JOHN DOE : FREESTYLE DE RAPPEURS ANONYMES

John Doe, n’est pas un nouveau rappeur qui buzz mais un concept original baser sur la performance des MC. Depuis 2 ans déjà, le concept cumule des milliers de vues sur Youtube et a trouvé très rapidement son public. Un public chevronné qui se plaît à spéculer sur « la bouche » du moment.

Parce que le principe de John Doe est simple et ne se résume en tout et pour tout qu’à une bouche, filmée d’une vue rapprochée. Certains MC sont anonymes, d’autres reconnaissables (, mais tous s’adonnent à la même chose : un freestyle qui dure parfois moins d’1 minute.

Un freestyle de 1 minute pour dire quoi ? Que toutes histoires se caractérisent par une singularité, tout simplement. Et, de la singularité, John Doe en a et nous le montre de manière explicite toujours avec des bouches toujours différentes. Tantôt on peut y découvrir des personnes barbues, imberbes, des joues pleines, creuses, avec des traits fins ou plus marqués, des visages balafrés ou encore, plus rares, des traits féminins.

Aujourd’hui, près de 60 vidéos de MC “John Doe” et femmes « Jane Doe » ont déjà été postées. Toujours le même lieu d’enregistrement, le même cadrage serré, la même durée, de manière à attiser la curiosité des internautes qui se demandent toujours qui se cache derrière chaque visage.

Souleymane a rencontré le collectif 75e Session, à l’origine du projet, et a cherché à en savoir un peu plus…
 
 
Paulette : D’où vous est venue l’idée de John Doe ?
75e Session : Un jour, il y a de ça 3 ans, on filmait un pote le temps d’une 16 mesure, juste pour « prendre l’audio » et garder une trace d’un texte qui ne serait jamais enregistré. Notre caméra s’est par hasard posé sur le bas de son visage, l’idée du cadrage serré sur la bouche est née de là, après quelques essais de lumière, de cadre, on en est arrivé au ce qu’il y a de plus basique en fin de compte.

“50% de la notoriété d’un rappeur repose sur l’image qu’il véhicule”

Pourquoi faire rapper les artistes anonymement ?
La première raison, c’est parce qu’on a le sentiment qu’aujourd’hui 50% de la notoriété d’un rappeur repose sur l’image qu’il véhicule. Des bons rappeurs sont souvent sous-estimés parce qu’ils n’ont pas les bonnes chaussures, la bonne gestuelle, etc. Et inversement, d’autres artistes moins bons peuvent être surestimés pour ces mêmes choses. En parallèle, ça nous plaisait d’unir tous ces artistes sous un seul nom pour les placer sur un même niveau. Mettre de côté la renommée d’un « blaze » pour ne juger que le talent, ou encore permettre à des artistes moins exposés de se mélanger avec d’autres, plus connus.
 
Comment procédez vous au choix des artistes ?
On choisit les artistes entre nous, au sein de l’équipe 75e Session. C’est avant tout des rappeurs qu’on apprécie, des gens qu’on a envie de mettre en avant. Le choix se fait de manière très naturelle suivant nos goûts, on n’essaye pas d’être un « patchwork » du Hip-Hop français, mais simplement de réunir des gens qu’on apprécie.
 
Comment convaincre les artistes de se prêter au jeu ?
On s’est lancé dans la saison 1 avec des potes, des MC’s qui font partie de nos proches. Pendant longtemps, on n’a pas vraiment eu à convaincre les artistes, puisqu’ils faisaient partie de notre entourage et c’était un plaisir de travailler ensemble. Les choses ont fait que la « série » a bien marché, la plupart des rappeurs qu’on a pu contacter par la suite connaissaient donc déjà le concept et l’approuvait.
 
Le concept est-il apprécié par le milieu rap ?
Oui le plus souvent bien accueilli, les rappeurs apprécient aussi de délaisser l’image pour se faire « juger » sur leur musique seulement. ça crée une petite compétition.
 
Vous attendiez-vous à un succès aussi immédiat de la part du public ?
Non. On n’avait pas vraiment projeté d’avoir un tel succès. On a commencé la série au début de cette nouvelle scène apparue dans le rap français depuis 3/4 ans. On n’était pas trop au courant des histoires de buzz, etc. À l’époque on n’avait que deux clips à notre actif, qui avaient très bien marché par chance, on ne connaissait pas vraiment les « standards ».
 
Ce projet est-il un bon tremplin musical pour les jeunes rappeurs ?
Tremplin est un grand mot. Avec la déferlante de contenu Hip-Hop qui sort quotidiennement, la série a plus de mal à se faire une place maintenant si l’on s’en tient au fameux indicateur de « vues de Youtube ». Nous n’avons plus le même impact aujourd’hui mais la série a sûrement pu en aider quelques-uns et continuera, on l’espère, dans les prochains épisodes.
Quel est le futur de John Doe?
John pense de plus en plus à s’acheter une petite cabane au bord d’un lac pour y passer ses vieux jours, pêcher la journée et se ranger près du feu de cheminée le soir. Mais on l’a vu à plusieurs reprises, il change souvent de plans au dernier moment. Seul le futur nous le dira… il faudra lui demander directement !
 
 
>Chaîne Youtube de 75e Session : https://www.youtube.com/user/75esession
 
 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *