon détourné de faire passer des messages, sans passer par un premier degré qu’on aurait peut-être du mal à assumer.
Alice : On est pas du tout premier degré. On pourrait pas du tout écrire comme ça. On chante ce qu’on est.

Vous avez déjà fait quelques concerts. Comment arrivez-vous à retransmettre le jeu que vous avez dans vos vidéos et musiques sur scène ?
Marc : On a mis du temps à trouver.
Alice : Techniquement c’est assez compliqué parce qu’on s’est dit “comment on va faire pour ramener tous les objets qu’on a utilisé pour les faire en live ?”. Donc du coup on utilise beaucoup de pad (synthétiseur).
Marc : Au début, on travaillait avec une base “basse batterie guitare”, et après les gens étaient un peu déçus de ne pas retrouver cet univers qu’on proposait dans nos vidéos. Maintenant on arrive à le retranscrire plus facilement avec les machines…
Alice : Après un live c’est toujours différent d’une vidéo et d’un album, on y tient justement ! On veut proposer autre chose. Mais quand ils viennent nous voir ils retrouvent les mêmes personnages, la même façon de travailler et toute l’interactivité qu’on essaie de mettre en place avec le public.

Comment vous définiriez ces personnages ?
Marc : Elle, elle a un côté un petit peu débile.. Et moi je suis plus le mec qui impose un peu quoi ! (rires)… Non ?
Alice : Non !
Marc : Ah mais je suis hyper-vexé !
Alice : Non mais voilà, lui il fait un peu le one-man show sur scène, il a ce côté un peu rigolo, toujours la blague au bon moment.
Marc : Et Alice elle a plus le côté un peu pétillant !
Alice : Moi je suis un tout petit peu plus physique sur scène et Marc est plus dans le propos.

Quel est votre meilleur souvenir de concert ?
Alice : Je crois que c’était le festival de Poupet cette année. Personne ne nous connaissait, on jouait avant Calogero donc les gens étaient là pour lui. On a fait un cri de guerre juste avant avec nos musiciens pour être vraiment dedans en disant “même si ils ne nous applaudissent pas, on y va, on essaye de donner le maximum”. Notre batteur rentre sur scène en premier, il commence à faire un truc. Et là on voit 3000 personnes qui applaudissent et qui crient.
Marc : “Kiz, kiz, kiz !”
Alice : (rires) Non quand même pas, mais c’était hyper émouvant et c’était un public super agréable. C’était impressionnant. On était même pas entrés sur scène que déjà c’était un souvenir énorme !

Vous faites de la chanson française. Est-ce que vous comptez faire quelque chose de plus international ?
Marc : L’anglais, c’est moi qui vais bloquer parce que j’ai un sale accent. (rires)
Alice : En fait c’est assez drôle, parce qu’on a pas du tout l’envie d’écrire en anglais. C’est pas quelque chose qui nous intéresse pour l’instant. Mais pour ce qui est de l’international, on se rend compte qu’on arrive à toucher les gens même en chantant en français. Notamment au Mexique, aux USA, au Japon. Et puis on fait quand même des reprises sur des chansons un peu plus accessibles, même si ce n’est qu’instrumental.
Marc : On a même pas mal de demandes de personnes à l’étranger qui veulent qu’on vienne jouer !

Quels pays en général ? J’ai vu que vous aviez une bonne base de fan au Japon, notamment depuis votre reprise de la musique iPhone ! Marc : Marimba est même utilisé au japon pour le générique d’une émission !
Alice : Pour ce qui est du public, c’est assez vaste. Dernièrement un irlandais nous a laissé un commentaire en français. Sans doute en utilisant google traduction c’était trop mignon !
Marc : “Il te faut venir s’il te plaît” !
Alice : Ça nous fait vachement plaisir. Et au Mexique on a le fan numéro 1 je crois.
Marc : Il nous suit depuis longtemps !
Alice : Avec le décalage horaire dès qu’on sort un truc, il ne dort pas jusqu’à ce qu’il y ait la sortie française.
Marc : il reste éveillé jusqu’à 5h du matin !
Alice : On est assez proche des gens. On discute par messenger, on est assez content de répondre ! On aime bien cette relation de proximité, et on le voit plus comme un ami que comme un fan en fait.

Une dédicace aux Paulette ?
Marc : Pour les Paulette : rendez-vous ce soir vers Pigalle, là où j’habite. Si vous êtes dispo, on pourra discuter !
Alice : Et à tous les Georges : si y en a un qui sait jouer un peu de guitare.. Je cherche un remplaçant donc je ne suis pas contre un petit rendez-vous !

Site : www.kizmusique.com/
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Concert le 9 janvier, au Divan du monde, Paris

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