JUPITER : “ON NE COMPREND PAS QUE DAVID GUETTA CARTONNE AUX USA”


Photos de Anne Charlotte Moulard

Si vous pensiez encore que Jupiter n’était qu’une planète, le nouvel album du duo franco-anglais  au nom galactique, formé par Amélie et Quarles, va vous prouver le contraire. Après nous avoir fait danser avec leur premier album “Juicy Lucy” en 2012, le groupe électro-funk revient avec un nouvel opus “Bandana”. Rencontre interplanétaire.

 
Paulette : Dans votre album précédent “Juicy Lucy”, les sons étaient très disco, plus électro que ceux de votre nouvel opus “Bandana Republic”. Ici, il y a une ambiance très Tiki Bar, fin de journée à la plage… Qu’est-ce qui vous a inspiré pour ce nouvel album ?
Amélie : La moitié de l’album a été enregistré en Californie, nous sommes partis pendant deux mois. On écrivait notre album la semaine et on visitait la région le week-end : la mer, les petites villes, le désert, ces grands espaces américains… Et comme on écrivait un morceau par semaine, chaque titre a été influencé par nos voyages.
 
Quarles : Notre état d’esprit nous a également aidé à trouver l’inspiration, on a arrêté d’écouter de la musique moderne pendant deux mois. On voulait faire le vide, ne pas reproduire la même chose que sur notre premier album. Aller aux États-Unis a été très salutaire, ça nous a beaucoup inspiré. Alors si on l’avait écrit dans notre studio à Paris, on n’aurait pas pu changer grand chose.
 
Est-ce que cela signifie que désormais pour écrire un album, vous allez à chaque fois arrêter d’écouter les chansons du moment ?
Quarles : Non, pas forcément. La prochaine fois si on voulait faire différemment, on n’écouterait que de la musique moderne. Mais bouger, changer d’air, c’est quelque chose que  je conseillerais à toutes personnes à la recherche d’idées. On change d’état d’esprit, notre rapport aux gens est différent, comme on ne connaît personne on doit se débrouiller et être soi-même. Je pense que cet album nous ressemble plus que le précédent.
 
Amélie : J’irais bien en Amérique du Sud la prochaine fois. Aujourd’hui, cet album nous ressemble plus car on a grandi. “Juicy Lucy”, c’était nous quand on était plus jeune.
 
Pourquoi avez-vous choisi d’appeler votre nouvel album “Bandana Republic” ?
Amélie : Quarles porte très souvent le bandana et on trouvait ça marrant, car on a commencé à écrire l’album aux États-Unis et pour nous le bandana est le symbole de ce pays. Et c’était un bon jeu de mots.
 
Quarles : Oui c’est rigolo, il n’y a pas de considération politique ou géopolitique dans ce titre. (rires)


 
S’il y a une chanson que l’on devrait écouter en boucle, parmi toutes celles de votre dernier album, ce serait laquelle ?
Quarles : Si je devais en écouter une en boucle, ce serait “Eastwest”. (huitième titre de l’album, ndlr)
 
Amélie : Moi je pense que ce serait “Bandana”. (second titre de l’album, ndlr)
 
Justement dans “Bandana”, la voix féminine ressemble à celle des chanteuses noires au style disco-funk, comme celles de Boney M. Quels sont les artistes qui vous influencent ?
Amélie : On a toujours aimé les artistes funk, disco. D’ailleurs quand on était aux États-Unis, il y avait seulement trois radios que l’on écoutait : une radio rock, une autre très fifties et une radio soul et funk.
 
Si une chanson, dans la bibliothèque musicale universelle, pouvait résumer votre évolution musicale depuis votre premier EP Starlighter, laquelle ça serait ?
Quarles : “Maggot Brain” de Funkadelic, parce qu’il s’agit du morceau d’un groupe de funk. Et nous à la base, on vient de cet univers musical là.  Puis Funkadelic a essayé d’évoluer, de mélanger les genres musicaux et c’est un peu ce qu’on a fait. Au début, on fait de la musique électro, funk et disco, puis même si on aime toujours ça, on  essaie maintenant d’avoir d’autres influences, avec des guitares, de la batterie, quelque chose d’un plus rock.
 
Quelle est la chanson qu’on ne trouvera jamais dans votre Ipod ?
Quarles : “Quand il pète il troue son slip” de Sébastien Patoche.
 
Amélie : Je dirais n’importe quel morceau de David Guetta. Ou n’importe quel morceau de Fauve.
 
Comment vous régissez quand, dans la presse étrangère et française, vous entendez que David Guetta et Fauve sont considérés comme des icônes de la musique hexagonale ?
Amélie : Fauve, ils ont un style différent, qui leur est propre. C’est juste que je n’aime pas leur musique. David Guetta, je trouve ce qu’il fait tellement facile, que je ne comprends pas qu’il puisse cartonner aux États-Unis. Et en plus, il considère ce qu’il fait comme quelque chose “d’indé”. Je préfère que les Daft Punk soient nos ambassadeurs plutôt que David Guetta.
 
Quarles : Fauve, c’est juste un style de musique que je n’aime pas, alors que David Guetta c’est très dancefloor. À l’étranger David Guetta c’est quelque chose de frais.
 
Quelle est la musique la plus has been, dont vous avez honte, que l’on peut trouver dans votre Ipod ?
Amélie : Je n’ai pas honte d’avoir “Copacabana” de Barry Manilow dans mon Ipod, en plus je l’écoute tout le temps et j’adore ce morceau, mais souvent on se moque de moi.  
 
Quarles : Moi je trouve “Copacabana” super et pas du tout has been. Je n’ai pas honte des chansons que j’aime écouter.
 


Vous avez des milliers de fans (8 995 sur Spotify et 13 382 sur Deezer) vous étiez la chanson du Coming Next du Grand Journal il y a quelques semaines, “One o six a été choisi pour être le soundtrack de la pub Chanel Make Up, etc. Peut-on encore vous considérer comme un groupe “underground” ?
Amélie : On est toujours plus underground que quelqu’un d’autre, par rapport à David Guetta on est mega underground. Je considère qu’on a toujours un public indé’.
 
Quarles : On est toujours indépendant dans notre musique, puisqu’on a notre propre label “Persephone”.  Ensuite, ça dépend de quelle perspective on se place. Comme disait Amélie, on est toujours l’underground de quelqu’un. Mais on ne fait pas de la musique pour qu’elle plaise au plus grand nombre.
 
Pourquoi avez vous décidé de lancer votre propre label “Persephone” ?
Amélie : On est un peu des control freak. On n’aime pas trop qu’on nous dise “tu ne devrais pas faire ça, mais plutôt ça”. Nous sommes un peu des DIY, on n’a pas envie d’aller enregistrer dans un grand studio à 200 000 euros ou d’avoir un label qui nous impose des choses. On aime tout faire nous-mêmes, on est un peu des bricolos de la musique.
 
Quarles : Personne peut nous dire “tu devrais faire ça, travailler avec un tel” ou “chanter de telle manière”. Et même dans les petits labels indépendant ça peut se passer ainsi, alors être à notre propre compte nous permet de garder le contrôle et de ne pas être influencés.

 
Votre compte Instagram est un vrai roman photos. Vous y postez vos instants food, votre rencontre avec Cara Delevingne, vos photos de vacances, etc.  Comment serait pour vous la photo Instagram idéale ?
Amélie : J’aime beaucoup les photos de paysage, alors ce serait certainement une photo de paysage, dans un désert rocheux avec Quarles au loin en short et en bandana avec un petit fennec.
 
Quarles : Ce serait un selfie avec Pierre Richard et Jean Rochefort !
 
Une petite dédicace aux Paulette pour finir ?
Amélie : J’aime vraiment Paulette, parce que c’est le seul magazine que l’on lit et où l’on peut s’identifier aux gens qui sont dedans. Ce n’est pas comme dans les autres magazines où une fille qui fait une taille mannequin porte un sac à 2500 euros que l’on pourra jamais s’acheter. Et puis Paulette c’est plus fun et ça se prend moins au sérieux, donc bravo Paulette.
 
Quarles : Je t’aime Paulette !


JUPITER :: BANDANA REPUBLIC
Sortie le 4 mai
Label Persephone
 
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