JIL IS LUCKY, LE SURRÉALISTE DE LA MUSIQUE


Rappelez-vous, la musique de la publicité Flower pour Kenzo, The Wanderer, c’est Jil is Lucky. Aujourd’hui, c’est à mille lieues de leurs contrées folks que la musique de JIL vous transporte. Un séjour en Inde, un face à face avec un tigre puis quelques rencontres psychédéliques plus tard, ils reviennent avec un opus aux accents électroniques et galvanisant.
 
Leur album In the tiger’sbed est un hymne à la vie, à l’obscurité qui la traverse, le tout enrobé dans des sonorités pop et lumineuses. Rencontre avec le tigre…
 
Paulette : Bonjour Jil is Lucky! Tu as commencé la musique très jeune lorsque tu
vivais à Nice, qu’est-ce qui t’a amené à Paris?
Jil is Lucky: Paris, c’était une évidence pour percer dans la musique. Quand j’étais jeune, j’avais un groupe de musique punk et je faisais aussi beaucoup de peinture, des petites expositions. Puis j’ai commencé mes études tout en faisant de la musique électronique. Un jour, j’ai décidé de vendre tout mon matériel pour aller vivre à Paris. J’ai signé un premier album très acoustique guitare-voix et j’ai eu la chance que ça marche.
 
Comment analyses-tu ce premier succès avec le recul aujourd’hui?
L’analyser c’est difficile. Je dirai juste que j’ai pris ce qu’il y avait à prendre sur le moment.  Ça m’a permis de faire beaucoup de tournées, de travailler avec des potes, mais surtout d’aller plus loin musicalement.

 
En parlant de tournée, tu as récemment entamé une série de concerts en France, en Europe et aussi en Inde. Explique-nous ton rapport avec ce pays?
J’ai une histoire particulière avec l’Inde, je ne sais pas trop comment l’expliquer. C’est un pays où je suis allé en roadtrip avec des membres du groupe il y a deux ans, c’était un voyage totalement fantastique. Là-bas, on a failli se faire manger par un tigre et cette aventure m’a vraiment marqué spirituellement parlant. Ce voyage a définitivement inspiré notre dernier album. Pour les concerts, il se trouve que le programmateur de India Music Week adorait notre musique et qu’il nous a proposé de venir jouer. On a accepté sans hésiter, ce qui nous a permis de jouer dans de grosses villes comme Bangalore, Bombay, New Delhi mais surtout de découvrir une facette inconnue de l’Inde. Après avoir voyagé à la roots et côtoyé les classes pauvres extrêmes, c’était assez déroutant d’être soudainement propulsés dans l’autre extrême…
 
Le titre de du dernier album que tu présentes In the TigerBed, s’inspire d’une  anecdote de voyage où toi et tes musiciens avez failli terminer dans le ventre d’un tigre. J’ai lu qu’il s’agissait aussi d’une analogie avec une période assez sombre de ta vie… tu peux nous éclairer ?
Euh…je ne sais pas si je peux dire ça dans ce genre de magazine…disons que j’ai testé un truc trop fort pour moi…

 
Ah ah, si, vas-y, tu peux continuer…
J’ai eu une remontée d’acide qui a duré 6 mois, mon cerveau allait à 3000 à l’heure et je déprimais. C’était un bad trip abominable mais très constructif puisqu’il m’a permis de comprendre que je devais arrêter mes études et me remettre à l’art. À l’époque du premier album, je n’étais pas prêt à en parler car j’étais trop pudique mais l’image du tigre m’a permis de poser un double sur mes démons et de parler de moi de manière métaphorique. C’est le tigre qui écrit mes chansons, donne des coups de pattes… Jil is Lucky c’est un nom plutôt ironique, car c’est une vraie malédiction pour moi de devoir constamment créer. À 4h du mat il m’arrive de me lever et de dessiner car je suis plutôt sujet aux terreurs nocturnes.
 
En parlant de la nuit, tes titres Insomnia ou Standing in the night révèlent ton rapport particulier avec elle, qu’est-ce que la nuit te va mieux que le jour  ?
Je suis un animal nocturne, la nuit me fascine car c’est un moment où le soleil se retrouve de l’autre côté de la planète et où l’on se retrouve seul avec soi-même. Il y a une sorte de vérité métaphysique dans la nuit, j’ai le sentiment que l’on est davantage dans la vérité des âmes. C’est pour ça que j’ai un chat,  il se lève en même temps que moi la nuit et est toujours présent.
 
Ta pire angoisse ?
Ce serait justement de ne plus en avoir, de voir le tigre partir…

 
Dans ton album, si les paroles de tes chansons sont parfois sombres, la forme est plutôt électrisante. Est-ce que c’est ton album thérapie?
Oui! Même si c’est un bad trip ignoble qui a inspiré l’album, je suis une personne plutôt gaie à la base et ça ne me ressemblerait pas de faire de la musique dark. Il était hors de question de servir une musique badante sur de la musique badante, c’est pour cela que j’ai souhaité faire quelque-chose de pop, lumineux et flashy.
 
Le côté disco et funk de la pochette de ton CD, c’est ton petit côté 70’s?
Sûrement, je suis quelqu’un de très inspiré par la liberté. Ce qui m’a fait sortir de mon bad trip c’est la liberté et l’art. C’est pourquoi j’ai besoin de garder le contrôle sur mon univers artistique et cette pochette reflète bien cet esprit.
 
Qu’est-ce qui t’inspire le plus dans la vie? Si tu devais écrire un blog ce serait sur quoi?
L’amour et ma phobie du réel. Je ne suis pas terre à terre, j’aime être à côté de la plaque car c’est là que je me sens bien.
 
Serait-ce le mot de la fin ?
Oui, restez à côté de la plaque!
 
JIL IS LUCKY
:: IN THE TIGER’S BED
NAÏVE
Sortie le 18 février 2013
 
 
Concert :
16/05 : Trabendo, Paris
 
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