JOHANNE DEFAY : « IL FAUT SAVOIR FAIRE LA PART DES CHOSES »

Johanne Defay, championne française de surf, a été qualifiée pour les JO de Tokyo de 2021. De quoi en profiter pour revenir sur son parcours en tant qu’athlète professionnelle. 

Johanne n’est pas seulement championne française de surf, mais aussi championne européenne et n°8 monde. Impressionnant, n’est-ce pas ? Et elle n’a que 27 ans. Oui, en surf, il faut commencer tôt. Elle a pris ses premières vagues à 7 ans et commencé la compétition à 10. Accro au sport et « très famille », la française participe bientôt aux French Rendez Vous of Surfing à Anglet, et a surtout été qualifiée pour les JO de Tokyo 2021, premier JO avec du surf… Et on a eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions.

Qu’est-ce que qui vous a fait comprendre que vous vouliez faire du surf votre métier ? 

Ça a été assez naturel au final. J’ai eu des résultats donc on a continué. Mes parents étaient super ouverts pour que je fasse ça en parallèle de mon école. Vers 18/19 ans, c’est là que j’ai choisi, et je ne regrette pas ! Ce n’est jamais facile parce que t’as aucune certitude. Encore une fois, moi j’ai eu la chance que mon entourage me soutienne beaucoup. Leur vision des choses, en tant que parent c’était aussi : « t’as 18 ans, t’es hyper jeune mais c’est l’école de la vie : t’apprends à parler anglais, à voyager, à rencontrer des gens, à te tester en compétition, donc tu ne perds rien. Même si dans 2/3 ans tu retournes faire des études ».

Qu’est ce qui fait de votre métier un challenge 

Pour moi, le challenge en surf c’est qu’il n’y a aucune structure qui t’aide. Comme je l’ai déjà dit, mes parents m’ont vachement soutenue et aidée, ne serait-ce que moralement. Mais si t’es pas entourée comme ça, c’est vraiment compliqué. On se débrouille vraiment beaucoup seuls, même si après on dépends de sponsors. Tu peux facilement te décourager. Et c’est ça le côté un peu difficile en surf. Après, on voyage, on fait des rencontres, on est tout le temps dans des endroits paradisiaques… C’est un sport aussi qui change tout le temps et qui varie. C’est en constant renouvellement et c’est chouette. 

Que pensez-vous de l’esprit de compétition ? Pour vous, a-t-il ses limites ? 

Quand j’étais plus petite, mes entraineurs me disaient que j’étais trop gentille dans l’eau. Je pense que c’est quelque chose qui s’apprends un peu, ou qui s’améliore du moins. Après, moi, je trouve que la première compétition, elle est avec toi-même. Clairement, même au quotidien et dans tout ce que je fais, j’essaye d’abord d’être satisfaite de ce que je fais. Et puis, si ça me fait passer des séries c’est cool. Et généralement ça se passe plutôt bien. C’est un milieu où tout le monde est cordial et sympathique. Mais il faut vraiment savoir faire la part des choses à un moment donné. Parce que tout le monde a fait des sacrifices, tout le monde a beaucoup de choses en jeu… mais il faut se mettre à la place de l’autre et savoir relativiser. 

  • Johanne Defay
  • Johanne Defay
  • Johanne Defay

En tant que femme dans notre société actuelle, pensez-vous que vous avez eu plus de mal à réussir ? 

Je trouve qu’on ne le subit pas plus en surf qu’ailleurs. Sur le circuit monde, on est 17 filles et les hommes sont 32. Et comme dans tous les sports, nos performances ne sont pas au même niveau que pour les hommes. Mais est-ce que le sacrifice quotidien est le même pour être athlète ou surfeuse de haut niveau ? La World Surf League, depuis 2 ans maintenant, rémunère les hommes et les femmes de la même manière exactement, ce qui est plutôt cool parce qu’il n’y a pas beaucoup de sports qui font ça. Mais on peut encore mieux faire, on va dire. 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes, et plus particulièrement aux jeunes femmes qui souhaitent faire leur carrière dans le sport ? 

On ne pourra jamais plaire à tout le monde dans la vie. Il y aura forcément des gens qui vont apporter un jugement sur les choix qu’on fait, et il faut vraiment faire confiance à son intuition et à ce qu’on pense qui est bon pour nous -parce qu’on le sait mieux que personne. Mais par contre, quand on est dans des moments de faiblesse, il ne faut pas hésiter à se faire aider de proches et à compter sur les autres. Parce qu’on est forts seuls mais on est encore plus forts à deux, ou à trois ou ensemble. Allez les filles ! 

Article de Clémence Bouquerod 

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *