JOUR 7 SUR LA CROISETTE

Photographie, Stéphanie Chermont


Ce mardi s’est voulu cinéphile ! Trois films en compétition, vus les uns après les autres, avec pour délire la montée des marches à côté de Vincent Lindon. C’est parti !

8h30, bonjour.
Le film en compétition de ce matin est Le Havre, d’Aki Kaurismäki. Réalisateur finlandais, il nous livre un long-métrage uniquement en français, au Havre, entre deux conteneurs et un bar du village. Vintage est le mot adéquat. Une star du rock, un couple gentillet tout droit sorti des années 70, un clin d’œil à l’entraide et la solidarité, un coup de gueule contre les expulsions de clandestins, bref, un film engagé et divertissant à la fois. On aime Jean-Pierre Daroussin dans son rôle de policier au grand cœur – un peu comme dans Le Cœur des hommes – mais aussi le côté décalé du film qui, avec simplicité, arrive à émouvoir et touché. Applaudi par les journalistes dans la salle ce matin, le film a évidemment toutes ses chances pour la Palme d’Or !

Une fois sortie de la projection, me voici un peu curieuse de tester la plage Orange. Et oui, ce qu’il faut savoir les Paulette, c’est qu’à Cannes, les plages sont toutes privatisées. Pour y entrer, il faut un badge, une invitation, son nom sur la liste… C’est donc sur un confortable matelas blanc que je vous écris ces quelques mots – comment ça j’exagère ?


14h00, sexe.
Première arrivée dans la salle du Soixantième, je découvre avec étonnement le film L’Apollonide, souvenirs de la maison close. Le film de Bonello est en compétition, avec trois autres français. Nous avions rencontré la jolie Adèle Haenel pour son rôle de meilleure amie dans En ville, elle interprète dans ce film une prostituée de luxe, dans une maison close du XIXe siècle. Passer d’un rôle d’adolescente volage à une experte du sexe, loin d’être impossible pour la jeune actrice ! Le film est un huis-clos où une dizaine de femmes montrent leurs charmes, s’aident, s’ennuient, se lassent d’une vie dédiée aux plaisirs des hommes. Décors anciens, robes longues et satin, L’Apollonide charme jusqu’à ce que l’on s’abandonne aux images, aux scènes.

À peine la projection terminée, les marches sont envahies de monde pour accueillir Vincent Lindon et l’équipe du film Pater… Ne pensant pas avoir l’opportunité de rentrer, je tente quand même ma chance ! Bingo, non seulement on me fait monter les marches, mais en plus on me place dans la corbeille. Comme quoi, il faut oser parfois…


16h30, Tel père, tel fils. 
Une seule projection pour le film d’Alain Cavalier, le chouchou de la critique cannoise. Le film est tourné caméra à l’épaule, par Vincent Lindon lui-même et Alain Cavalier, acteur aussi. Sorte de documentaire fiction, les personnages se mettent dans la peau d’un président de la République et de son premier ministre ; oubliant totalement la caméra, ils se mettent à divaguer, à penser à voix haute. Quelques répliques drôles nous réveillent – non, je n’ai pas totalement dormi pendant le film, promis – "Vous n’allez pas le croire, mais cette cravate Inès de la Fressange en soi est aussi douce que sa peau, ah Inès, quelle femme", s’exclame Alain Cavalier dans son costume de premier homme de France. Le cadre du film, de Denfert-Rochereau à Saint Sulpice donne un côté gauche caviar. On se moque des lois, des statuts, de la politique avec délicatesse, exercice, souplesse.

Ce soir, direction la Villa des Inrocks pour deux concerts, Brigitte et We are enfant terrible.

Défis de la soirée : une dédicace pour vous des deux groupes dont nous sommes fans sur Paulette et une exclusivité en vue… Je ne vous en dis pas plus aujourd’hui !
 

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