JOUR 3 SUR LA CROISETTE

Photos, Laetitia Lopez pour Paulette

13h05. Arrivée à la gare de Cannes. En retard. Normal vous diront les festivaliers trop blasés, les trains ne sont jamais à l’heure dans cette ville de m****.

Oui parce que les festivaliers, les vrais de vrais, ceux qui en sont à leur 23è Cannes (je veux bien qu’ils soient las, mais vous noterez qu’ils comptent encore… enfin, c’est
so chic d’être fatigué d’avance…), bref les vieux brisquard des marches et les gros poissons de la Croisette, ils en ont maaaarre, déjà ! "C’est quoi ces paillettes, ce glam de midinette, ces fêtes surfaites, on est là pour le biz’, faut pas l’oublier. Allez tâche de t’amuser !"…


Ok cimer le rabat-joie.
Moi, faut surtout que je tâche de trouver mon appart’, de me changer parce que ciel gris et chaleur suffocante, c’est pas exactement ce que j’avais en tête… Hop hop hop quelques marches montées (euh certes pas celles auxquelles vous pensez) et me voilà à la Pergola (si c’est pas ung joli nomg du Suuud ça alors !), charmante demeure convertie en auberge espagnol le temps du festival.

Un coup de parfum, un coup de pinceau, planning en main et c’est parti, direction le Miramar où est projeté La Guerre est déclarée, deuxième film de Valérie Donzelli (La Reine des Pommes) et film d’ouverture de la Semaine de la Critique, ovationné la veille en grande pompe. Bien curieuse de voir ce film qui est déjà sur toutes les lèvres, que l’ont dit "remarquaaaaaable" et qui a suscité une standing ovation de 10 minutes à laquelle participaient Valérie Lemercier, Sandrine Kiberlain et Léa Seydoux…

Et bien oui, c’est "remarquaaaable" : la pudeur dont fait preuve la réalisatrice pour raconter l’histoire, autobiographique, du combat d’un couple face à la tumeur au cerveau de leur enfant, est époustouflante de grâce. La musique sait provoquer l’émotion juste et donne envie de ré-écouter de l’opéra (c’est vous dire !). Le ton est décalé, sans fausse légèreté ni mélo. Le film est loin d’être parfait – petites scènes de chant à la Christophe Honoré un peu trop germanopratines, redondances, faiblesse de jeu… – mais impose une vraie singularité, une forte personnalité, enfin un talent sincère, à l’instar du Nom des Gens, film d’ouverture de l’année dernière. Chapeau bas !

Il devait ensuite y avoir une projection de Soul Man 3D organisée par son distributeur au Grand Hôtel… Il s’agit en fait de la projection de son trailer de 8 minutes ! Ah les fourbes, ils ont fait le coup de la petite astérisque invisible sur le carton d’invitation ! Ah les malins, ça c’est du métier, on ne m’y reprendra plus, je file.

Légère course-poursuite pour récupérer accréditations/invitations et tout le tintouin… Non mon front ne perle pas, je ne vois pas ce que vous voulez dire. Parce que soyons honnêtes, entre nous, ça va quoi on va pas se mentir, Caaaaaaaannes, si on est pas De Niro, ça peut être vite la galère. Confère le "bon pote" qui t’appelle : "ah bon t’existes encore toi?", "mais ouiiii j’suis à Caaaaannes, t’as pas une invites pour la fête d’Habemus Papam, je t’invite au cocktail Ushuaya avant si tu veux". Il est pourri ton deal mec.


Et c’est ainsi que les hostilités pour la hipitude ont commencé. Qui tapera la soirée Canal  (j’ai pas dit tapera à la soirée Canal, oh ça va hein !) ? Qui dansera avec Michel Piccoli (si, ça fait partie des plans trendy je vous assure) à la fête d’Habemus Papam, de Nanni Moretti, en compétition officielle aujourd’hui ? Qui teuffera avec les keufs de Polisse, autre film en compétition aujourd’hui réalisé par la très audacieuse Maïwen (Le bal des actrices) ?

Bon, je dois vous avouer que je suis plutôt fantassin que centurion dans cette guerre du squat.
Donc pour éviter la boucherie, je vais tranquillement où je suis sûre de rentrer, ouais je sais c’est pas rock mais merde je viens d’arriver. Petit tour par le bateau Arte, le champagne y est bon et la brize légère. Mais les gens ennuyés. Ou Allemands. Bref un peu chiant, une sorte de Arte touch ! Donc je pars à la fête de l’Acid, une des sélections parallèles du festival pour le cinéma indépendant. Elle porte bien son nom, l’ambiance y est un peu plus chaude, ça danse, grave même… mais sur du Patrick Maé. On va peut-être pas trop insister…

Allez, à ciao bonsoir, la soirée Canal, ce sera l’année prochaine, promis !

 

 

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