JOURNÉE MONDIALE POUR LE DROIT À L’AVORTEMENT, QU’EST-CE QUI A CHANGÉ DEPUIS 2020?

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale pour le droit à l’avortement ! Pour l’occasion, on vous emmène faire un tour du monde, pour voir l’évolution (pas toujours positive) de ces deux dernières années.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont légalisé l’avortement – c’est le cas dans la grande majorité des pays européens. Pourtant, ils sont encore nombreux à le restreindre dans le monde, voire à l’interdire complètement. Entre avancements et régressions, voici certaines des évolutions depuis 2020.

En Nouvelle-Zélande, l’interruption volontaire de grossesse, jusque-là passible de 14 ans de prison (sauf si la santé de la personne enceinte était en danger), n’est plus considérée comme un délit depuis mars 2020. Le parlement a en effet adopté la légalisation de l’avortement lors des 20 premières semaines de grossesse.

Le 22 octobre 2020, le tribunal constitutionnel de Pologne révoque l’avortement en cas de malformation du fœtus, clause prévue dans la loi anti-avortement de 1993. L’IVG devient alors légale uniquement en cas de viol ou si la grossesse représente un danger pour la personne enceinte. Or, en 2019, sur 1 100 avortements légaux en Pologne, on comptait 1 074 cas de malformations du fœtus et 26 cas de viols ou mise en danger de la personne enceinte. En durcissant sa législation en matière d’avortement (l’une des plus dures d’Europe), la cour constitutionnelle de Varsovie rend l’avortement quasiment illégal, et bafoue les droits des personnes menstruées.

Rejetée en 2018, la légalisation de l’IVG a finalement été acceptée en Argentine, en décembre 2020. Avec ses 45 millions d’habitant.e.s, l’Argentine devient le plus grand pays d’Amérique latine à autoriser l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse, sans condition.

Le 21 janvier 2021, le Parlement du Honduras, à majorité conservatrice, vote un amendement constitutionnel qui interdit non seulement l’avortement (même en cas de viol, d’inceste, de malformation grave du fœtus ou si la santé de la personne enceinte est en péril), mais également le mariage entre personnes de même sexe.

Ce 1er septembre, au Texas, entrait en vigueur une loi interdisant tout avortement après la sixième semaine de grossesse, dès lors qu’on perçoit les battements de cœur du fœtus (même en cas d’inceste ou de viol). Une loi très restrictive dans cet État conservateur du Sud, car à ce stade de la grossesse, de nombreuses personnes ignorent qu’elles sont enceintes. Cette mesure a fortement été critiquée par l’administration Biden, et jugée « clairement inconstitutionnelle » par le ministère de la justice, qui a porté plainte contre l’État, pour que cette loi soit annulée.

Jusqu’ici sanctionné.e.s en cas d’avortement, les Mexicain.e.s peuvent, depuis  septembre 2021, y recourir. Jugé inconstitutionnel par la Cour suprême du Mexique, l’avortement n’est plus criminalisé dans le pays. Cette décision est historique dans ce pays profondément conservateur et catholique !

Dimanche 26 septembre, la petite enclave de Saint-Marin votait en faveur de la légalisation de l’avortement (à 77 % de oui). Une avancée majeur pour l’état à forte tradition catholique, qui, depuis 1865, considérait l’avortement comme un crime passible de 6 mois à 3 ans de prison pour la personne enceinte, et jusqu’à 6 ans de prison pour le médecin qui pratiquait la procédure. Désormais, l’IVG peut avoir lieu au cours des douze premières semaines de grossesse.

Article de Lucie Narouman

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